SNCF : Jean-Pierre Farandou paie son accord sur les fins de carrière

Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, devra quitter son poste après les JO de Paris 2024. Le gouvernement lui a notifié cette décision mardi, alors qu’il était attendu pour une audition au Sénat. Le dirigeant devait s’expliquer au sujet de l’accord sur les fins de carrière négocié au sein de son entreprise.

Mardi 7 mai, le gouvernement a notifié à Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, qu’il sera remplacé à son poste après les JO de Paris 2024. Ce même jour, le dirigeant a été auditionné au Sénat. Il a dû s’expliquer concernant l’accord sur les fins de carrière adopté par la compagnie ferroviaire et les quatre syndicats représentatifs. L’exécutif n’apprécie pas ce texte, qui contournerait sa réforme des retraites.

L’éviction de Jean-Pierre Farandou liée à l’accord sur les fins de carrière

Officiellement, Jean-Pierre Farandou ne sera pas reconduit à son poste de PDG à cause de son âge de 68 ans en 2025. Mais on le sait, le gouvernement voulait également sa tête. Il ne lui pardonne pas l’adoption de l’accord sur les fins de carrière au moment où il serre les vis à tous les étages pour tenir le budget. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire reprochait au texte d’engager « les équilibres de la réforme des retraites et les équilibres financiers de la SNCF ».

Bruno Le Maire exigeait des explications

Le locataire de Bercy se plaignait aussi de n’avoir pas été averti sur la tenue des négociations. « Je vais convoquer le PDG de la SNCF dans les prochains jours (…) Je suis en droit de demander des comptes », avait-t-il lancé. Mardi devant le Sénat, Jean-Pierre Farandou a défendu le contenu de l’accord signé le 22 avril. Il a parlé d’un dispositif « raisonnable, équilibré et utile ». Le dirigeant a également assuré que le texte « ne contourne pas la loi sur les retraites ». Par ailleurs, il a promis de compenser le coût des mesures sans répercuter sur les prix des billets, et de préserver les marges de l’entreprise publique.

L’accord ne coûtera rien au contribuable selon Jean-Pierre Farandou

Jean-Pierre Farandou a estimé que l’accord coûtera à la SNCF 35 millions d’euros. Ce montant représenterait « 0,3 % de la masse salariale ». Le dirigeant a souligné au passage que le résultat net de son groupe s’élevait à 1,3 milliard d’euros. « Il ne coûtera rien au contribuable », a-t-il insisté. Le PDG a d’ailleurs rejeté les « accusations d’opacité, de manque de transparence et de manque d’information » portées par Bercy. Selon lui, l’exécutif était bien informé car les négociations ont démarré sur demande des pouvoirs publics. Il a aussi communiqué dessus lors d’une interview dans Le Monde, en février.

Deux anciens Premiers ministres pressentis pour le remplacer

Pour remplacer Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF, le gouvernement penserait à deux anciens locataires de Matignon. Il s’agit de Jean Castex, chef du gouvernement du 3 juillet 2020 au 16 mai 2022, qui travaille aujourd’hui dans la compagnie ferroviaire. Et d’Elisabeth Borne, Premier ministre du 16 mai 2022 au 9 janvier 2024. Elle fut également ministre des Transports du 17 mai 2017 au 16 juillet 2019 et directrice de la stratégie de la SNCF (entre 2002 et 2007).

Jean-Pierre Farandou a redressé les finances de la SNCF

Que ce soit pour l’un ou pour l’autre, la tâche ne sera pas facile. C’est-à-dire qu’il sera difficile de faire mieux que celui qu’on débarque. Jean-Pierre Farandou a redressé les finances du groupe, dans le rouge avant sa prise de fonction en 2019. Les représentants syndicaux l’apprécient également pour son attachement au dialogue social. Mais ils ne pourront rien face à son départ voulu par l’exécutif pour lui faire payer son accord.

La Société Générale annonce des suppressions de postes

Logo de La Société Générale.

La Société Générale a annoncé lundi la suppression de 947 postes, sans départs contraints. Cette coupe historique interviendra dans les services centraux, les fonctions supports et la direction financière. Elle se fait dans le cadre d’un vaste plan de réduction des coûts. Mais les syndicats s’inquiètent de la multiplication des plans sociaux et l’absence d’ambition de la banque.

