Semi-conducteurs : Riber veut grandir par la diversification

Riber, petit équipementier français de semi-conducteurs, veut changer de dimension. Pour cela, il va accélérer sa diversification avec une ouverture dans la photonique sur silicium et le calcul quantique. Cette nouvelle ambition est incarnée par le projet Rosie qui vise à faire entrer sa technologie d’épitaxie dans les grandes usines de puces comme celles d’Intel et de STMicroelectronics.

Riber, petit équipementier français de puces, veut changer d’échelle. Jusqu’ici cantonné à des applications de niche, le groupe ambitionne désormais d’étendre sa technologie d’épitaxie à des marchés à grands volumes. Il compte y arriver en s’attaquant à des domaines en plein essor comme la photonique sur silicium et le calcul quantique.

Riber respire la santé financière

Riber se sent d’attaque d’autant qu’il a enregistré un bon bilan en 2023. En effet, l’équipementier français, qui emploie 120 personnes (dont environ 110 en France), fait part d’un chiffre d’affaires de 39,3 millions d’euros sur le dernier exercice. Soit une hausse de 41% par rapport à l’année précédente. Son bénéfice net s’élève à 3,4 millions d’euros, contre 200.000 euros en 2022.

La PME veut retrouver la stabilité dans sa gouvernance

Ces bons résultats interviennent après deux ans d’instabilité de sa gouvernance. Christian Dupont a remplacé Michel Picault à la présidence du directoire, avant de céder à son tour la place à Annie Geoffroy en septembre 2023. Désormais, Riber veut un peu de stabilité pour réussir sa diversification, censée lui permettre de changer d’échelle.

Riber, un spécialiste des machines d’épitaxie à jet moléculaire

Fondée en 1964, la PME était à l’origine un spécialiste des machines d’épitaxie à jet moléculaire (MBE pour Molecular Beam Epitaxy). Ce procédé technologique consiste à déposer sur une surface électronique une fine couche de matériau semi-conducteur, qui servira de support à la construction de composants. Il se fait essentiellement par projection sous vide d’atomes. La technique permet de fabriquer des composants photoniques et radiofréquences à hautes performances pour divers domaines. Parmi lesquels les radars, les télécoms, la santé, la défense et le spatial.

Riber veut capter d’autres opportunités

Ce marché de niche a progressé de 18% en 2023 pour atteindre 61 millions de dollars. Riber en est l’un des leaders avec l’américain Veeco. Mais l’équipementier français veut capter d’autres opportunités. Il souhaite précisément imposer sa technologie d’épitaxie dans la fabrication des composants en silicium sur plaquettes de 300 mm de diamètre. Ce substrat facilite l’intégration des puces avec d’autres composants et réduit les coûts de fabrication.

Un changement de dimension voulu par le projet Rosie

L’ouverture dans la photonique sur silicium ou le calcul quantique doit permettre à Riber d’entrer dans les usines de grands fabricants comme Intel et STMicroelectronics. Cette nouvelle ambition est portée par le projet Rosie, lancé en 2022. Ce programme doté d’un budget de 3 millions d’euros sur trois ans vise le développement d’une machine de déposition MBE de titanate de baryum (BTO) sur un substrat silicium de 300 mm.

Nosopharm s’arme pour poursuivre le développement de son antibiotique NOSO-502

Des pipettes violets dans un laboratoire.

 

L’entreprise de biotechnologie Nosopharm a récemment remanié son conseil de surveillance, avec notamment la nomination de Jacques Dumas à la présidence de l’organe, en remplacement de Jacques Biton. La nouvelle équipe a reçu pour mission principale de poursuivre le développement de l’antibiotique first-in-class NOSO-502 jusqu’à la phase 1 des essais cliniques.

