Propos de Macron sur l’islam : les pays musulmans appellent au boycott de produits français

A la suite des propos d’Emmanuel Macron, qui a promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du Prophète Mahomet, plusieurs pays musulmans ont appelé au boycott de produits français.

 

A la suite des propos d’Emmanuel Macron, qui a promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du Prophète Mahomet, plusieurs pays musulmans ont appelé au boycott de produits français. Parmi eux, le Qatar, l’Arabie saoudite et Koweït.

Macron ne veut pas renoncer à une tradition française

Depuis samedi, plusieurs pays du Moyen-Orient lancent des appels au boycott de produits français. Ils s’insurgent contre les propos tenus par Emmanuel Macron, le jeudi 22 octobre. Le président français a promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du Prophète Mahomet, interdites dans la religion musulmane. C’était à l’occasion d’un hommage au professeur Samuel Paty, décapité par un assaillant islamiste. L’enseignant a eu le malheur d’avoir montré à ses élèves de 4e des dessins de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. L’Organisation de coopération islamique, qui réunit les pays musulmans, a estimé que les propos d’Emmanuel Macron et  de certains responsables français pourraient « nuire aux relations franco-musulmanes ».

Des produits français retirés des rayons

Les appels au boycott de produits français ont débuté vendredi sur les réseaux sociaux, à travers les hashtags en arabe. Ils ont ensuite pris une forme active dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Au Qatar, les chaînes de distribution Al-Meera et Souq al-Baladi ont annoncé qu’elles « retireraient » les produits français des magasins jusqu’à nouvel ordre. Dans l’un des magasins d’Al-Meera, un correspondant de l’AFP a même vu des employés débarrasser les étagères des confitures de la marque St. Dalfour.

Un comportement similaire a été observé au Koweït, où des employés ont retiré des fromages Kiri et Babybel des rayons de certains magasins. Toujours dans ce pays, quelque 430 agences de voyages du Koweït ont suspendu les réservations de vols vers la France. En Jordanie aussi, le Front d’action islamique, un parti d’opposition, a appelé les citoyens à se détourner des produits français.

Un blasphème passible de la peine de mort

En outre, l’Université du Qatar a annoncé vendredi sur Twitter le report de la semaine culturelle française à la suite de « l’atteinte délibérée à l’islam et ses symboles ». L’Iran, la Turquie, l’Arabie saoudite ou encore les Emirats arabes unis devraient suivre le mouvement. Pour ces pays musulmans, la caricature du prophète Mahomet constitue un blasphème parfois passible de la peine de mort.

Attentat de Conflans : les patrons France des réseaux sociaux convoqués ce mardi par Marlène Schiappa

Logo des grands réseaux sociaux.

 

Ce mardi, les patrons France des grandes réseaux sociaux et plateformes (Facebook Twitter, Google, Tiktok et Snapchat) sont convoqués par la ministre déléguée à la Citoyeneté, Marlène Schiappa. Il s’agira de trouver des moyens de mieux contrer le « cyber-islamisme », après l’ignoble attentat de Conflans.

Les patrons des grands réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Google, TikTok et Snapchat) sont convoqués mardi 20 octobre par la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, pour trouver des moyens de mieux contrer « le cyber-islamisme », suite à l’assassinat d’un professeur d’histoire à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) vendredi dernier. Les plateformes ont été critiquées pour avoir relayé les messages stigmatisant le professeur d’histoire, Samuel Paty. Celui-ci a été décapité vendredi vers 17 h en pleine rue à Conflans, après avoir montré en cours les caricatures de Mahomet publiées dans Charlie Hebdo.

Un site néonazi diffuse la photo du professeur décapité

C’est d’ailleurs sur Twitter que l’assaillant, Abdoullakh Anzorov, un jeune Tchétchène arrivé en France à l’âge de huit ans, a revendiqué son action terroriste pour motif religieux. Il avait ensuite publié la tête de l’enseignant, avant d’être abattu de neuf balles par la police. Son post a été repris sur d’autres plateformes. Le parquet de Paris a ouvert dimanche une enquête après la diffusion sur un site internet néonazi de la photographie du professeur.

