Naturalia (groupe Casino) intègre 15 magasins du réseau Salej / bio & sens

Naturalia, enseigne du groupe Casino, vient d’annoncer le rachat de 15 magasins du réseau Salej/Bio&Sens, spécialiste de la bio. Cette reprise s’accompagne de l’intégration des 160 salariés des magasins. Elle permettra à Naturalia de poursuivre son maillage dans le sud, notamment en Occitanie, et dans l’est de la France.

Naturalia a annoncé fin avril l’acquisition de 15 magasins du réseau Salej/Bio&Sens, notamment présent dans le sud et dans l’est de la France et l’intégration de ses 160 salariés. Les points de vente sont situés plus exactement dans le Vaucluse, l’Hérault, la Moselle, le Drôme, en Alpes-de-Haute-Provence, en Meurthe-et-Moselle, en Haute-Garonne et dans le Lot. Grâce à ce rachat, l’enseigne bio du groupe Casino souhaite étendre ses positions au-delà de l’Île-de-France et se renforcer sur le péri-urbain. Cette extension a débuté depuis quelques années avec le développement de la franchise, l’ouverture de succursales intégrées et le rachat de magasins.

Miser sur le développement de l’enseigne Naturalia avec les franchisés

« Cette intégration démontre notre attachement au développement d’un réseau de magasins spécialisés biologiques de grande qualité, par la consolidation et le développement des réseaux historiquement implantés. Nous sommes heureux de pouvoir intégrer ces nouveaux points de ventes à l’ancrage local fort » souligne Allon Zeitoun, directeur général de Naturalia. Une intégration qui témoigne de « l’attractivité de Naturalia, qui permet aux franchisés et indépendants de conserver leur liberté tout en leur offrant les moyens plus performants de notre secteur », ajoute le dirigeant. D’après lui, d’autres indépendants souhaiteraient rejoindre la filiale du groupe de Jean-Charles Naouri, que ce soit par l’ouverture de nouveaux magasins ou par l’intégration de magasins existants à Naturalia.

Une progression continue du bio au sein du groupe Casino

Naturalia pourra ainsi continuer de progresser au sein du groupe Casino qui comprend notamment les enseignes Géant, Franprix, Monoprix et Vival. Le spécialiste français du bio a fait part de 395 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020. Ce qui représente une croissance de 22,4% sur un an. Après en avoir ouvert 13 l’année dernière, Naturalia compte désormais plus de 225 magasins en comptant ceux nouvellement rachetés du réseau Salej/Bio&Sens.

L’opération réalisée par Naturalia permet au groupe Casino de poursuivre sa progression dans le secteur du bio, tant par les enseignes dédiées comme Naturalia ou encore Franprix Noé créée en 2017, que par les initiatives portées par ses enseignes pour favoriser des modes de consommation et de production plus respectueux de l’environnement. C’est par exemple le cas avec « TOUS CULTIV’ACTEURS » de Monoprix, ou la démarche « Agriplus » de Casino.

 

Danone s’active pour dégoter son nouveau patron

La firme agroalimentaire travaille actuellement sur le choix de son prochain directeur général après le départ mi-mars, d’Emmanuel Faber. La situation pourrait se décanter très vite.

Danone souhaite manifestement commencer le nouveau chapitre de son histoire aussi rapidement qu’elle a fermé celui concernant son ancien directeur général. Un peu plus d’un mois après le départ forcé de ce dernier, les tractations vont bon train afin de lui trouver un successeur. Elles seraient même à un stade très avancé, selon les informations du journal Le Monde.

Quatre finalistes en course

À en croire le journal du soir sur son site internet, le cabinet sollicité pour permettre à l’entreprise de dénicher l’oiseau rare, aurait dans un premier temps, travaillé sur une liste de douze candidatures. Un tableau finalement réduit à quatre postulants aux profils divers et variés.

Au nombre de ces personnalités figure Nathalie Roos. Après neuf ans passés à L’Oréal, l’ancienne cadre chez Mars vient de quitter le groupe au sein duquel elle était depuis 2016, patronne de la Division Produits Professionnels. L’autre femme en lice pour le poste est Hanneke Faber, 50 ans, en charge depuis 2019 de la division alimentaire du groupe Unilever.