Nosopharm passe à la vitesse supérieure. L’entreprise de biotechnologie dédiée à la recherche et au développement de médicaments anti-infectieux, a annoncé, il y a quelques semaines, le remaniement de son conseil de surveillance. L’organe non-exécutif accueille à sa tête Jacques Dumas en remplacement de Jacques Biton. Docteur en chimie organique de l’Université Paris VI, le nouveau président a une expérience de 30 ans en R&D. Il a occupé de hauts postes dans des groupes pharmaceutiques importants comme AstraZeneca et Bayer Healthcare. Il a aussi et surtout co-inventé deux médicaments commercialisés, le Nexavar® et le Stivarga®.

Frédéric Hammel reste au sein du conseil

Nosopharm a également annoncé les entrées de Laurent Fraisse au conseil de surveillance en tant que membre indépendant, à la place de Marie-Paule Richard, et de Sandra Dubos comme représentant de l’investisseur Kreaxi, à la suite de de Gwenaël Hamon. M. Fraisse est un expert en biotechnologie et pharmaceutie passé par Evotec ainsi que Sanofi. Quant Mme Dubos, elle est une spécialiste en conseil et accompagnement d’entreprises innovantes en sciences de la vie. Par ailleurs, le conseil de surveillance accueille Martin Lauriot Prevost, co-fondateur d’Ozyme. Il rejoint l’organe au titre d’investisseur historique. Enfin, Frédéric Hammel, representant de Elaia Partners, ne bouge pas.

Enrayer la montée de l’antibiorésistance

Philippe Villain-Guillot, co-fondateur et président du directoire de Nosopharm, dit être ravi d’accueillir cette nouvelle équipe qui doit « faciliter les collaborations avec des partenaires industriels et universitaires de premier plan » afin de développer le « pipeline » du groupe. Il espère aussi qu’elle « fera avancer [les] programmes prometteurs de découverte de médicaments contre les maladies infectieuses, en particulier dans le contexte de la montée de l’antibiorésistance. ». Pour sa part, Jacques Dumas a dit miser sur la « plateforme unique de découverte de médicaments de Nosopharm, basée sur Photorhabdus et Xenorhabdus» pour relever le challenge. Il souhaite « découvrir des anti-infectieux first-in-class et aider à lutter contre l’antibiorésistance. ».

Un médicament attendu par l’OMS

Fin juin dernier, Nosopharm a publié les résultats toxicologiques positifs pour son antibiotique first-in-class NOSO-502 sur lequel compté énormément l’OMS. En effet, aucune nouvelle classe d’antibiotiques efficaces n’a fait l’objet d’une introduction en clinique depuis plus de 40 ans. Or les maladies infectieuses constituent une cause majeure de mortalité au niveau mondial. Sans oublier qu’elles deviennent beaucoup plus difficiles à traiter avec l’augmentation de l’antibiorésistance.

Développé aux côtés de GNA NOW, un consortium d’experts représentant toutes les compétences, le NOSO-502 doit permettre de traiter les infections nosocomiales multirésistantes. Les premiers résultats aideront à poursuivre le développement du programme jusqu’à la phase 1 des essais cliniques. Bien sûr il faudra obtenir des fonds pour continuer la recherche. Et c’est l’une des missions du nouveau commando emmené par Jacques Dumas.

Hausse des ventes des « versets sataniques », après l’attaque contre Salman Rushdie

Première de couverture des Versets sataniques édités par Folio.

 

L’attaque contre Salman Rushdie, poignardé sur scène vendredi aux Etats-Unis, a renouvelé l’intérêt du public pour son roman « Les versets sataniques » publié en 1988. Samedi après-midi, trois éditions de l’ouvrage se trouvaient en tête du baromètre des ventes de livres d’Amazon.

Un top 4 composé d’œuvres de Rushdie

Depuis l’attaque contre Salman Rushdie, le vendredi 12 août, ses « versets sataniques » suscitent un regain d’intérêt des lecteurs dans le monde entier. Dans l’après-midi du samedi 13 août 2022, les trois éditions du roman se trouvaient en tête du baromètre des ventes de livres d’Amazon. Ce classement recense les livres dont les ventes ont le plus progressé dans les dernières 24 heures. La quatrième place est même occupée par le best-seller de l’écrivain américano-britannique, « Les enfants de minuit » paru en 1981.

