Etats Unis : Powell promet une action appropriée de la FED pour préserver la croissance américaine

Discours de Jerome Powell, président de la FED, lors d'un discours en juillet 2019

 

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a promis vendredi d’agir pour assurer la poursuite de l’expansion économique. Toutefois, il a prévenu que la Fed n’avait pas de mode d’emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, qui se sont nettement exacerbées.

Les tensions commerciales omniprésentes

Dans un discours prononcé vendredi, dans le cadre du symposium économique de Jackson Hole, dans l’Etat américain du Wyoming, le président de la banque centrale américaine Jerome Powell a paru mesuré quant aux perspectives économiques des Etats Unis. Il a déclaré que l’économie américaine se trouvait dans une situation « favorable » pour assurer la poursuite de l’expansion économique. Mais que la Fed n’avait pas de mode d’emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, qui se sont nettement exacerbées.

Jerome Powell a énuméré une série de risques économiques et géopolitiques dont la Fed surveille l’évolution en notant que nombre d’entre eux sont liés aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et plusieurs de leurs partenaires commerciaux, à commencer par la Chine. Vendredi d’ailleurs, Pékin a annoncé son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des Etats-Unis d’ici la fin de l’année, s’attirant les foudres du président américain Donald Trump. Ce dernier a affirmé sur Twitter préparer une réponse appropriée. Il a notamment « ordonné » aux entreprises américaines « de chercher des alternatives » à leur production en Chine en attendant une évolution de la situation.

La FED n’a pas vocation à régler tous les problèmes économiques des Etats Unis

Malgré ce contexte défavorable, « l’économie américaine a continué d’enregistrer de bonnes performances globales », a indiqué Jerome Powell. « L’investissement des entreprises et l’industrie manufacturière se sont affaiblis mais une croissance solide de l’emploi et la hausse des salaires ont tiré une consommation robuste et soutenu une croissance globale modérée », a-t-il ajouté.

Selon le président de la banque centrale américaine, la Fed ne peut pas à elle seule régler tous les problèmes de l’économie américaine par le biais de la politique monétaire. Il va donc falloir à l’exécutif trouver une solution aux conflits commerciaux qui conduisent à la détérioration de la croissance mondiale.

Jerome Powell a en outre noté que la Fed a besoin de pouvoir regarder « au-delà » des turbulences de court terme pour se concentrer sur l’évolution de la situation américaine, face à l’éventualité d’un Brexit « dur », aux tensions à Hong Kong, au ralentissement économique dans des pays comme l’Allemagne et à d’autres événements hors des Etats-Unis.

« Qui est notre pire ennemi, Jay Powel ou le président Xi ? »

Comme on s’y attendait, le discours de Jerome Powell n’a pas plu à Donald Trump. « Comme d’habitude, la Fed n’a RIEN fait! C’est incroyable qu’elle puisse ‘parler’ sans savoir ni demander ce que je fais, ce qui sera annoncé très vite », a-t-il écrit dans un message publié sur Twitter. Puis de se demander : « Ma seule question, c’est : qui est notre pire ennemi, Jay Powel ou le président Xi (Jinping) ? ».

Cisco : résultats trimestriels au-dessus des prévisions, mais des perspectives décevantes

Des c$ables de réseaux wifi

 

Pour son quatrième trimestre fiscal, Cisco a enregistré des revenus de 13,43 milliards de dollars (+6% en glissement annuel), un bénéfice ajusté par action de 83 cents. C’est meilleur que prévu. En revanche, les perspectives du géant californien des équipements de réseaux sont décevantes pour le prochain trimestre.

Le bénéfice net consolidé

Cisco Systems a publié mercredi des résultats légèrement supérieurs aux attentes du marché, au titre du dernier trimestre fiscal (clos fin juillet). Mais il a dévoilé des perspectives déprimantes pour son premier trimestre fiscal 2020. En effet, pour son quatrième trimestre fiscal, le groupe a révélé hier soir des revenus de 13,43 milliards de dollars, soit +6% en glissement annuel. Il a également dévoilé un bénéfice ajusté par action de 83 cents, ce qui ressort meilleur que prévu. Les analyses s’attendaient à un bénéfice net non-GAAP de 81 cents, pour des ventes de 13,4 milliards de dollars. Quant au bénéfice net consolidé, il a atteint 2,2 milliards de dollars et 51 cents par action. Sur l’ensemble de l’exercice, le groupe de San Jose a affiché un bénéfice par action de 2,61$ et des revenus de 51,7 milliards de dollars.