Le Luxembourgeois Max Koeune serait également intéressé. Âgé de 49 ans, cet ancien de Danone est depuis 2017 à la tête du géant alimentaire canadien McCain Foods. Entreprise qu’il a intégrée en 2012.

Le dernier nom évoqué est celui d’Antoine de Saint-Affrique, directeur général de Barry Callebaut depuis six ans et jusqu’au 1er septembre prochain. Le quinquagénaire également passé par Unilever ayant annoncé son départ de la firme spécialisée dans le cacao, cette semaine.

Bientôt la fumée blanche

De cette liste devrait se dégager très rapidement deux noms, à en croire Reuters qui cite des sources proches de Danone. Le Monde laisse entrevoir l’hypothèse de l’annonce du nouveau directeur général, le 29 avril prochain en marge de l’assemblée générale de l’entreprise. Trop juste, rétorque l’agence de presse britannique, qui parie davantage sur le mois de mai.

Dans tous les cas, le prochain patron de Danone aura la lourde charge de raffermir les liens entre les responsables de l’entreprise. Il ou elle devra surtout incarner une rupture avec Emmanuel Faber dont les méthodes jugées cavalières et pas assez rentables ont fini par lasser plus d’un an. Malgré son volontarisme et un bilan somme toute reluisant à la tête de l’entreprise, il a été évincé sous la pression de deux fonds d’investissement.

Des startups recherchent des solutions de haute technologie pour le gaspillage alimentaire

gaspillage alimentaire

En Inde, des entrepreneurs vendent des applications pour les agriculteurs afin de les connecter à de gros acheteurs dans le but d’éviter le gaspillage alimentaire. 

Le secteur agricole représente près de 15% de l’économie indienne et emploie environ la moitié des 1,3 milliard de personnes qui habitent l’Inde. Environ 85% des agriculteurs indiens possèdent moins de 2 hectares de terres et n’ont pas les moyens pour vendre leurs produits au-delà des marchés locaux. De nombreux agriculteurs souhaitaient donc obtenir des outils informatisés pour aider leurs entreprises a se développer.

L’industrie agricole semble être le secteur le plus puissant. Des entrepreneurs conçoivent des applications pour les agriculteurs afin de faciliter le contact entre ces derniers et les acheteurs dans tout le pays. Ces entreprises développeront des outils d’IA pour faciliter l’analyse et le traitement de la marchandise.

D’autres développent des plates-formes électroniques pour connecter les agriculteurs aux magasins et aux grands détaillants. L’IA joue un rôle important dans cette démarche qui vise à améliorer les chaînes d’approvisionnement qui perdent presque un quart des produits à cause du gaspillage.

En effet, des statistiques ont révélé que d’énormes quantités de céréales, de fruits et de légumes en Inde pourrissent dans les fermes en raison d’une mauvaise gestion des stocks. Les experts estiment que ce taux de gaspillage est quatre ou cinq fois supérieur à celui de la plupart des grandes économies mondiales.

Le Premier ministre Narendra Modi a introduit des changements dans le système. Ce dernier supprimera les intermédiaires, ce qui permettra aux agriculteurs de vendre leurs produits directement aux acheteurs. Cette réforme est considérée comme l’une des plus grandes réformes jamais réalisée dans le secteur de l’agriculture en Inde.

Danone : Face à la crise, le géant français se réorganise et supprime jusqu’à 2.000 postes

Des produits laitiers de Danone

 

Le groupe agroalimentaire Danone a annoncé lundi la suppression de près de 2.000 postes dans le cadre d’un plan de réorganisation. Celui-ci vise un milliard d’euros d’économies d’ici à 2023 pour lui permettre de faire aux effets de la crise sanitaire.

Le géant laitier français Danone a dévoilé lundi un plan de réorganisation qui doit lui permettre de contrer les effets de la crise sanitaire sur son activité. Il a annoncé la suppression de 1.500 à 2.000 postes dans les sièges mondiaux et locaux sur plus de 100.000 emplois à travers le monde. Selon une source proche du groupe, entre 400 à 500 suppressions de postes devraient concerner la France. « La pandémie mondiale qui sévit depuis le début de l’année a accéléré certains traits de la révolution de l’alimentation et en a altéré d’autres », explique le PDG de Danone Emmanuel Faber, dans un communiqué. « Cette année a montré que la compétitivité de nos activités, de nos marques, dans nos pays peut être déstabilisée par les à-coups de la conjoncture », ajoute-t-il.