En France, le livre est apparu en haut des ventes sur la page française d’Amazon, alors qu’il se trouvait aux quarantièmes places vendredi soir avant l’incident. Selon BFM TV, l’engouement des lecteurs se mesure aussi dans les magasins spécialisés comme Fnac, distributeur de biens culturels. Mais également chez Gibert et dans les librairies parisiennes où le roman était en rupture en stock ce weekend.

L’agresseur, un jeune libanais de 24ans

Aux Etats Unis, les lecteurs cherchaient absolument à avoir un livre de Salman Rushdie (75 ans) au lendemain de son agression. Soit pour connaitre l’écrivain (pour les plus jeunes) ou savoir de quoi il retournait dans son roman, objet d’une fatwa de l’Iran en 1989. Cet avis juridique contraint l’écrivain à se cacher presque dans ses pays d’accueil pour se faire oublier de tous. Mais, les islamistes ont la rancune tenace, même après 33 ans. C’est ainsi que le vendredi 12 août, alors qu’il s’apprêtait à participer à une conférence dans l’État de New York, le romancier a été poignardé au cou par un jeune homme d’origine libanaise, Hadi Matar (24 ans).

Les conservateurs iraniens félicitent l’assaillant

Salman Rushdie (75 ans) a été évacué en urgence dans un hôpital d’Érié (Pennsylvanie), où il était soigné sous assistance respiratoire. Ce lundi, il serait sur la voie du rétablissement. Son attaque a provoqué une onde de choc à travers le monde et a suscité des condamnations multiples. Mais dans certains pays comme l’Iran, le discours est différent. Le principal quotidien ultraconservateur Kayhan, a même félicité l’agresseur. Le pouvoir iranien, lui, dément tout lien avec la tentative d’assassinat. En Inde, terre natale de Salman Rushdie, la classe politique reste silencieuse. Elle accepte encore mal le contenu de son roman et sa critique du nationalisme hindou.

Un roman vu comme une injure au Coran

Publiés en 1988, « Les versets sataniques » racontent les aventures de deux Indiens dont l’avion est la cible d’un attentat terroriste. Ils se retrouvent plus tard sur une plage anglaise. Dans ce récit, l’auteur donne à des prostituées les noms des femmes du prophète Mahomet. Mais c’est le cœur du second chapitre qui va embraser le monde musulman. Le romancier y met en scène Mahound (allusion au prophète Mahomet) qui, sous l’influence de Satan, admet qu’on peut prier d’autres dieux qu’Allah. Si ce personnage reconnait son erreur peu après, les lecteurs musulmans y voient une remise en cause du monothéisme de l’Islam. Considérant cette œuvre comme une injure au Coran, l’ayatollah Rouhollah Khomeini avait lancé une fatwa contre Salman Rushdie en 1989.

Challenges dévoile le classement des 500 plus grandes fortunes de France en 2022

Le classement très attendu des 500 plus grandes fortunes professionnelles vient de paraître chez Challenges. Avec un montant cumulé qui dépasse la barre symbolique des 1 000 milliards d’euros, le palmarès 2022 témoigne de l’étonnante vitalité de l’économie française, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et du patrimoine. Côté start-up c’est même l’euphorie. Précisions.

Jeudi 7 juillet, le magazine économique Challenges a publié son 27ème classement des 500 plus grandes fortunes françaises. Un chiffre marque cette édition 2022 :  1 002 milliards d’euros. Il s’agit tout simplement des patrimoines professionnels cumulés, en hausse de 5% par rapport au classement de 2021. Après deux années impactées par la pandémie, cette augmentation témoigne du dynamisme de l’économie française.