À trois jours de la présentation de ses résultats annuels, la Société Générale réduit ses effectifs. En effet, elle a annoncé ce lundi aux instances représentatives du personnel la suppression de 947 postes à son siège, soit environ 5 % des employés des deux tours de La Défense. Cette coupe, prévue s’achever au premier semestre 2024, se fera « au travers de mobilités internes, de transitions d’activité ou de départs volontaires », précise le groupe bancaire dans un communiqué.

La Société Générale a 117.500 collaborateurs dans le monde

Dans le détail, 288 emplois seront supprimés dans les services centraux du réseau SG, 185 dans les fonctions supports (back offices, informatique) de la banque de grande clientèle GBSU, 182 dans l’équipe l’informatique, 84 dans la banque d’investissement et le conseil Global Banking & Advisory, 77 dans la direction financière, 58 dans les services RH et 73 dans les services centraux dédiés à l’international. Le groupe emploie 117.500 personnes dans le monde, dont 56.000 en France.

Une suppression dans le cadre d’un vaste plan stratégique

Selon le communiqué de la Société Générale, ces suppressions de postes visent à regrouper et mutualiser certaines activités et fonctions. Aussi, elles ont pour but de supprimer des strates hiérarchiques afin d’alléger les processus de décision et de redimensionner certaines équipes. En outre, les réductions s’inscrivent dans le cadre d’un vaste plan stratégique annoncé en septembre dernier par le nouveau directeur général, Slawomir Krupa, nommé en juin 2023.

La Société Générale vise des économies de coûts à horizon 2026

Ce plan social doit permettre des économies brutes de coûts d’environ 1,7 milliard d’euros à horizon 2026 par rapport à 2022. Une bonne partie de ce montant, au moins 700 millions, devrait provenir des nouveaux projets lancés dans l’ensemble des entités du groupe. L’objectif est de simplifier l’organisation, de rationaliser les systèmes d’information et d’optimiser les processus d’achats. Slawomir Krupa avait prévenu que la réalisation de ce nouveau plan se fera dans la douleur.

3.700 suppressions d’emplois déjà prévues

Le nouveau DG dit n’avoir pas d’autres options pour relancer la banque que de procéder à cette coupe profonde dans les effectifs. La Société Générale sort de quinze ans (2008 et 2023) d’activités moroses et de scandales sous la direction de Frédéric Oudéa, l’époux de l’actuelle ministre de l’Education nationale et des Sports. Il fallait donc faire un peu de « ménage ».

Notons que la banque a déjà annoncé la suppression de 3.700 postes dans le cadre de la fusion des réseaux SG et Crédit du Nord. Cette large réduction des effectifs se fera sur trois ans : en 2023 (30% des réductions fixées), 2024 (50%) et 2025 (20%).

Les syndicats inquiets face aux plans sociaux

Des rumeurs font également état d’éventuelles cessions après la vente de filiales dans six pays africains. La Société Générale chercherait notamment à se débarrasser de sa filiale spécialisée dans le crédit-bail SGEF, de sa fintech Shine et de la SGSS, sa société dédiée à la conservation de titres.

Du côté des syndicats, c’est l’inquiétude qui règne. La CFTC déplore que « l’humain [soit] une fois de plus la variable d’ajustement ». Quant à la SNB CFE CGC, elle regrette l’accent mis « sur la rationalisation et l’optimisation des charges », au dépend du « développement pour générer du produit net bancaire ».

Tickets restaurants : pourquoi les refus se multiplient

Les salariés constatent, ces derniers mois, que les enseignes et les commerces refusent les tickets restaurants, qu’ils soient au format papier ou carte. Cette situation trouve ses origines dans la guerre que se livrent les commerces et les opérateurs.

Inventé dans les années 1960 par Jacques Borel, le titre restaurant a énormément gagné en popularité ces dernières années. En particulier pendant l’épidémie de Covid-19, au cours de laquelle le gouvernement a relevé le plafond d’utilisation quotidienne, tout en étendant son usage au paiement de courses alimentaires dans la grande distribution. Aujourd’hui, plus de 5 millions de salariés utilisent ces chèques repas dans 234.000 établissements et commerces agréés.