Une réorganisation géographique et non plus par catégories

Les suppressions de postes vont s’accompagner d’une réorganisation du groupe sous le leitmotiv « Local First », qui prévoit la mise en œuvre d’une structure locale par zones en remplacement d’une organisation mondiale par catégories, afin d’être au plus près des réalités et spécificités des différents marchés. Ainsi, le géant français s’appuiera sur cinq zones géographiques : Europe, Asie-Afrique-Moyen-Orient, Chine-Océanie, Turquie-Communauté des États indépendants et enfin Amérique Latine.

« Au lieu de 61 “business units pays” réparties sur trois divisions, le groupe réorganisé n’en comptera plus que 22, soit une entité, un portefeuille et un P&L [compte de pertes et profits, ndlr] par pays » précise Véronique Penchienati Bosetta, directrice générale Danone Internationale. De façon plus symbolique, l’entreprise envisage aussi de déménager son siège mondial situé boulevard Haussmann à Paris à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, où se trouvent déjà les équipes du siège France.

Des réductions de coûts annoncés

Danone prévoit parallèlement de générer des économies récurrentes d’un milliard d’euros d’ici à 2023 qui doivent lui permettre d’investir dans la croissance et d’améliorer ses marges. Ces réductions de coûts vont principalement concerner les fonctions administratives du groupe : 700 millions d’euros à travers la baisse des frais généraux et d’administration, 300 millions d’euros à travers la baisse de coût des produits vendus. A cela, il faut ajouter une réduction de 10 à 30% de sa gamme de produits pour se concentrer sur les références les plus dynamiques et rentables. Le géant français ne précise pas encore l’impact de ces mesures pour ses usines mais évoque « de nouvelles sources de productivités industrielles ».

Grâce ce plan, Danone table sur un retour à une croissance rentable dès le second semestre 2021, et un retour de la marge opérationnelle courante à son niveau pré-COVID, à plus de 15%, en 2022. Pour 2020, le groupe agroalimentaire a confirmé ses objectifs d’une marge opérationnelle courante de 14% et d’un free-cash-flow de 1,8 milliard d’euros. Numéro deux mondial dans les eaux minérales naturelles, Danone a souffert de la fermeture des hôtels et des restaurants qui ont plombé ses ventes hors domicile.

Subvention à Lactalis : le géant laitier répond aux critiques des écologistes et politiques de gauche

Logo du groupe Lactalis.

 

Le vote d’une subvention au groupe Lactalis, vendredi 13 novembre, par la Région Pays de la Loire, a suscité des critiques de la part des écologistes et des groupes politiques de gauche. Ce mardi 16 novembre, le géant laitier a répondu en détaillant les enjeux d’un nouvel atelier de production de poudre de lait.

Une subvention à quelques mois des élections au conseil régional

Le conseil régional des Pays de la Loire a décidé, lors d’une commission permanente tenue le vendredi 13 novembre, d’accorder au groupe Lactalis une subvention publique de 840.000 euros. Cette annonce a rendu furieux les écologistes et des groupes politiques de gauche. Les premiers pointent un « chèque-cadeau » et s’interroge : « pourquoi la majorité LR-UDI verse-t-elle cette somme à Lactalis qui vient d’être récemment épinglé pour non-respect du code de l’environnement dans sept usines de la région ? ».

S’ils n’ont pas de réponse à leur question, les Verts notent toutefois que le versement de cette subvention intervient à quelques mois des élections au conseil régional. Quant aux seconds, les responsables de gauche, ils estiment que la subvention accordée par la majorité LR-UDI au géant laitier mayennais n’est pas justifiée. Les élus dénoncent au passage le « soutien » à un « groupe prospère […] aux pratiques contestées », notamment sur le plan environnemental.