Une augmentation d’autant plus remarquable après deux années impactées par la crise de la Covid-19. Même les secteurs les plus touchés ont rebondi, notamment celui de l’hôtellerie qui a montré beaucoup de résilience. Depuis mars, les hôtels font le plein. Pour Didier Ferré (900 millions), à la tête d’un des plus gros franchisés Accor, « c’est comme si tous les Français avaient soudain été pris d’envie de dépenser ». De quoi se montrer optimiste vis-à-vis de la future valorisation du secteur. « C’est inattendu, mais la crise du Covid a démultiplié l’intérêt pour l’investissement hôtelier », poursuit le directeur général de Covivio Hotels Tugdual Millet.

C’est également le cas côté patrimonial « Il y a eu un regain d’intérêt pour les actifs réels, comme l’immobilier ou les infrastructures, qui offrent des rendements qui protègent de l’inflation », souligne Vincent Manuel, directeur des investissements à Indosuez Wealth Management.

Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans le palmarès des 500 fortunes françaises de nombreux acteurs majeurs issus de ces secteurs d’activité. On peut notamment citer Patrice Pichet, Pdg du groupe immobilier familial Pichet, qui, avec une fortune professionnelle s’élevant à 1,5 milliards d’euros, occupe la 75ème place du classement.

Patrice Pichet est à la tête d’un groupe (Volume d’activité : 1,5 milliard) bâti autour de la promotion immobilière, du métier d’administration de bien, d’une foncière (126 000 m2), d’hôtellerie (3 900 chambres) et de vignobles dont le Château Les Carmes Haut-Brion. En un an, le groupe a réussi à gravir deux places et à augmenter sa fortune de 200 millions d’euros.

La classement Challenges illustre également la percée des start-upers. Pas moins de 34 fondateurs et actionnaires de licornes, ces start-ups non cotées valorisées à plus d’un milliard de dollars, font partie du palmarès. Leur âge moyen est de 34 ans et leur fortune cumulée ressort à 22 milliards d’euros. Une preuve de plus que les entreprises du monde de la tech connaissent une croissance fulgurante dans le pays.

Les jeunes salariés plus fragiles (étude Malakoff Humanis)

Malakoff Humanis offre une protection social aux salariés.

 

Une étude publiée début juillet par le groupe de protection sociale Malakoff Humanis révèle que la santé psychique des salariés de moins de 30 ans n’a jamais été aussi mal en point que cette année. En effet, 23 % d’entre eux ne se porteraient pas bien mentalement, contre 16 % pour l’ensemble des employés en France.

Depuis le début de la pandémie du Covid-19, le groupe paritaire de protection sociale Malakoff Humanis évalue la santé mentale et physique des salariés français. Dans sa dernière étude publiée le 7 juillet dernier, et qui concerne la période de mars 2022, il tire la sonnette d’alarme sur la tranche des moins de 30 ans.

Mal en point physiquement et moralement

Et pour cause : 23 % des salariés de cet âge jugent négativement leur santé mentale, contre 16 % pour l’ensemble des employés. Pis, 48 % d’entre eux déclarent mal dormir (contre 32 %), 42 % se disent stressés (contre 28 %), 34 % émotionnellement épuisés (contre 22 %) et 29 % à bout de force (contre 19 % de l’ensemble). Pour se remonter le moral et supporter le coup, 22 % des jeunes actifs déclarent avoir consommé des somnifères, des anxiolytiques ou des antidépresseurs (11 % en 2019).

Au niveau de la santé physique, il n’y a pas de bonne nouvelle, non plus. En effet, 18 % des jeunes travailleurs de moins de 30 ans la jugent mauvaise contre « seulement » 14 % pour l’ensemble des salariés. Ils pointent du doigt l’inactivité mais aussi les mauvaises habitudes, notamment celles nées du télétravail. Ces jeunes disent manquer de temps pour faire du sport (35 %) ou peinent à se déconnecter de leur ordinateur à la maison (51 %).