Le montant quotidien relevé l’année dernière

Payée en moyenne pour moitié par l’employeur (de manière volontaire) et pour moitié par le salarié, le titre restaurant (ticket restaurant, chèque déjeuner, pass restaurant…) permet au travailleur de payer son repas s’il n’y a pas de cantine ou de restaurant dans son entreprise. Mais également d’acheter chez des commerçants (boulangers, traiteurs…) et grandes enseignes des denrées alimentaires. Depuis le 30 septembre 2022, son montant a été relevé de 19 à 25 euros par jour. Pour les pouvoirs publics, la facture s’élève à environ 1,5 milliard d’euros par an.

Augmentation des refus de titres par les commerces

Depuis quelques mois, les clients constatent que de plus en plus de distributeurs et de commerces refusent les tickets restaurants. C’est le cas des enseignes Aldi et Lidl et de certains magasins Leclerc, qui n’acceptent pas ou plus ce type de paiement. La loi ne les y oblige pas. Les commerces sont donc tout à fait libres de prendre les chèques restaurants comme les refuser, qu’ils soient en version papier ou carte.

Dénonciation des commissions trop élevées

Certains invoquent la faiblesse des marges pour justifier le rejet des tickets restaurants. D’autres pointent une augmentation de la commission des émetteurs, ainsi qu’un remboursement trop souvent long. Bon nombre de restaurateurs et leurs syndicats professionnels protestent contre les frais et commissions de 3 à 5 % que leur imposent les sociétés éditrices de titres restaurants. A savoir Edenred, Swile-Bimpli, Sodexo et Up Coop.

Un éclatement du remboursement

Ces quatre entreprises historiques contrôlent 99 % du marché des tickets restaurants, estimé à 7 milliards d’euros annuels. La hausse des frais s’explique par le fait que les commerçants se font rembourser par ces 4 différents comptes. Alors qu’auparavant, jusqu’au 28 février 2023, ils obtenaient le règlement auprès d’une même structure, la CRT (Centrale de règlement des titres). Celle-ci a fermé depuis.

Vers une dématérialisation des tickets

L’éclatement du remboursement induit également un rallongement du traitement. En moyenne, il faut attendre 15 jours pour avoir son dû, le temps d’empiler les chèques. Or, c’est du temps de perdu dans de la paperasse et surtout un décalage dans la trésorerie. Pour accélérer les démarches, la ministre déléguée au Commerce, Olivia Grégoire a annoncé une dématérialisation des titres restaurants avant 2026. Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a pour sa part saisi l’Autorité de la concurrence pour un éventuel encadrement du montant des commissions.

Supprimer le droit exclusif de chaque émetteur

Le régulateur a rejeté cette demande, même s’il admet l’existence de défaillances dans le marché. Il craint que la requête de Bercy ne limite le développement des nouveaux entrants et ne fasse encore flamber les frais. L’organisme recommande plutôt la suppression du droit exclusif de chaque émetteur sur l’acceptation de ses titres. Autrement dit, que les quatre opérateurs permettent aux commerçants de remettre leurs titres restaurants en paiement à l’émetteur de leur choix pour remboursement. Il juge également indispensable de rendre obligatoire la dématérialisation des titres.

Apple : des revenus du troisième trimestre boostés par les offres de services

La marque à la pomme peut compter sur sa gamme de services pour contrebalancer les ventes d’iPhone globalement à la baisse dans le cadre de la période d’avril à fin juin.

Alors qu’Apple prépare activement sa prochaine la Keynote – nom donné à la traditionnelle grande conférence d’annonce de nouveaux produits de la marque – prévue en septembre, l’entreprise a dévoilé ses derniers résultats financiers, jeudi 3 août 2023.

Couvrant la période d’avril à juin, ils représentent l’état des finances du groupe lors du troisième trimestre de l’exercice en cours. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les chiffres apparaissent bien contrastés.

La différence de situation entre les performances financières de l’iPhone, produit phare de la firme de Cupertino, et celles des offres de services en est une illustration.