Sélectionné à l’issue d’un appel à projets innovant

Dans un communiqué publié le mardi 17 novembre, Jean-Luc Bordeau, directeur général de la division Lactalis Ingrédients, répond aux critiques. Il indique que son groupe a postulé à un appel à projets en faveur des industries agroalimentaires, en 2019, et a été sélectionné. D’ailleurs, l’appel à projet répond à des critères « d’innovation ; d’amélioration de la sécurité des aliments, des conditions d’hygiène alimentaire et de réduction de la pénibilité des conditions de travail ; de gains environnementaux et d’ancrage local avec un taux d’approvisionnement toutes matières confondues de 70 % dans une zone de 80 km autour du site », fait valoir le directeur de Lactalis Ingrédients.

Selon lui, il s’agit d’« un investissement majeur et innovant pour la création d’un nouvel atelier de production de poudre de lait à Mayenne. ». Aussi, « le groupe Lactalis va investir au total plus de 8,7 millions d’euros pour ce nouvel atelier de caséine, explique Jean-Luc Bordeau. En poutre, le responsable précise qu’il permettra de satisfaire les demandes de ses clients pour les marchés de la nutrition infantile, sportive et clinique. Enfin, cet investissement servira à développer l’exportation d’ingrédients laitiers depuis la Mayenne vers l’international.

Déjà épinglé par une enquête

Fin octobre, plusieurs médias tels que France 2, France Culture, The Guardian ou Mediapart ont publié une enquête des journalistes de Disclose dénonçant des méthodes contestables et contestées dans la production du lait chez Lactalis. Ils ont par exemple évoqué la pollution de l’eau et le non-respect du code de l’environnement par de nombreuses usines du groupe depuis 2010.

Nutrition : Nestlé rachète la biotech américaine Aimmune Therapeutics pour 2,6 milliards de dollars

Le Nestlé nutrition institute.

 

Nestlé a annoncé lundi l’acquisition de l’entreprise biopharmaceutique américaine Aimmune Therapeutics, qui commercialise un traitement de l’allergie à l’arachide chez l’enfant. Cette opération s’élève à 2,6 milliards de dollars.

Nestlé se renforce dans le secteur de la santé nutritionnelle. Le groupe suisse a annoncé ce lundi le rachat d’Aimmune Therapeutics, une entreprise biopharmaceutique américaine dont il détient déjà 25,6 % du capital, via Nestlé Health Science, sa filiale dédiée à la santé nutritionnelle. Avec une offre à 34,50 dollars par action, cette opération valorise Aimmune Therapeutics à 2,2 milliards d’euros (environ 2,6 milliards de dollars), dont 396 millions d’euros déjà investis par Nestlé.

Un pipeline de médicaments, dont le Palforzia

Aimmune Therapeutics développe et commercialise des traitements contre des allergies alimentaires. Il s’agit notamment du Palforzia, le premier et le seul traitement approuvé par la Food and Drug Administration (l’autorité sanitaire américaine) pour aider à réduire la fréquence et la gravité des réactions allergiques aux arachides, y compris l’anaphylaxie, chez les enfants âgés de 4 à 17 ans. Aimmune développe d’autres traitements contre des allergies alimentaires potentiellement mortelles. Son pipeline de médicaments comprend plusieurs molécules en phases d’essais. Citons une version du Palforzia en phase 3 ou encore un traitement contre l’allergie aux œufs en phase 2.

L’entreprise américaine comptait 215 employés fin 2018 avec une perte nette de 248 millions de dollars fin 2019. Nestlé a quant à lui dégagé près de 14 milliards d’euros de ventes en 2019 grâce à ses activités nutrition et Health Science. Cette filiale emploie plus de 5 000 collaborateurs dans le monde.

Devenir un leader mondial de la prévention et du traitement des allergies alimentaires 

Le rachat d’Aimmune Therapeutics devrait être conclu au quatrième trimestre 2020, a indiqué Nestlé qui souhaite, avec ce rachat, devenir « un leader mondial de la prévention et du traitement des allergies alimentaires ». Selon Greg Behar, PDG de Nestlé Health Science, « Cette transaction associe le leadership de Nestlé en matière de science nutritionnelle à l’une des entreprises les plus innovantes dans le domaine du traitement des allergies alimentaires ». Il estime qu’« Ensemble, [ils seront] en mesure de proposer un large éventail de solutions susceptibles de transformer la vie des personnes souffrant d’allergies alimentaires dans le monde entier ». Surtout, « Cette acquisition devrait contribuer aussi bien à la croissance organique de Nestlé en 2021 qu’au bénéfice d’ici 2022-2023 », ajoute-t-il.