Un tiers des salariés en arrêt maladie en mars 2022

Bien sûr, avec ces comportements, les ennuis physiques et psychiques surviennent très vite. Ainsi, un tiers (36%) des jeunes salariés ont dû arrêter le travail au moins une fois en mars 2022, contre 21% au même mois l’année dernière. Si le Covid-19 reste le plus grand responsable de ces congés maladie avec 56%, les troubles psychosociaux (dépression, anxiété, stress, épuisement professionnel…) représentent 16% des arrêts maladie chez les moins de 30 ans (14% pour l’ensemble des salariés). Par ailleurs, près de la moitié des sondés (44%) imputent leur mal-être au contexte professionnel. Ils se plaignent principalement de l’intensité et du temps de travail (67%), ainsi que des remarques blessantes ou agressives (27%).

Malakoff Humanis pour limiter le reste à charge

En dehors du bureau, les jeunes actifs relèvent une dégradation des rapports sociaux (47%) depuis le début de la pandémie. Une situation qui créé en eux un certain malaise et une piètre estime d’eux mêmes. Ils font également fait de raisons personnelles (28%), notamment leur situation financière très handicapante. Celle-ci les contraint à renoncer à des soins puisqu’ils ne peuvent pas assumer le reste à charge.

Pour aider les jeunes actifs à limiter ce reste à charge, Malakoff Humanis propose justement des offres de mutuelle santé attrayantes (économique, tonique et énergique), ainsi que des garanties optionnelles pour couvrir des frais de santé plus spécifiques. La mutuelle facilite ainsi l’accès aux soins des personnes en activité, tout en assurant leur complémentaire santé. Aujourd’hui, elle gère la santé et la prévoyance de 426 000 entreprises et de 10 millions de personnes ainsi que leurs familles.

Réduction de la dépense publique : Bruno Le Maire propose de créer une «task force»

Bruno Le Maire a annoncé dimanche qu’il confierait aux législateurs le soin de lui adresser des propositions de réduction des dépenses publiques, 72 heures après que la Cour des comptes a mis en garde contre la dégradation des finances publiques. Le ministre de l’Économie veut organiser dès la rentrée, une « conférence des finances publiques » qui réunira parlementaires et administrateurs pour « définir les grandes options de la politique publique française ».

 « Je propose que nous changions radicalement de méthode pour réduire les dépenses de l’État », a indiqué le ministre des Finances à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

Dans son dernier rapport sur l’état des finances publiques, publié jeudi, la Cour des comptes s’est inquiétée des milliards de nouvelles dépenses engagées par le gouvernement cette semaine pour soutenir les ménages et les entreprises en raison de la forte inflation. Avec un déficit public estimé à 6,4 % du PIB et une dette à 112,5 % de la richesse nationale fin 2021, les magistrats financiers de la rue Cambon, ont révélé que celles-ci « vont venir détériorer le déficit 2022 par rapport au scénario de la loi de finances initiales ». Cette loi prévoyait un déficit à 5 % du PIB fin 2022. Un objectif récemment confirmé par le gouvernement, mais soumis à de « nombreux aléas ».

Pour remettre les « comptes en marche », le budget 2023 doit être l’occasion d’une révision à la baisse des dépenses de la France. Invité aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué qu’il était indispensable de rétablir les finances publiques.

« L’inflation démultiplie la charge de la dette (…). Chaque euro compte, et tout n’est pas possible financièrement, je préfère le dire aussi clairement que cela avant que nous examinions le texte sur le pouvoir d’achat », a lancé Bruno Le Maire, avant de proposer de nouvelles voies. Selon le ministre de l’Économie, il s’agira de constituer une « task force » au Parlement, pour que « ce soit les parlementaires qui se saisissent du sujet, et plus le gouvernement ». Cette équipe devra « repenser en profondeur la dépense publique », afin de s’interroger sur les choix d’utilisation des deniers publics et de couper les financements là où ils ne seraient plus justifiés. « Je leur passe le ballon et je leur demande de me faire des propositions sur ce sujet », a-t-il confié aux députés. D’ajouter Bruno Le Maire « considère que les seuls qui ont la légitimité pour faire ce travail, ce sont les députés et les sénateurs ». Ce discours intervient au moment où de nombreuses voix alertent sur l’état des comptes publics après deux années de crise.

