Croissance mondiale : le FMI revoit ses prévisions à la hausse, la France reste à la traîne
Malgré les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l’énergie, l’économie mondiale continue de résister. Dans ses nouvelles prévisions publiées le 13 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance de 3,1 % en 2026, légèrement supérieure à ses précédentes estimations. La situation apparaît nettement moins favorable en France, où l’activité économique ne devrait progresser que de 0,4 % cette année, loin derrière plusieurs de ses voisins européens.
L’économie mondiale ralentit, mais elle évite pour l’instant un décrochage généralisé. Le Fonds monétaire international a légèrement relevé ses perspectives pour 2026, malgré les perturbations provoquées par la guerre au Moyen-Orient et le renchérissement des matières premières. Après une progression de 3,5 % en 2025, la croissance mondiale devrait atteindre 3,1 % cette année, avant de remonter à 3,4 % en 2027.
Cette résistance s’explique notamment par la capacité des économies à s’adapter aux difficultés d’approvisionnement énergétique. Mais elle repose également sur les investissements considérables réalisés dans l’intelligence artificielle, qui soutiennent l’activité industrielle, les échanges commerciaux et la demande de nouvelles infrastructures technologiques.
Les performances restent toutefois très contrastées selon les pays. Les États-Unis devraient enregistrer une croissance de 2,3 % en 2026, tandis que l’Inde conserverait une progression de 7 %. La Chine afficherait, de son côté, une hausse de son produit intérieur brut de 4,5 %.
La France parmi les économies européennes les moins dynamiques
En Europe, le FMI prévoit une croissance de 1,1 % pour la zone euro en 2026. Plusieurs grandes économies affichent des perspectives sensiblement supérieures à celles de la France. L’Espagne pourrait ainsi enregistrer une progression de 2,5 % de son PIB et l’Allemagne de 1,3 %.
La France fait figure d’exception avec une croissance attendue de seulement 0,4 %, contre 0,9 % en 2025. Un ralentissement marqué, qui intervient alors que le pays doit également composer avec des finances publiques dégradées et une progression du chômage.
Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. L’augmentation des prix de l’énergie pèse sur les dépenses des ménages et les coûts des entreprises, tandis que les incertitudes économiques et budgétaires freinent les décisions d’investissement. Les épisodes de fortes chaleurs ont également perturbé certaines activités au cours de l’année.
Sur le marché du travail, le FMI prévoit un taux de chômage de 8,4 % en 2026, contre 7,7 % l’année précédente. Une évolution susceptible de peser davantage sur la consommation, qui constitue traditionnellement l’un des principaux moteurs de l’économie française.
La dette publique et l’inflation restent des sujets de préoccupation
La croissance mondiale ne signifie pas pour autant que les risques économiques ont disparu. Le FMI souligne notamment les conséquences de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation, qui devrait atteindre 4,7 % au niveau mondial en 2026, contre 4,1 % en 2025.
La remontée des taux d’intérêt constitue une autre difficulté pour les États fortement endettés. À mesure que les emprunts arrivent à échéance, les gouvernements doivent refinancer une partie de leur dette dans des conditions parfois moins favorables.
Cette question concerne particulièrement la France, dont les marges de manœuvre budgétaires sont déjà limitées. Le poids des déficits et les incertitudes entourant les finances publiques renforcent l’attention portée par les investisseurs à la trajectoire économique du pays.
Le FMI appelle plus largement les gouvernements à retrouver des équilibres budgétaires durables, sans compromettre les investissements indispensables à la croissance future.
Une reprise mondiale encore fragile
Le développement de l’intelligence artificielle apparaît aujourd’hui comme un important soutien à l’économie mondiale. Mais ses retombées sont concentrées dans un nombre limité de pays, principalement ceux qui disposent d’une industrie technologique développée ou participent à la production des équipements nécessaires aux infrastructures numériques.
Les risques géopolitiques demeurent également importants. Une prolongation des perturbations au Moyen-Orient pourrait provoquer de nouvelles tensions sur les prix du pétrole et ralentir l’activité. Les phénomènes climatiques et les difficultés de financement constituent d’autres sources d’incertitude.
Pour la France, les prochaines années s’annoncent donc délicates. Le FMI n’anticipe qu’un redressement limité de la croissance, à 0,7 % en 2027. Alors que l’économie mondiale continue de progresser, le pays devra trouver les moyens de relancer l’investissement et l’activité tout en réduisant ses déséquilibres budgétaires.