« Les algorithmes qui fonctionnent de façon robotique ne perçoivent pas bien le contexte »

Dans un plaidoyer sur franceinfo Sophie Jehel, maîtresse de conférences à l’Université Paris 8, estime qu’« Il faut des équipes de modération plus nombreuses » et « francophones » sur les plateformes numériques (la plus part américaines) pour lutter contre la haine en ligne. « Tout le problème de la haine, c’est un problème d’interprétation, de contextualisation. Les algorithmes qui fonctionnent de façon robotique ne perçoivent pas bien le contexte. Donc, il faut des humains, il faut des Français », a expliqué la co-autrice de l’ouvrage Les adolescents face aux images trash sur internet (2019). De son côté, le ministre de la Justice Dupond-Moretti a suggéré de nommer davantage de magistrats dédiés aux contenus haineux en ligne.

La Légion d’honneur à titre posthume

Une marche blanche en hommage à Samuel Paty sera organisée ce mardi soir à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Le professeur recevra aussi la Légion d’honneur à titre posthume et sera fait commandeur des Palmes Académiques. « C’est emblématique parce que c’est l’ordre qui va avec les professeurs, avec le monde de l’éducation », a commenté le ministre Jean-Michel Blanquer sur BFMTV-RMC ce mardi matin.

Coronavirus : le protocole sanitaire pour la rentrée sera rendu public ce mercredi

Une classe, dans une école de Chicago (Etats Unis).

 

Les élèves reprendront le chemin de l’école le mardi 1er septembre, après plusieurs mois de perturbation due à la crise du coronavirus. A une semaine de ce top départ, le ministre de l’Education nationale reçoit les syndicats, avant de rendre public le protocole sanitaire, ce mercredi 26 août.

Pour préparer la rentrée scolaire, prévue le mardi 1er septembre, Jean-Michel Blanquer reçoit toute cette semaine, du lundi au jeudi, les organisations syndicales afin d’affiner les modalités de la reprise masquée pour une grande partie des élèves et des professeurs. Le ministre de l’Education nationale doit rendre public le protocole sanitaire ce mercredi 26 août. Mais, après une première journée de discussions, le lundi 24 août, les syndicats semblent toujours perdus.

« Toujours tout renvoyer au local, c’est une démission du ministère »

Le Snuipp FSU, syndicat majoritaire dans le primaire, a demandé en vain un report de la rentrée de quelques jours, voire d’une semaine, pour adapter le protocole sanitaire aux données actuelles de la pandémie en France. « Mais nous n’avons pas obtenu le non-brassage des groupes d’élèves [des parcours pour éviter que les groupes d’enfants se croisent] que nous demandions, ni le port obligatoire du masque pour les adultes en maternelle », précise Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU.

Selon la porte-parole, des règles particulières pourront être appliquées localement par les préfets et les agences régionales de santé (ARS), selon la situation. Une situation qui irrite parmi les parents d’élèves et les enseignants. « Toujours tout renvoyer au local, c’est une démission du ministère », s’agace Fabienne Bellin, professeur de maths à Versailles (Yvelines), interrogée par Le Parisien.

Pas de masque pour les maternelles et primaires

Ce que l’on sait pour le moment c’est que les élèves devront porter la protection anti-Covid à partir du collège tout le temps et partout en intérieur (en classe, dans les couloirs et à la cantine avant de manger). Les maternelles et les primaires, eux, iront sans masque car jugé inefficace pour des enfants qui ne savent pas toujours bien l’utiliser. Les plus petits pourraient surtout s’étouffer avec ce matériel. Seule exception, si un enfant présente des symptômes, l’école lui mettra un masque en attendant qu’un adulte vienne le chercher.

Parallèlement, l’établissement prévient les familles de ses voisins de classe, et particulièrement les personnes fragiles. Les autorités sanitaires devront ensuite organiser, dans les 48 heures, le dépistage de toutes les personnes contact. En cas d’infection avérée, on pourra fermer ou non l’établissement.

Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, s’est voulu rassurant lundi à l’égard des parents d’élèves du primaire et des maternelles. Selon lui, « Les enfants sont porteurs du virus, mais […] en petite quantité », et « les formes graves chez l’enfant sont exceptionnelles ». Il a ajouté que la contamination se fait plutôt dans le sens adulte-enfant.

Coronavirus : le Conseil scientifique craint une deuxième vague à l’automne

Une femme âgée avec une visière de protection contre le coronavirus.

 

Compte tenu de la flambée des cas dans le monde et un relâchement des gestes barrières en France, le conseil scientifique dit craindre une deuxième vague du coronavirus à l’automne. Mais, elle devrait être différente de la première que nous vivons depuis quatre mois.