Revenus record

Aucun détail n’a été annoncé concernant les revenus provenant des services (Apple Store, Apple Music, AppleCare Plus et iCloud notamment), mais les chiffres sont manifestement au vert. En témoigne l’enthousiasme du PDG Tim Cook sur le sujet.

« Nous sommes heureux d’annoncer que nous avons enregistré un record de revenus dans les services au cours du trimestre de juin, grâce à plus d’un milliard d’abonnements payants« , a déclaré le dirigeant dans un communiqué disponible sur le site internet de la société.

Ce résultat se révèle être d’un grand support pour Apple dont le chiffre d’affaires a quelque peu chuté d’une année sur l’autre. 83 milliards de dollars il y a 12 mois, il est en effet passé à 81,8 milliards de dollars actuellement. La conséquence, selon Tim Cook, d’une « industrie des smartphones difficile aux États-Unis ».

Stratégie de secours

Le contexte est d’autant plus préjudiciable pour Apple que les ventes des iPhones marquent un ralentissement, avec 2,4% de revenus en moins au cours du trimestre. La même tendance est notée pour les Mac et les iPad, respectivement vendus à 7,3% et 19,8% en moins.

Alors que l’entreprise californienne travaille depuis quelques années à diversifier ses sources de revenus, la bonne santé financière de ses offres de services marque une certaine réussite dans cette approche.

D’autant plus qu’il reste difficile de prédire jusqu’à l’iPhone continuera à soutenir la croissance du groupe. En attendant un effondrement des ventes sur la durée, les nouveaux modèles – iPhone 15 et compagnie – devraient être dévoilés en septembre prochain à des coûts annoncés comme plus chers que les précédents.

C’est bientôt fini entre Goldman Sachs et Apple

La banque d’investissement américain voudrait se décharger de la gestion de l’Apple Card. De quoi remettre en cause l’opportunité d’un partenariat tant vanté à l’origine.

Quatre ans et puis s’en va ? À en croire le Wall Street Journal (WSJ), Goldman Sachs (GS) envisage de mettre un terme à sa relation d’affaires avec Apple, à travers l’Apple Card.

Lancée en août 2019, cette carte de crédit sert notamment aux utilisateurs américains du service de paiement mobile Apple Pay à effectuer des transactions via l’iPhone ou encore l’Apple Watch.

En tant que banque d’investissement, Goldman Sachs s’y était portée garante avec un certain nombre d’avantages. C’est le cas par exemple de la possibilité de s’acheter un iPhone à travers un financement de 24 mois sans taux d’intérêt.

Partenariat déséquilibré ?

Cette opportunité dévoilée quelques semaines seulement après le lancement de l’Apple Card avait fait dire au patron de la firme de Cupertino qu’il s’agit du « lancement le plus réussi d’une carte de crédit aux États-Unis ».

Cela semble loin de la réalité finalement. Puisque le WSJ croit savoir que GS n’en veut plus de ce partenariat, depuis plusieurs mois maintenant. Ce qui conduit à d’intenses négociations toujours en cours d’ailleurs, révèle le journal, citant des sources proches du dossier.

Ces dernières évoquent comme raison le souhait exprimé à la fin de l’année dernière par Goldman « de réduire son activité grand public ». Mais la raison de ce divorce annoncé va peut-être bien au-delà d’une ambition de recentrage. D’autant que l’histoire de l’Apple Card n’a pas hésité un long fleuve tranquille.

American Express au secours

Les lignes de crédit accordées par GS à travers la carte avait en effet fait l’objet d’accusations de discriminations en novembre 2019. Les prêts sans d’intérêt ont également contribué à plomber les finances de la banque déficitaire d’un milliard de dollars entre 2020-2022, selon ses responsables.

Quoi qu’il en soit, le Wall Street Journal indique qu’Apple est au courant de la décision de Goldman de rompre leur partenariat. Celle-ci serait d’ailleurs en négociations avec American Express afin de lui refiler la patate chaude. Le WSJ précise toutefois qu’il est difficile de savoir à quel moment tout cela aboutira.

En ce sens, les termes du nouvel accord potentiel restent inconnus. Il en est de même du sort des utilisateurs actuels de l’Apple Card. En attendant une annonce officielle de la part des deux parties.