Le gouvernement, de son côté, a garanti que les nouvelles dépenses seraient compensées par des recettes fiscales dynamiques. Rassurant que son propre paquet est financé par des recettes plus importantes que prévu. 

Pétrole : l’Opep+ décide d’augmenter sa production cet été, mais pas suffisant pour arrêter la hausse des prix

30 juin 2022. Alors que des pressions sont exercées pour ouvrir davantage de verrous afin d’arrêter les hausses de prix, l’alliance des pays producteurs de pétrole a décidé de mettre à jour ses objectifs pour l’été prochain ce jeudi.

Les représentants des 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les 10 pays de l’OPEP+ se sont mis d’accord pour augmenter la production de 648 000 barils par jour durant les mois de juillet et août, a annoncé l’alliance dans un communiqué à l’issue d’une réunion par visioconférence. Le précédent quota était fixé à 432 000 barils/jour. Cependant, les efforts de l’OPEP et de ses alliés (OPEP+) sont trop faibles pour atténuer la pénurie de pétrole liée à l’embargo imposé par les États-Unis et l’Union européenne sur l’approvisionnement de la Russie. Mais aussi, pour stopper la hausse du prix de l’or noir sur le marché international.

En effet, depuis le début de la guerre en Ukraine, le Brent de la mer du Nord, la référence européenne du pétrole brut, a connu une hausse de plus de 15 %. Et le WTI correspondant aux États-Unis a, lui aussi, augmenté de plus de 13 %. Jeudi, ils ont oscillé autour de 114,27 dollars et 105,20 dollars le baril après avoir atteint des niveaux record en mars. Du jamais-vu depuis la crise financière de 2008. Jusque-là, et depuis le printemps 2021, elle se limitait à une modeste augmentation des quotas dans le but de récupérer progressivement les volumes pré-COVID.

Selon Jamie Maddock, analyste chez Quilter Cheviot « sur le papier, seront alors rétablis les 9,7 millions de barils par jour retirés du marché pendant la pandémie pour répondre à l’effondrement de la demande (…) la crise énergétique battant son plein, les appels de l’Occident à pomper plus se feront sûrement de plus en plus bruyants ». Lundi, au vu de cette forte hausse, la France a de nouveau appelé les pays producteurs à augmenter leur volume de production. Le sujet sera au menu de la visite du président américain Joe Biden en Arabie Saoudite à la mi-juillet.

Pour Edward Moya, d’Oanda, « c’est du théâtre politique, ce voyage n’aboutira pas à une hausse significative au-delà de ce qui a déjà été décidée », rappelant que de nombreux membres « sont soumis à des sanctions internationales ou souffrent de problèmes de production ».

 

Le taux d’inflation français proche des 7 % d’ici fin 2022

L’Insee a révélé dans sa note de conjoncture du 24 juin, une augmentation de l’inflation en France dans les mois à venir. D’après les nouvelles prévisions de l’institut des statiques, elle va continuer de grimper pour atteindre un pic à la fin de l’été. Sur l’année en cours, l’Insee annonce une hausse des prix avoisinant en moyenne, les 5,5%, alors que ce taux était de 1,6% pour 2021. Du jamais-vu depuis les années 1980.

4,8% en avril et 5,2% en mai 2022. Le taux d’inflation en France continue sa croissance et affiche des chiffres records. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’inflation va atteindre un taux de 5,9% en juin. Puis, près de 7% en septembre avant de se stabiliser entre 6,5 et 7% dans les prochains mois.

