Colonies israéliennes : la France pousse l’Union européenne à durcir le ton

La France veut accélérer la riposte européenne face aux produits issus des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Paris, épaulé par Stockholm, réclame désormais un renforcement des restrictions commerciales visant ces marchandises, jugées contraires au droit international.

Dans un entretien accordé à Euronews, le ministre français du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, a défendu une ligne plus ferme de l’Union européenne sur ce dossier sensible. Selon lui, limiter les échanges commerciaux avec les colonies israéliennes « relève du bon sens » et ne constitue en rien une démarche hostile envers Israël.

Paris et Stockholm réclament une réponse européenne

La France et la Suède ont officiellement saisi la Commission européenne afin de demander une hausse des droits de douane ainsi qu’un renforcement des contrôles sur les produits provenant des colonies israéliennes installées en Cisjordanie et dans d’autres territoires occupés.

Pour justifier cette initiative, les deux pays s’appuient notamment sur l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de justice, qui considère ces colonies comme illégales au regard du droit international. Plusieurs résolutions des Nations unies vont également dans le même sens depuis plusieurs décennies.

Nicolas Forissier estime ainsi que l’Union européenne doit faire preuve de cohérence en matière de droits humains et de respect du droit international. Selon lui, il est difficilement acceptable que des produits fabriqués dans des territoires occupés puissent continuer à bénéficier d’échanges commerciaux classiques avec l’Europe.

Un débat qui divise les Européens

Le sujet reste toutefois explosif au sein de l’Union européenne. Si plusieurs pays soutiennent un durcissement de la politique commerciale à l’égard des colonies, les États membres demeurent profondément divisés sur l’ampleur des mesures à adopter.

L’Irlande a déjà annoncé vouloir faire voter d’ici l’été une loi restreignant le commerce avec les colonies israéliennes. Les Pays-Bas travaillent également sur une interdiction temporaire des échanges concernant certains produits issus des territoires occupés.

Mais passer des restrictions ciblées à une véritable interdiction européenne paraît politiquement compliqué. Une augmentation des droits de douane nécessiterait une majorité qualifiée des États membres, tandis qu’un embargo complet exigerait l’unanimité, un scénario aujourd’hui peu probable.

Israël rejette les accusations d’illégalité

Israël continue de contester le caractère illégal des colonies en invoquant des arguments historiques et religieux liés à la région. Le gouvernement israélien a récemment renforcé son contrôle administratif sur certaines zones de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, suscitant de nouvelles critiques internationales.

Ces dernières semaines, plusieurs dirigeants occidentaux, dont ceux de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, ont appelé Israël à stopper l’expansion des colonies dans les territoires palestiniens occupés.

L’accord commercial UE-Israël dans le viseur

Le débat relance également les discussions autour de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, qui prévoit des avantages douaniers importants pour les produits israéliens. Les marchandises issues des territoires occupés sont théoriquement exclues de ce régime préférentiel et soumises aux droits de douane classiques.

Plusieurs pays européens, dont l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie, demandent désormais une remise en cause plus large des relations commerciales entre Bruxelles et Israël, en raison des accusations portant sur d’éventuels crimes de guerre au Liban et en Palestine.

Pour l’heure, aucune décision n’a été prise au niveau européen. Mais Paris assure qu’une proposition de la Commission européenne pourrait être présentée prochainement, preuve que le sujet gagne du terrain au sein des institutions européennes.

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