Carrefour réfléchit à une restructuration

Carrefour aurait prévu de supprimer 1.000 postes au niveau de ses sièges en France dans le cadre d’une restructuration annoncée l’année dernière. Le groupe d’Alexandre Bompard sera le deuxième de la grande distribution à se lancer dans un tel projet après Casino.

Un nouveau plan de départ volontaire

D’après des informations du quotidien la Lettre, Carrefour envisagerait de supprimer jusqu’à 1.000 postes en France, essentiellement dans ses sièges (Massy, Evry et Mondeville). A cet effet, l’enseigne aurait prévu des négociations ce mercredi avec les organisations syndicales.

Les syndicats avaient indiqué vendredi dernier sur Twitter, en marge de l’Assemblée générale du groupe, qu’une nouvelle restructuration interviendrait avant la fin d’année. La CFDT, en particulier, avait évoqué la signature d’un avenant spécifique Sièges pour un nouveau plan de départ volontaire, dont on ignore encore les modalités.

Une mutualisation pour réaliser des économies

Cette coupe dans les effectifs de Carrefour devrait permettre au distributeur de faire des économies de 4 milliards d’euros. Elle s’inscrirait dans le cadre du plan stratégique 2026 annoncé par Alexandre Bompard en novembre 2022. A l’époque, le PDG avait parlé de la nécessité de réaliser des économies de coûts, via notamment des suppressions de postes dans les sièges européens.

Le dirigeant n’avait pas donné d’indication sur l’ampleur des réductions, mais avait parlé d’un « potentiel énorme de mutualisation à exploiter » principalement au niveau des fonctions expertes et support au sein des pôles d’expertises. Cette restructuration témoigne en tout cas des difficultés de Carrefour. Et plus globalement de l’effritement de la grande distribution.

Dans le sillage des déboires du groupe Casino

Un autre groupe, Casino, connait également des problèmes depuis plusieurs mois. L’enseigne stéphanoise est engagée dans un vaste plan de désendettement qui peine à se concrétiser malgré les cessions d’actifs. Ainsi, elle risque de tomber bientôt dans l’escarcelle de nouveaux actionnaires. Casino travaille actuellement à se séparer d’un certain nombre de super et d’hypermarchés. Intermarché serait intéressé par la reprise de 180 magasins pour 1,6 milliard d’euros.

Mais cette vente ne pourra pas couvrir sa dette. Celle-ci s’élevait à 3,9 milliards d’euros à fin décembre 2020, avec des échéances de remboursement fixées à 2024. Il faudra trouver une autre source d’argent. Heureusement, deux autres investisseurs seraient prêts à fondre sur le retailer. Il s’agit de l’insatiable milliardaire Tchèque Daniel Křetínský et du groupe Teract (Jardiland, Gamm Vert, etc.).

Un modèle de distribution arrivé à ses limites

C’est dans ce contexte que le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, a été placé en garde à vue la semaine dernière pour « manipulation de cours de bourse ». Mais il a été très vite remis en liberté. Si cette affaire remonte à 2018 -2019 et n’a rien à voir avec les déboires actuels du groupe, elle ponctue les mésaventures du distributeur qui voit son modèle arriver à ses limites.

Son implantation dans les centres-villes, par exemple, est mise à mal par un retour vers les commerces de proximité depuis le début de la pandémie. Casino souffre également de l’inflation en raison de son positionnement haut de gamme. En dépit d’une tentative de baisse de prix générale, le groupe ne parvient toujours pas à s’en sortir…

Blocage des raffineries : la tension toujours vive

Un pompiste mettant de l'essence dans un véhicule.

 

Débutées fin septembre, les grèves dans les raffineries et dépôts de TotalEnergies se poursuivent ce lundi en France. Elles ont fait monter drastiquement les prix à la pompe et paralysé les transports. A la veille d’une importante mobilisation interprofessionnelle, la situation devient plus que compliquée pour le gouvernement.