Des espoirs bien fondés puisque le marché semble conséquent. En effet, Nestlé à évaluer à 240 millions le nombre de personnes souffrant d’allergies alimentaires dans le monde.

Marché du bio : près de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019

Un marché de légumes frais et de fruits.

 

Le marché du bio a enregistré un chiffre d’affaires de 11,93 milliards d’euros en 2019, soit une croissance de ses ventes de 13,5 %, selon l’Agence française pour le développement de l’agriculture biologique (pouvoirs publics, professionnels, syndicats).

En 2019, le marché bio a connu une croissance de 13,5 % à 11,93 milliards d’euros, soit un gain de 1,4 milliard d’euros par rapport à 2018. Dans le détail, 11,3 milliards sont liés aux achats des Français et 640 millions d’euros à la RHD. « Le bio représente aujourd’hui 6,1 % des achats alimentaires des Français, un chiffre multiplié par deux en 5 ans. Le budget annuel s’élève à 178 euros par an et par habitant », indique Philippe Henry, président de l’Agence Bio.

On note en 2019 une forte progression de l’offre locale permettant une croissance des ventes de 31 % pour les surgelés, de 24 % pour la bière, de 16 % pour l’épicerie. « Il y a une valorisation des produits de l’Hexagone. Le vin, les œufs et les produits laitiers sont quasiment totalement issus d’un approvisionnement français », explique Philippe Henry. Face à l’accroissement de l’offre, la part des importations continue logiquement de baisser (33,1 % en 2019 versus 33,7 % en 2018). Cependant, les fruits, l’épicerie, les boissons non alcoolisées et la saurisserie restent beaucoup importés de l’Union européenne ou de pays tiers.

La grande distribution, pilier de la croissance ?

Au niveau des circuits de distribution, la GMS représente 55 % de part de marché (+6 points versus 2018) et un chiffre d’affaires de 6,2 milliards d’euros, en progression de 18 %. Pendant ce temps, les spécialistes enregistrent une part de 28 % à 3,2 milliards d’euros (+7 %) ; la vente directe grignote 11 % à 1,2 milliard d’euros (+8 %) et les artisans-commerçants prennent 6 % à 672 millions d’euros (+11 %). « La grande distribution occupe une place importante et le part du bio dans ce réseau va continuer de progresser. La croissance va se faire par la grande distribution et les réseaux spécialistes vont se concentrer. Mais quel que soit le canal de distribution, le bio est le même avec un cahier des charges identiques », détaille Philippe Henry.

Par ailleurs, il estime qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter de cette part importante du GMS. Bien au contraire. « S’il n’y avait pas la grande distribution, nous n’en serions pas là aujourd’hui, nuance Philippe Henry. Son agence, précise-t-il, échange régulièrement avec les grandes enseignes, et demeure vigilante. « Il ne faut pas conserver les anciens réflexes. Nous travaillons avec eux pour construire un modèle durable », ajoute-t-il.

La surface bio augmente aussi

Parallèlement, la surface agricole utile (SAU) bio s’élève en 2019 à 2,3 millions d’hectares (+13%), soit 8,5 % du territoire. La moitié de la SAU bio est répartie sur trois régions : Occitanie, Nouvelle Aquitaine, Auvergne-Rhône Alpes. Notons que le plan Ambition bio, dont le contrat d’objectif de l’agence est une déclinaison, prévoit 4,1 millions d’hectares de surface agricole utile (SAU) à l’horizon 2022, et exigerait donc des hausses de 20 % au cours des trois prochaines années pour être atteint.

Pour Gérard Michaut, vice-président de l’Agence bio, « Nous sommes sur une belle progression, qui pourrait nous amener à respecter les engagements pris dans les contrats d’objectifs de l’agence ».