Des répercussions sur le train de vie des Français

Avec l’augmentation des coûts de production, la hausse des prix des produits alimentaires va connaître une accélération. Les études de l’Insee démontrent qu’elles vont atteindre les 8,2% en décembre sur un an ; soit +5,4% en moyenne en 2022. L’inflation énergétique devrait atteindre les 31,3% en juin avant de diminuer progressivement. Elle restera cependant très élevée (+25,7% en moyenne sur l’année). Par rapport au reste de la population française, les agriculteurs et les populations rurales seront les plus touchés. Car cette frange de la population, qui fait un usage très important des véhicules, est plus exposée à la hausse des coûts de l’énergie, l’une des principales causes de l’inflation. En fin de compte, le pouvoir d’achat des ménages va diminuer en moyenne de 1 % sur l’année. En plus des mesures de soutien (budget des ménages), l’augmentation des salaires va permettre de réduire le poids des dépenses.

Les facteurs de l’inflation

Taux de chômage à 7% d’ici fin 2022 

Si 855.000 ont été créés en 2021, l’emploi salarié va connaître une perturbation en 2022. De façon générale, l’emploi salarié en 2022 sera bien au-dessus du niveau de 2019, avec une hausse de 717 000 emplois, soit +2,8 %.

Soutien public et augmentation du smic

Face à ces prévisions, il y a des mesures de soutien du pouvoir d’achat déjà prises ou en vue. Il s’agit notamment de la revalorisation des retraites, des minimas sociaux et du traitement des fonctionnaires, du bouclier tarifaire sur l’énergie, de la prime de pouvoir d’achat, de la suppression de la redevance et bien d’autres. Selon l’Insee, ces actions « contribueraient à rehausser le revenu disponible brut des ménages d’environ 1 point de pourcentage en 2022 », sans totalement annuler l’impact de l’inflation. Quant au SMIC, il connaîtra sa quatrième hausse en moins de 1 an. En raison de l’inflation, le SMIC, qui a connu une augmentation de 2,65 % en mai, devrait être de nouveau revalorisé automatiquement en août ou en septembre.

 

Tesla fait encore grimper les prix de ses voitures

A l'intérieur d'une voiture Tesla Model 3

 

Tesla a encore augmenté les prix de tous ses modèles de voitures aux États-Unis, cette fois de 5%. Ce qui fait passer par exemple le modèle Y longue portée à 65 990 dollars contre 62 990 dollars auparavant. Si le constructeur américain n’a pas donné les raisons de cette hausse, les analystes supposent que celle-ci est due notamment à la hausse des coûts des matières premières et des transports.

Tesla a annoncé, le jeudi 16 juin 2022, une nouvelle augmentation des prix de ses voitures électriques. Cette hausse s’élève à 5%, faisant passer le prix du Modèle 3, qui connait la plus petite augmentation (+2 500 dollars), de 54 490 dollars à 57 990 dollars. Les deux SUV du Tesla Modèle Y, le plus populaire de la marque, enregistrent un bon de 3000 dollars. Ainsi, le modèle Y Long Range vaut désormais 65 990 dollars, contre 62 990 dollars auparavant. Tandis que le modèle Y standard s’achète dorénavant à 69 990 dollars contre 67 990 dollars jusqu’ici.

Elon Musk a eu un super mauvais pressentiment 

On peut également noter la progression considérable du tarif du Modèle S Dual Motor All-Wheel Drive Long Range qui s’affiche maintenant à 104 990 dollars, alors qu’il valait 99 990 dollars. Quant au Modèle X Dual Motor All-Wheel Drive Long Range, il s’offre à présent à 120 990 dollars, soit 6000 dollars de plus. Notons en revanche que le prix du Modèle X Plaid reste intact pour l’heure, à 138 990 dollars.

Les analystes s’attendaient largement à cette hausse des coûts des véhicules électriques de Tesla. Il y a quelques semaines, le PDG du groupe, Elon Musk, avait déjà mis en garde contre le risque de récession. Il avait prétendu avoir eu un « super mauvais pressentiment » à propos de l’économie américaine. Le dirigeant a annoncé au passage la suppression de 10 % des emplois dans l’entreprise.