Après un weekend mouvementé, les grèves dans les raffineries et dépôts français de TotalEnergies se poursuivent ce lundi. Emmenées par la CGT, elles paralysent désormais les sites de Normandie, Donges, La Mède, Flandres et Feyzin. Pour les automobilistes, trouver du carburant devient ainsi de plus en plus compliqué. Dimanche soir, au moins 30,1 % des stations-services faisaient face à des difficultés d’approvisionnement sur au moins un carburant, contre 27,3 % la veille.

L’attitude de la CGT jugée « inacceptable » et « illégitime »

La situation est particulièrement grave en Centre-Val-de-Loire (42,8 %), en Ile-de-France (41,6 %), en Bourgogne-Franche-Comté (39,4 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (37,9 %). En cause, des livraisons moins nombreuses ce week-end malgré l’autorisation des camions-citernes à rouler. Pour atténuer la grève, le gouvernement avait pourtant réquisitionné des dépôts de carburant, dont ceux de Feyzin (Rhône) et de Mardyck (Flandres). L’objectif était d’alimenter les stations-service des Hauts-de-France, d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Bourgogne-Franche-Comté.

L’Etat a également annoncé la prolongation de la ristourne de 30 centimes pour faire face à la hausse des prix à la pompe. Il a assuré, dans le même temps, que TotalEnergies allait prolonger sa remise de 20 centimes. Mais, agacé par le bras de fer, l’Etat français a haussé le ton dimanche. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire a jugé « inacceptable » et « illégitime » l’attitude de la CGT qui continue de bloquer les sites malgré l’accord salarial signé avec la direction de Total. Cet accord prévoit une hausse de 7% et une prime de de 3.000 à 6.000 euros, contre une augmentation de 10% réclamée au départ.

Vers un mouvement social d’ampleur ?

La Première ministre, Elisabeth Borne, a poussé le bouchon plus loin, en menaçant les grévistes de nouvelles réquisitions. Quant à Bruno Le Maire, il a même laissé entrouverte la porte de la force pour libérer les raffineries et dépôts de carburant. Sur BFMTV, il appelé à la « fermeté » et à plus d’« autorité » face aux syndicats. Cela d’autant plus que ce serait la minorité qui impose son diktat à la majorité. Le secrétaire général de la CGT, lui, a une autre analyse de la situation.

D’après Philippe Martinez, si la grève continue chez TotalEnergies malgré la signature d’un accord avec les parties prenantes, c’est parce qu’ « une majorité de salariés n’est pas contente » des propositions du groupe pétrolier et gazier. Pour lui, « la délégation de pouvoir a ses limites ». Ainsi, il estime que la grève interprofessionnelle de mardi s’impose. Philippe Martinez a expliqué qu’il s’agissait de « mettre en avant tous les oubliés » de France. Notamment ceux du Ségur de la Santé, les Smicards, les agents de centrales nucléaires, des transports, et autres. Un appel clair à la grève général qui fait craindre un « Gilets jaunes 2 ».

Le taux d’inflation français proche des 7 % d’ici fin 2022

L’Insee a révélé dans sa note de conjoncture du 24 juin, une augmentation de l’inflation en France dans les mois à venir. D’après les nouvelles prévisions de l’institut des statiques, elle va continuer de grimper pour atteindre un pic à la fin de l’été. Sur l’année en cours, l’Insee annonce une hausse des prix avoisinant en moyenne, les 5,5%, alors que ce taux était de 1,6% pour 2021. Du jamais-vu depuis les années 1980.

4,8% en avril et 5,2% en mai 2022. Le taux d’inflation en France continue sa croissance et affiche des chiffres records. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’inflation va atteindre un taux de 5,9% en juin. Puis, près de 7% en septembre avant de se stabiliser entre 6,5 et 7% dans les prochains mois.

Des répercussions sur le train de vie des Français

Avec l’augmentation des coûts de production, la hausse des prix des produits alimentaires va connaître une accélération. Les études de l’Insee démontrent qu’elles vont atteindre les 8,2% en décembre sur un an ; soit +5,4% en moyenne en 2022. L’inflation énergétique devrait atteindre les 31,3% en juin avant de diminuer progressivement. Elle restera cependant très élevée (+25,7% en moyenne sur l’année). Par rapport au reste de la population française, les agriculteurs et les populations rurales seront les plus touchés. Car cette frange de la population, qui fait un usage très important des véhicules, est plus exposée à la hausse des coûts de l’énergie, l’une des principales causes de l’inflation. En fin de compte, le pouvoir d’achat des ménages va diminuer en moyenne de 1 % sur l’année. En plus des mesures de soutien (budget des ménages), l’augmentation des salaires va permettre de réduire le poids des dépenses.

