Le magazine Valeurs actuelles frappé au portefeuille

L’hebdomadaire français d’extrême-droite est engagé dans une bataille judiciaire avec Taboola, une des régies publicitaires intervenant sur son site internet. Objectif : récupérer une part importante des recettes dont il se retrouve aujourd’hui priver.

Valeurs actuelles est dans de sales draps. Déjà en proie à une raréfaction des entrées financières due à la campagne déclenchée contre lui par l’organisation d’activistes Sleeping Giants France, l’hebdomadaire doit désormais faire l’impasse sur un tiers de ses recettes publicitaires. Et pour cause, Taboola, sa principale mamelle nourricière a décidé de se retirer. La régie en ligne accuse notamment le journal de promouvoir la haine et la discrimination raciale.

Dans la ligne de mire de l’entreprise israélienne, un article paru dans les colonnes du magazine en août 2020 et dont le personnage principal est Danièle Obono, députée française d’origine gabonaise, membre de la France insoumise. On y voit la quadragénaire représentée chaîne au coup, telle une esclave. Le titre : « Danièle Obono, au temps de l’esclavage ! Notre roman de l’été » était lui aussi sans équivoque. Et le tollé qui s’en est suivi a traversé toute la classe politique française et bien au-delà. À tel point que le magazine avait fini par se répandre quelques jours plus tard en excuses, mais en se gardant de quelque visée raciste que ce soit.

Bras de fer judiciaire

Cela n’a semble-t-il pas convaincu Taboola. La régie publicitaire a ainsi décidé en septembre dernier de rompre le contrat qui le lie à l’hebdomadaire un an seulement après sa signature, l’accusant de promouvoir la haine. Ce qui contrevient à l’engagement des deux parties. C’est un coup dur pour le magazine d’extrême-droite qui estime qu’une telle décision le prive d’une part conséquente de ses recettes publicitaires, dont la totalité des revenus générés par son site internet.

Devant la justice, Valeurs actuelles indique que la revue en ligne ne respecte pas les clauses contractuelles, car sa résiliation unilatérale du contrat se fonde sur un contenu publié sur sa version papier et non sur le web. Argumentaire également contesté par Taboola. La firme met en exergue un autre point du contrat interdisant aux parties contractantes de se porter atteinte l’une à l’autre. Or l’article sur Danièle Obono viole ce terme, estime-t-elle.

Après une première décision défavorable, la régie finit par obtenir gain de cause le 7 avril dernier. La Cour d’appel invalidant l’argument de la liberté de la presse dont se targue le magazine pour justifier sa publication.

La décision judiciaire sur le fond du dossier est attendue.

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