Explosion des coûts des matières premières

Si Tesla n’a pas clairement donné les raisons de la hausse des prix de ses véhicules aux Etats Unis, les experts supposent que celle-ci provient de l’explosion des coûts des matières premières (par exemple l’aluminium et le lithium). Mais également des difficultés d’approvisionnement en puces et autres fournitures à cause d’une pénurie à l’échelle du secteur.

Ils pensent aussi que Tesla pourrait simplement chercher à augmenter ses marges brutes face à des difficultés propres. Cela est d’autant crucial que l’important carnet de commandes du groupe court de 6 à 12 mois. Par conséquent, le constructeur doit essayer de prévoir les augmentations de coûts à peu près au moment où il produira ses véhicules dans la période indiquée.

Une tendance haussière depuis plus d’un an

Notons que cette hausse des prix des véhicules électriques Tesla sur le marché américain n’est pas la première. Depuis plus d’un an, le constructeur a habitué le marché à augmenter ses tarifs. En 2021, il a fait progresser rapidement ses coûts presque tous les mois. Avant de ralentir au début de 2022, puis de reprendre l’ascenseur les mois suivants. La dernière augmentation majeure a eu lieu en mars 2022, suivie d’une plus petite sur les véhicules à longue portée en avril.

McDonald’s dit adieu à la Russie

La chaîne américaine de restauration rapide a annoncé la cession prochaine de toutes ses activités russes à un repreneur local. La conséquence du climat défavorable né de l’invasion de l’Ukraine par le Kremlin.

McDonald’s aura tenu un peu plus de trois mois en Russie depuis le déclenchement de la guerre contre l’Ukraine. Mais l’heure ne semble plus propice aux demi-mesures au regard de la dégradation de la situation sur place. La célèbre chaîne de restauration a donc décidé de trancher dans le vif en quittant définitivement le territoire russe.

C’est l’annonce faite par ses responsables dans un communiqué du 16 mai dernier. « Il s’agit d’un problème compliqué sans précédent et aux conséquences profondes« , peut-on lire dans un document interne adressé par le patron du groupe Chris Kempczinski, aux employés, fournisseurs et autres collaborateurs, cité par le New York Times (NYT).

Suspension

Cette décision pour le moins radicale intervient dans un contexte de pression continue exercée sur les entreprises étrangères ayant des intérêts en Russie depuis le début de l’offensive meurtrière de Vladimir Poutine sur son voisin ukrainien. Au grand dam des Américains et des Européens principalement, décidés à isoler le plus possible Moscou.

Tous les groupes internationaux ou presque présents sur place ont donc réduit leur intervention dans le pays. C’est dans ce cadre que McDonald’s a décidé début mars, d’une suspension de ses activités. Au même titre que d’autres sociétés américaines du même secteur, dont Starbucks et PepsiCo, entre autres.

Cession d’actifs

Mais la situation sur place apparaissait chaque jour un peu plus intenable pour l’entreprise américaine pressée par l’opinion nationale et internationale. D’où ce départ qui sonne comme un retour aux premières heures de la guerre froide. Et pour cause, l’installation de McDonald’s au début des années 1990 symbolise la fin de cette période sombre de l’histoire de l’humanité marquée par des tensions entre les deux blocs historiques.

De la célèbre place Pouchkine, la société aux Arches dorées s’est ensuite étendue dans le pays pour compter 850 restaurants et 62 000 salariés environ aujourd’hui. Autant de personnes auxquelles le groupe a promis de continuer à assurer les salaires le temps de la cession de tous ces actifs à un repreneur local. Ce dernier devra ensuite s’engager à les employer.

Inimaginable il y a encore six mois, le départ de McDonald’s de la Russie est donc désormais effectif. « Une décision difficile et pas simple à mettre en œuvre », à en croire Chris Kempczinski.

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