La deuxième vague de Covid-19 tant redoutée interviendra-t-elle en Europe ou pas ? Jean-François Delfraissy avoue « de très grandes inquiétudes » dans un entretien donné à l’AFP. Pour le président du conseil scientifique, « beaucoup d’éléments » font penser à un retour du coronavirus en Europe vers « la fin octobre ou le mois de novembre ». Il y a d’abord la flambée des cas dans certaines régions du monde. « On est extrêmement frappé par ce qui se passe dans l’hémisphère sud en ce moment, qui est en hiver austral, indique-t-il. L’épidémie est en train de flamber, en Amérique du Sud, en Afrique du Sud, en Australie, qui vient de confiner Melbourne alors que ce pays était jusqu’à maintenant extrêmement protégé. », note Jean-François Delfraissy.

« Je dis ‘attention, le virus circule encore’ »

Le médecin spécialiste en immunologie regrette ensuite « une perte quasi-complète des mesures de distanciation en France, en particulier chez la population jeune » et un relâchement « des gestes de distanciation sociale ». Or le coronavirus n’a toujours pas dit son dernier mot. « Je dis ‘attention, le virus circule encore’ », lance Jean-François Delfraissy.

Le scientifique souligne que l’été sera « plus simple » que les précédents mois à la seule condition « que les mesures de distanciation sociale se poursuivent et soient appliquées par l’ensemble de nos concitoyens ». A l’inverse, « si nos concitoyens continuent à s’écarter de ces mesures, le risque d’une reprise, un peu différente, avant la fin de l’été reste toujours possible », met-il en garde. Jean-François Delfraissy pense toutefois qu’« on sera évidemment beaucoup plus prêts qu’on ne l’avait été au mois de février. », si une deuxième vague survenait.

Identifier les clusters et casser les chaînes de contamination

Plus tôt le mercredi, le conseil scientifique a fait un « point d’étape » sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus en France, au cours d’une visio-conférence de presse. A cette occasion, Jean-François Delfraissy a rappelé que les épidémies évoluent toujours par vagues, et ne s’arrêtent que lorsque l’immunité collective est importante. Il a donc appelé les Français à continuer de respecter les consignes sanitaires rabâchées depuis des mois (gestes barrières, port du masque, éviter les petits espaces fermés). Le président du conseil scientifique a en outre évoqué la stratégie anti-virus, qui consiste à identifier les clusters et casser rapidement les chaînes de contamination.

Coronavirus : Edouard Philippe a détaillé son plan de déconfinement

Une rue de Paris, capitale de la France.

 

Le Premier ministre Edouard Philippe a détaillé ce jeudi la manière dont la France va progressivement entamer son déconfinement à compter de lundi 11 mai 2020. Il a notamment indiqué que certains régions resteront « rouges » et que la circulation de la population restera limitée dans ces zones-là.

« La levée progressive du confinement peut être engagée. », a déclaré ce jeudi Édouard Philippe au cours d’une conférence de presse avec d’autres ministres de son gouvernement, dont celui de la Santé, Olivier Véran. « Nous allons débuter lundi prochain un processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines, qui va permettre au pays de sortir doucement, mais sûrement du confinement », a dit le Premier ministre. Il a fait savoir que tous les commerces rouvriront à partir du 11 mai (librairies, coiffeurs, etc.) sauf les lieux de convivialité (cafés et restaurants). Le télétravail devra être aussi maintenu partout au maximum, et surtout en Île-de-France. Quant aux rassemblements, ils devront se limiter à 10 personnes jusqu’au 2 juin.

Quatre régions restent en « rouge »

Le plan de déconfinement développé par le gouvernement varie toutefois en fonction des zones géographiques. « Certains départements ont des résultats moins bons qu’espérés », a souligné Édouard Philippe. Ainsi, quatre régions restent en « rouge », à savoir l’Île-de-France, le Grand Est, les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté. Mayotte s’ajoute à cette liste, en raison d’un « nombre de cas qui est faible, mais en augmentation ». Pour ces zones rouges, la circulation sera limitée et il n’y aura pas d’ouverture des collèges, de parcs et de jardins.

Par contre, la circulation pourra être élevée dans les zones vertes : «  S’ils se maintiennent en vert durant les 3 prochaines semaines, nous pourrons envisager une nouvelle étape du déconfinement », avec notamment une réouverture des cafés, bars et restaurants, précise Edouard Philippe. En zone verte, les parcs pourront rouvrir à partir du 11 mai, ainsi que les jardins et les centres commerciaux.