Abricots : la production française devrait chuter de 30 % en 2020

Une récole d'abricots en Magny-en-Vexin, France.

 

La production française d’abricots devrait chuter de 30 % en 2020, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, qui a arrêté ses données au 1er mai. La floraison et la nouaison ont été affectées par un hiver exceptionnellement doux puis par des gelées printanières, notamment en Vallée du Rhône et en Provence.

La production la plus faible depuis 12 ans

D’après le service statistiques du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, qui a arrêté ses données au 1er mai, la production française d’abricots reculerait de 30 % par rapport à la récolte de 2019 et à la moyenne des récoltes de 2015 à 2019. Il s’agirait de la production la plus faible depuis 12 ans, après la récolte de 2008, frappée par un gel sévère. Le ministère s’attend donc à 94 500 tonnes d’abricots pour la campagne 2019-2020. « L’hiver exceptionnellement doux de 2019-2020 a entraîné des anomalies dans la floraison et la nouaison. Le gel printanier qui a suivi a touché le couloir rhodanien et la Provence », explique le service statistiques du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

En Languedoc et Roussillon, la production serait inférieure de 34 % à celle de 2019. Conséquence d’un hiver très doux, qui a entrainé des anomalies dans la dormance, limitant la capacité de floraison. Dans la vallée de la Garonne, les pluies ont fait chuter ¾ des fleurs. En Paca, la production diminuerait sur un an. Les gelées ont durement frappé les vergers du Vaucluse pendant la nouaison. En Vallée du Rhône, le potentiel de production s’établit en dessous de celui de 2019 (- 24 %). Dans la Drôme et l’Ardèche, plusieurs gelées noires ont affecté les vergers, particulièrement les variétés précoces. La chute des fruits est importante par endroits.

Une baisse de la production de 37 % en Europe

La production d’abricots ne baissera pas qu’en France. Elle reculerait en Europe de 37 % sur un an (401 883 tonnes) et 28 % par rapport à la moyenne 2014-2018. Il faut remonter à 2003 et à 1998 pour trouver des récoltes plus faibles, avec respectivement 390 000 tonnes et 365 000 tonnes. En Italie, une demi-récolte est prévue par rapport au niveau moyen. Ce pays produirait ainsi 136 101 tonnes (-56 %), la Grèce 78 500 tonnes (-13 %) et l’Espagne 93 740 tonnes (-15 %).

« Les zones de production méridionales ou méditerranéennes ont connu un hiver exceptionnellement doux, avec peu d’heures de froid et des températures très élevées en décembre et en février avec des maximales parfois supérieures à 25 degrés. Ce climat hivernal n’a pas permis de satisfaire les heures de froid nécessaires à la dormance de certaines variétés d’où une floraison peu abondante, erratique, hétérogène et un déficit de production », constate Europech’, qui propose tous les ans les prévisions de récolte européenne pêche/nectarine et abricot.

Coronavirus : les agriculteurs face au manque de main d’œuvre

Des fraises prêtes pour la récolte.

 

Alors que les récoltes de fruits et légumes débutent, les agriculteurs craignent une pénurie de main d’œuvre. La fermeture des frontières barre la route aux saisonniers venus d’Europe du sud et d’Afrique du nord. La FNSEA, principal syndical agricole, demande donc des mesures d’exception pour éviter la perte des récoltes.

Le manque de main d’œuvre, une « aberration dans le moment présent » 

Le printemps pointe le bout de son nez. Avec lui, s’annoncent les premières récoltes de fruits et légumes (fraises, tomates, asperges,…). Mais l’inquiétude gagne de plus en plus les exploitants agricoles à cause de la fermeture des frontières. Une mesure qui barre la route aux saisonniers venus d’Espagne et du Maroc. « Les agriculteurs employeurs sont extrêmement préoccupés par la fermeture des frontières. Nous craignons que le besoin de main d’œuvre sur les exploitations agricoles ne soit pas satisfait et que des productions soient perdues. Ce serait une aberration dans le moment présent » souligne la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

Selon Jérôme Despey, le président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault (également secrétaire général de la FNSEA), le secteur compte « une quarantaine d’entreprises agricoles, en dehors des coopératives, qui vont avoir besoin de 300 saisonniers pour mars-avril, essentiellement pour la cueillette fraises qui démarre ».