Le prochain exercice face aux évolutions macroéconomiques

Si les comptes du trimestre du groupe californien sont ressortis assez solides, les perspectives du prochain trimestre, elles, sont décevantes. Cisco vise un bénéfice par action ajusté compris entre 80 et 82 cents, alors que le consensus des analyses s’établit à 83 cents. Le géant américain des équipements de réseaux fait également part d’un chiffre d’affaires en croissance de 0 à 2%, tandis que le consensus du marché est de +2,5%.

Pour justifier les prévisions de Cisco Systems, le CEO du groupe, Chuck Robbins, évoque des évolutions macroéconomiques depuis juillet, en particulier une faiblesse en Chine. Ils pointent également du doigt les dépenses technologiques.

Le titre a décroché mercredi soir à la bourse

Cisco Systems décrochait de 7,7% après bourse à Wall Street hier soir, suite à la publication de ses résultats trimestriels.

Ce jeudi, l’analyste Jefferies a pourtant confirmé sa recommandation « achat » sur le titre Cisco. Ceci malgré une guidance pour le prochain trimestre revue à la baisse. « Nous pensons que la réaction du titre à la révision de la guidance est exagérée », estime Jefferies, qui juge la valorisation plutôt attrayante.

Deutsche Bank : Suppression annoncée de 18 000 emplois et une perte de 2,8 milliards £ au 2e trimestre

Siège de Deutsche Bank à Franckfort

 

Deutsche Bank ne va pas bien, et c’est un euphémisme. La première banque allemande a annoncé, dimanche 7 juillet, la suppression de 18 000 emplois pour sortir de l’impasse. Elle prévoit par ailleurs une perte de 2,8 milliards d’euros sur son chiffre d’affaires annuel.

Les effectifs ramenés à environ 74 000 personnes 

Deutsche Bank traverse une période très difficile. Pour se remettre sur pied, le fleuron de la finance allemande a réfléchi à un plan de restructuration, le plus important de son histoire. La banque va supprimer 18 000 emplois d’ici 2022. « La restructuration va entraîner une réduction du nombre de postes équivalents temps plein de 18 000 d’ici 2022, pour ramener les effectifs à environ 74 000 personnes », a indiqué Deutsche Bank dans un communiqué, publié à l’issue d’une réunion de son conseil de surveillance. Le groupe a expliqué que ce vaste plan visait à réduire ses coûts de 6 milliards d’euros et retrouver ainsi la rentabilité. L’an dernier déjà le groupe avait supprimé 6 000 postes.

Dans l’immédiat, le plan de restructuration va entraîner des charges de 3 milliards d’euros dès le deuxième trimestre de l’exercice en cours et une perte nette de 2,8 milliards d’euros, a anticipé l’institution. Sur l’année, Deutsche Bank devrait à nouveau tomber dans le rouge après avoir dégagé un faible bénéfice en 2018, à la suite de trois années consécutives de perte.

Le plan de la dernière chance

Ce plan apparaît comme celui de la dernière chance pour la banque, un peu plus de deux mois après l’échec de négociations en vue d’une fusion avec sa concurrente Commerzbank, également en difficulté. Ce projet aux allures de plan de sauvetage est fortement soutenu par le gouvernement allemand, qui ne veut surtout pas voir ce maillon essentiel au financement de l’économie nationale tomber dans l’escarcelle d’un concurrent étranger, avec une OPA. Pour le ministre allemand de l’économie, Peter Altmeier, cité par le quotidien Bild, « Deutsche Bank joue en première division et doit poser les jalons nécessaires à ce qu’il en reste ainsi ». Il a dit parfaitement comprendre les suppressions d’emplois à Deutsch Bank.

Création d’une « bad bank »

La banque allemande va progressivement délaisser le secteur de la banque d’investissement qui n’est plus tout à fait rentable. Le patron de cette division, le Sud-Africain Garth Ritchie, a déjà été  remercié.

Le directoire de l’institution bancaire va être en outre resserré, avec trois départs au total, dont celui de la Française Sylvie Mathérat, passée chez Deutsche Bank en fin 2015. Elle était chargée des dossiers de régulation et contrôles internes. Enfin, Deutsche Bank a annoncé la création d’une structure de défaisance, une « bad bank », pour y loger 74 milliards d’actifs jugés risqués, parmi lesquels les dérivés d’échéance longue et les produits financiers très spéculatifs.