Les facteurs de l’inflation

Taux de chômage à 7% d’ici fin 2022 

Si 855.000 ont été créés en 2021, l’emploi salarié va connaître une perturbation en 2022. De façon générale, l’emploi salarié en 2022 sera bien au-dessus du niveau de 2019, avec une hausse de 717 000 emplois, soit +2,8 %.

Soutien public et augmentation du smic

Face à ces prévisions, il y a des mesures de soutien du pouvoir d’achat déjà prises ou en vue. Il s’agit notamment de la revalorisation des retraites, des minimas sociaux et du traitement des fonctionnaires, du bouclier tarifaire sur l’énergie, de la prime de pouvoir d’achat, de la suppression de la redevance et bien d’autres. Selon l’Insee, ces actions « contribueraient à rehausser le revenu disponible brut des ménages d’environ 1 point de pourcentage en 2022 », sans totalement annuler l’impact de l’inflation. Quant au SMIC, il connaîtra sa quatrième hausse en moins de 1 an. En raison de l’inflation, le SMIC, qui a connu une augmentation de 2,65 % en mai, devrait être de nouveau revalorisé automatiquement en août ou en septembre.

 

Groupe TDF : les clés d’une croissance soutenue

Pylone intervention

 

Le groupe TDF a annoncé fin mars des résultats annuels 2021 en hausse de 6,4% à 731,7 millions d’euros. Porté essentiellement par ses divisions télécoms et fibre, qui pèsent pour 60% des recettes, l’opérateur récolte les fruits de sa stratégie d’investissement dans les infrastructures fixe et mobile.

Seul l’audiovisuel a déçu

Le groupe TDF, opérateur français de réseaux hertziens et d’infrastructures mutualisés, a publié ses résultats annuels 2021, le 25 mars dernier. Dans son communiqué de presse, il fait part d’un chiffre d’affaires en hausse de 6,4 % à 731,7 millions d’euros. Ce montant provient en grande partie de ses divisions télécoms mobiles et fibre, qui représentent 443,8 millions d’euros (60,65%). La branche télécoms seule a généré 407,5 millions d’euros en 2021 (55,7% du chiffre d’affaires global), dont 362,6 millions d’euros (50% du CA total) pour le déploiement des infrastructures télécoms mobiles (+9,5 % sur un an).

Pour ce qui concerne les autres services télécom, le chiffre d’affaires s’élève à 44,9 millions, en progression de 13,8 %. L’autre pilier du groupe TDF est le segment fibre. Celui-ci a engrangé 36,3 millions d’euros (4,96% du CA global), en croissance de 80%. La seule déception en 2021 vient de l’audiovisuel qui a déclaré des revenus en retrait de 1,8 % par rapport à 2020. TDF explique ce repli par l’évolution contextuelle de ce secteur.

Le renforcement de la capacité industrielle

Selon Olivier Huart, président-directeur général du groupe, la performance générale repose sur la mise en œuvre en 2015 d’un programme d’investissement ambitieux dans les infrastructures de Très Haut Débit fixe et mobile. L’année dernière, l’entreprise a investi 418,4 millions d’euros, soit 57,2 % du chiffre d’affaires (en augmentation de +18,6 % par rapport à 2020). Une importante partie de cet investissement opérationnel (339,1 millions) d’euros a été consacrée au déploiement des infrastructures télécoms et fibre.

Résultat, TDF a renforcé sa capacité industrielle par la construction et le déploiement massif des infrastructures pylônes et fibre pour le compte de ses clients. En 2021, l’opérateur a ajouté 800 points de présence grâce notamment à l’arrivée de la 5G sur le territoire. Il compte désormais 20 381 points de présence sur ses pylônes et toits terrasses, dont le nombre s’élève maintenant à 1130 (+240 en 2021). Dans la fibre, il a construit 180 000 prises l’année dernière. Il comptabilise dorénavant 410 500 prises commercialisables sur les 750 000 remportées.