Une attestation de déplacement prévue pour les salariés

Dans les transports en commun, Elisabeth Borne a annoncé des règles très strictes pour « éviter qu’ils ne se transforment en vecteur de diffusion de l’épidémie », surtout en Île-de-France. « Nous invitons les habitants de l’Île-de-France à limiter leurs déplacements au strict nécessaire », a-t-elle martelé. Pour maîtriser le flux d’usagers et éviter les déplacements de loisirs, les entreprises franciliennes devront fournir une attestation de déplacement aux salariés qui ne peuvent pas télétravailler. Par ailleurs, le port du masque sera obligatoire, sous peine de recevoir une amende de 135 euros. Le gouvernement mobilisera 20 000 policiers et gendarmes pour contrôler et verbaliser dans ces transports en commun.

Un million d’élèves reprendront le chemin de l’école dès lundi

Pour sa part, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer assure que « 87 à 90 % des communes ont préparé la rentrée pour la semaine prochaine ». Il concède toutefois qu’il n’y aurait qu’un million d’élèves qui reviendront à l’école d’ici le 11 mai, avec 130 000 professeurs. Parmi les autres mesures inscrites dans le plan de déconfinement figurent la possibilité pour les plages et lacs de rouvrir sur demande des maires, s’ils peuvent « présenter des preuves d’aménagements suffisants pour le respect de la distanciation sociale », et le prolongement de la fermeture des frontières.

Enfin, le secrétaire d’État au Numérique Cédric O a parlé de l’application StopCovid. Il espère qu’elle entrera en phase de béta-test la semaine du 11 mai, pour qu’il puisse y avoir un vote au Parlement. En cas d’adoption, il y aura une mise en place en juin de cet outil numérique de contact tracing, dont les caractéristiques restent encore floues à ce jour.

Réforme des retraites : l’Assemblée adopte le projet après avoir rejeté les motions de censure

Fronton de l'Assemblée nationale française.

 

Sans surprise, l’Assemblée Nationale a rejeté, mardi soir, les deux motions de censure déposées contre le recours au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, adoptée de facto en première lecture. Le texte va maintenant partir au Sénat.

La motion n’a pas recueilli la majorité absolue

On s’y attendait bien ! L’Assemblée Nationale a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites, adoptée de facto en première lecture. La motion de LR a recueilli 148 voix et celle des trois groupes de gauche (PCF, PS et LFI) 91 voix, loin de la majorité absolue de 289 suffrages nécessaires pour faire tomber un gouvernement. Seules les voix favorables à la motion sont comptabilisées.

Le Premier ministre a dénoncé à la tribune les « combines procédurales » maniées par la gauche de la gauche pour faire de « l’obstruction » sur ce projet emblématique visant à créer un système « universel » par points. Samedi, après 13 jours d’un parcours hors norme à l’Assemblée en première lecture, Edouard Philippe avait signé la fin de la partie avec le recours surprise au 49.3. Cet outil constitutionnel permet de faire adopter le texte sans vote, en engageant la responsabilité du gouvernement. Vent debout contre ce recours, LR et les trois groupes de gauche avaient immédiatement déposé leurs motions.

Un « désastre démocratique » pour les communistes

Le chef de file des députés LR Damien Abad a critiqué mardi un « fiasco parlementaire sans précédent » sur une réforme qui fera des Français les « grands perdants ». Défendant la motion de gauche, le communiste André Chassaigne a fustigé, lui, un « désastre démocratique » avec le recours à l’arme « funeste » du 49-3 qui « parachève la chronique du fiasco annoncé de cette réforme ».

Le PS a également attaqué le gouvernement. « Vous avez fracturé le pays », a lancé la socialiste Valérie Rabault, tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI) taclait un 49-3 « décidé sournoisement ». Il a promis la poursuite d’une « guérilla populaire et parlementaire, pacifique ». Quant au RN de Marine Le Pen, il a soutenu la motion de gauche, mais pas celle de droite, pour marquer son opposition au report à 65 ans de l’âge de départ à la retraite.