Ce que propose la FNSEA

Estimant que les exploitants agricoles ne peuvent pas compter sur les étudiants en vacances de Pôle Emploi, la FNSEA étudie d’autres possibilités. Elle mise plutôt sur « les stagiaires de la formation professionnelle qui ne sont aujourd’hui plus en stage et la création d’une plate-forme de mise en relation pour lancer un appel à recrutement. », indique Jérôme Despey.

Pour remédier à une pénurie de saisonniers, la FNSEA réclame aussi « des assouplissements temporaires pour assurer la gestion de main d’œuvre et des adaptations en matière de durée du travail, notamment la durée maximale ».

En outre, le syndicat agricole souhaite la défiscalisation des heures supplémentaires, le recours à des salariés placés actuellement en chômage partiel pour venir en renfort des entreprises en forte activité.

La logistique, un autre gros souci  

Par ailleurs, Jérôme Despey pointe du doigt des problèmes de logistique (transport, emballage, etc.) au sein de la filière. « Par exemple, des producteurs laitiers utilisent des moules à fromages fabriqués à Villefranche-sur-Saône et n’ont pas de solution de transport pour les récupérer », détaille le président de la chambre d’agriculture. Pour résoudre cette autre difficulté, la FNSEA est entrée en contact avec la Fédération nationale des transports. Une réunion portant sur cette problématique doit avoir lieu prochainement avec les autorités.

Nestlé : un partenariat avec Burcon et Merit pour développer des substituts végétaux

Un repas de Nestlé fait de légumes et de feuilles.

 

Nestlé a annoncé vendredi avoir conclu un partenariat avec Burcon et Merit pour le développement et la production de protéines végétales et de substituts laitiers. Le géant suisse de l’alimentaire entend surfer sur la tendance des consommateurs à adopter une alimentation plus raisonnée.

Nestlé a annoncé vendredi un accord de collaboration avec les sociétés canadiennes Burcon et Merit, spécialistes des protéines végétales de haute qualité, afin d’accélérer le développement de viandes végétales et de substituts laitiers. « Ce partenariat permettra à Nestlé d’accélérer davantage le développement » des substituts de viande à base de plantes et d’alternatives aux produits laitiers, a précisé le groupe vaudois dans un communiqué. Nestlé n’a divulgué aucun détail sur cet accord.

Lancé en 2019 à Winnipeg, Merit Functional Foods est spécialisé dans la commercialisation d’ingrédients et de protéines végétales de haute qualité. Burcon Nutrascience Corporation, dont le siège est à Vancouver possède un portefeuille de brevets liés à la composition et à la fabrication de protéines végétales dérivées en particulier de canola, de soja, de chanvre et de tournesol.

Nestlé prend le train en marche

Nestlé, qui a racheté les spécialistes des plats végétariens Sweet Earth et Garden Gourmet, avait dévoilé en septembre 2019 son burger végane, l’« Incredible Burger », uniquement à base de protéines végétales. Mais l’entreprise n’est pas la première à s’investir dans ce secteur. Mi-avril 2019, Coop avait déjà entamé la commercialisation de son « Beyond Burger » sans protéine animale, fabriquée par la jeune pousse américaine Beyond Meat.

Il y a aussi Danone et Unilever qui ont étoffé leur offre de produits végétariens et véganes, avec des acquisitions menées en ce sens au cours des dernières années (The Vegetarian Butcher pour Unilever en 2018, Whitewave et sa marque de yaourt végétal Alpro en 2017 pour Danone). De son côté, le boucher industriel Bell avait quant à lui affirmé en octobre dernier vouloir « devenir un fournisseur européen important » des substituts de viande.

Un marché de 32 millions en Suisse

Selon Jérôme Bonvin, responsable des produits culinaire pour Nestlé suisse, « Le marché des produits substituts à la viande avoisine les 32 millions en Suisse (…) Et sur les trois dernières années, il a cru à un rythme de 18% ». S’il admet que « Nestlé n’est encore qu’un petit acteur » dans ce secteur, il estime que le géant de l’agroalimentaire va à terme en prendre les commandes.

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