Des investissements massifs dans les télécoms et fibre

TDF note par ailleurs une multiplication par deux du volume de commercialisation sur tous les territoires. Le nombre de prises connectées est passé de 63 300 à fin 2020 à 155 500 à fin 2021. Avec toutes ces installations, TDF conforte à la fois sa position d’acteur majeur dans l’aménagement numérique du territoire et sa place en tant qu’expert national de réseaux FttH.

Le recentrage des activités et la stratégie d’investissements, combinés à une maîtrise des charges a permis en outre de générer un résultat d’exploitation en croissance (EBITDAaL) de +5,8 % à 412,2 millions d’euros. Fort de ces résultats, l’entreprise compte poursuivre ses investissements en 2022. « Le Groupe TDF dispose de tous les atouts pour réussir ces nouveaux défis et répondre aux évolutions technologiques du secteur. », a déclaré Olivier Huart, son Président-Directeur Général.

France : les taxis réclament des mesures d’urgence face à la flambée des prix des carburants

Enseigne de taxi.

 

Des taxis ont manifesté dans plusieurs villes de France le mercredi pour demander des mesures d’urgence face à l’explosion des prix des carburants. Ils  souhaitent notamment le retour de la TVA à 5,5 %, l’instauration d’une TICPE et la mise en place de meilleures aides à la transition vers des véhicules électriques.

Un sit-in devant le ministère de l’Economie et des Finances à Paris

Les taxis ont manifesté dans plusieurs villes de France, le mercredi 30 mars 2022, pour exiger des mesures d’urgence face à la flambée des prix du carburant. Plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblés devant le ministère de l’Economie et des Finances à Paris à l’appel de la fédération nationale du taxi (FNDT) et des Locataires unis du taxi (LUT). Pourtant, Bruno Le Maire avait fait valoir, un peu plus tôt, l’application d’une remise de 15 centimes d’euros (hors taxe) sur le litre du carburant et la revalorisation des tarifs.

Les dépenses en carburant de plus en plus importantes 

Mais les fédérations nationales considèrent ces décisions comme des mesurettes. Pour plus d’impact, elles souhaitent un retour de la TVA à 5,5%, contre 10% actuellement. Elles voudraient aussi la mise en place d’aides à la transition vers des véhicules électriques et l’instauration d’une taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques flottante (TICPE), anciennement TIPP (taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers). Sur ce dernier point, les taxis dénoncent une hausse des prix de l’essence et du diesel de plus de 50%. Cette augmentation significative rend les dépenses en carburant très salées à la fin du mois.

Un carburant professionnel avec des tarifs préférentiels

Pour compenser la hausse des coûts du carburant, la FNDT et les LUT ont récemment relevé leur tarif réglementé de 3,5%. Mais la profession estime que les consommateurs n’ont pas à payer les pots cassés. C’est pourquoi, elle demande l’instauration de certaines mesures. Par exemple la mise en place d’un carburant pour les taxis avec des tarifs préférentiels.

Mais ce n’est pas tout. Le secteur déplore aussi le peu d’efficacité des aides à la transition vers des véhicules électriques. La FNDT pointe notamment le manque d’autonomie des batteries qui fait que les véhicules ne sont pas adaptés à la profession. De plus, dans certaines régions comme en Ile-de-France, l’aide de 6.000 euros à l’achat d’une voiture électrique ne concerne pas tous les véhicules.

Des manifestations à Nantes et Bordeaux

Outre Paris, des rassemblements ont également eu lieu dans d’autres villes de France comme Nantes. Dans cette commune, 70 taxis ont mené une opération escargot sur la rocade en direction de l’aéroport. Cette action a provoqué de gros embouteillages et une paralysie momentanée du trafic sur certaines voies.

A Bordeaux, il y a également eu un énorme bouchon. Une centaine de taxis a manifesté sur diverses voies, accompagnés d’auto-écoles et de camions poids-lourds. Les conducteurs ont défilé lentement, pare-chocs contre pare-chocs.

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