La majorité rangée derrière le premier ministre

Du côté LREM, on fait évidemment bloc autour d’Edouard Philippe. « La majorité réaffirme son soutien franc et massif au gouvernement », ont déclaré plusieurs « marcheurs » après le rejet des motions. Le premier ministre estime que la réforme relève de « la justice sociale » et que « ceux qui défendent le statu quo […] racontent bien trop souvent des calembredaines ». Il récuse aussi l’idée d’un « coup de force », mais parle plutôt d’un compromis car il aurait fallu « 8 semaines », week-end compris, pour arriver au bout.

La réforme attendue au Sénat en avril

Les députés ont au menu à partir de mercredi le projet de loi organique accompagnant la réforme et objet de 1.800 amendements. La réforme, elle, poursuivra son parcours au Sénat à majorité de droite en avril, avant de revenir à l’Assemblée. Le gouvernement visant toujours une adoption définitive avant l’été. Entre-temps sont attendues les conclusions de la « conférence de financement », dont la CGT et FO ont claqué la porte.

Fusion PSA – FCA : la famille Peugeot veut augmenter sa participation

Logo du groupe PSA.

 

La famille Peugeot, qui détiendra 6,2% du groupe issu du projet de fusion entre PSA et Fiat Chrysler, a l’intention d’exercer dès que possible son option pour acquérir 2,5% supplémentaires, confirme-t-elle dans un entretien publié dimanche par L’Est Républicain.

Les constructeurs français PSA et italo-américain Fiat Chrysler ont annoncé mi-décembre la signature de leur contrat de fusion, pour former le numéro quatre mondial du secteur, avec 8.7 millions de véhicules vendus en 2018. Le trio de tête, en nombre de véhicules vendus, comprend actuellement le groupe allemand Volkswagen, l’alliance franco-japonaise Renault-Nissan-Mitsubishi et le japonais Toyota.

Des clauses prévoyaient cette option

A ce jour, Bpifrance (dans le capital duquel l’Etat français est présent), la famille Peugeot et le Chinois Dongfeng sont actionnaires à hauteur de 12,23% de PSA. Après la fusion à 50/50, leur participation sera réduite de moitié, tout comme celle de l’actionnaire principal de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Exor, la holding de la famille Agnelli-Elkann, qui ne détiendra plus que 14%.

Des clauses prévoient que la famille Peugeot pourra augmenter sa participation dans la nouvelle entité de 2,5% et que BpiFrance pourra céder 2,5%. Et le constructeur français a l’intention d’exercer dès que possible son option pour acquérir ces 2,5% supplémentaires, confirme-t-elle dans un entretien publié dimanche par L’Est Républicain.

L’Etat français n’a pas vocation à rester dans le capital

Jean-Philippe Peugeot, PDG d’Etablissements Peugeot Frères (EPF) a indiqué que l’exercice de cette option est un « objectif majeur » pour le fabricant. « Pour obtenir cette possibilité, la négociation a été complexe. Elle n’était pas gagnée d’avance. Au départ, on parlait d’un standstill, mais on a obtenu une dérogation. Dès qu’on aura la certitude que la fusion ira à son terme, ma famille donnera des signaux favorables », a-t-il précisé.

Le dirigeant juge par ailleurs que l’Etat français n’a pas vocation à rester dans le capital du groupe. « Ma famille le remercie d’avoir été au rendez-vous, en 2013-2014, lorsque PSA était en difficulté, mais il n’a pas vocation, je pense, à être éternellement présent. Il va sans doute rester dans le capital le temps de s’assurer que l’emploi sera durablement préservé », explique-t-il.

Confiant que des usines ne fermeront pas

Jean-Philippe Peugeot estime en revanche peu probable un désengagement total de l’actionnaire chinois Dongfeng, qui a décidé de vendre 30,7 millions de ses actions PSA au constructeur automobile. Sa participation dans le nouvel ensemble tombe ainsi sous les 5%. « Partiellement, peut-être ; totalement, je n’y crois pas du tout”, explique-t-il. “Certes, les performances commerciales de PSA en Chine ne sont pas à la hauteur de nos espérances, mais pour Dongfeng, c’est un épiphénomène au regard de la très longue histoire de la Chine », a-t-il analysé.

Le PDG d’Etablissements Peugeot Frères (EPF) met aussi sa confiance en Carlos Tavares, président du directoire de PSA, pour respecter sa promesse de ne pas fermer d’usine. Il s’est dit en outre confiant sur le franchissement de l’obstacle des autorités de la concurrence américaine et européenne parce que « l’État français et l’Europe ont envie que la fusion aboutisse ».

Etats Unis : l’ancien président de la Fed Paul Volcker est décédé

l'ancien patron de la FED, Paul Volcker, est décédé le dimanche 8 décembre 2019

 

Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED), est mort dimanche à l’âge de 92 ans, à son domicile à New York des suites d’un cancer de la prostate. Cette légende de la finance américaine était connue pour sa rigueur et son pragmatisme à toute épreuve.

« Paul était aussi obstiné qu’il était grand de taille »

Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED), s’est éteint ce dimanche à son domicile à New York, à l’âge de 92 ans. Né dans le New Jersey en 1947, ce petit fils d’immigrés allemands avait présidé la Banque centrale américaine de 1979 à 1987. « Rosalynn et moi sommes profondément attristés d’apprendre le décès de Paul Volcker, dont la perspicacité économique a fait un géant de la fonction publique. Paul était aussi obstiné qu’il était grand de taille, et même si certaines de ses politiques en tant que président de la Fed ont été politiquement coûteuses, c’était la bonne chose à faire », a écrit ce lundi l’ancien président Jimmy Carter, qui a fait les frais du pragmatisme de Volcker.

L’inflation est passée de 14% en 1980 à 3% en 1983

Avec une silhouette à la De Gaulle et un humour pince-sans-rire, Paul Volcker se fit d’abord remarquer en 1971 lorsqu’il était au Trésor où il concocta l’abandon américain de l’étalon or. Il atterrit ensuite à la Banque centrale américaine de 1979 à 1987 où il est parvenu à juguler une inflation galopante. Cet adepte de la rigueur avait engagé une thérapie de choc en relevant jusqu’à 22% les taux d’intérêt de l’institution, pour endiguer l’emballement des prix. À titre de comparaison, ils sont à 1,75% aujourd’hui et l’inflation autour de 2%. Cette politique inflexible a payé, l’inflation passant de 14% en 1980 à 3% en 1983. Mais elle coûtera aussi, avec la crise des otages de l’ambassade américaine en Iran, sa réélection à Jimmy Carter.

Le « Volcker Shock » en héritage

Paul Volcker est revenu sur le devant de la scène avec l’élection de Barack Obama en 2008. Nommé conseiller après la crise financière, il a mis en place la règle bancaire qui porte aujourd’hui son nom (« Volcker Shock »). Elle avait pour objectif de dissuader les banques de spéculer pour leur propre compte et d’éviter ainsi une répétition de la catastrophe des « subprimes » qui a mis l’économie américaine à genoux.

Etats Unis-Chine : après le conflit commercial et technologique, vont-ils se livrer une guerre dans la finance ?

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jin Ping

 

Engagés dans un conflit commercial et technologique depuis plusieurs mois, les Etats Unis et la Chine vont-ils ouvrir un nouveau front dans la finance ?

Une rumeur qui fait trembler les investisseurs

Selon le New York Times l’administration Trump étudierait la possibilité de restreindre les investissements américains en Chine et d’interdire aux sociétés chinoises d’être cotées sur les Bourses américaines. Il s’agit notamment de Baidu – le Google de l’Empire du Milieu – et d’Alibaba – l’Amazon chinois. « Après les tarifs douaniers, la confrontation technologique avec l’épisode Huawei, et les enjeux stratégiques (mer de Chine, terres rares), l’affrontement sino-américain pourrait prendre une dimension financière sans précédent », relève Laurent Schwartz, directeur du Comptoir National de l’Or, spécialiste de l’or d’investissement et de l’expertise de bijoux, cité par le quotidien financier.

« Cette nouvelle a été démentie par le secrétariat au trésor, qui affirme ne pas envisager ces mesures ‘pour l’instant », rassure Laurent Schwartz. Mais, justement, « C’est ce ‘pour l’instant’ qui fait trembler les investisseurs en actions, avec des titres chinois cotés à Wall Street, comme Alibaba, qui ont décroché de plus de 5% vendredi dernier », nuance l’analyste.

La Chine a une carte à jouer

Comme Laurent Schwartz, la plus part des experts du New York Stock Exchange, se demandent si l’administration américaine ne perd pas la tête. « Est-il vraiment opportun de porter la confrontation sur ce terrain, sachant que la Chine détient plus de 1.000 milliards de bons du trésor américain ? », s’interroge l’expert. En effet, dans ce bras de fer qui promet d’être fatal, la Chine dispose de « l’arme nucléaire », à savoir ses colossales réserves de change en obligations d’Etat américaines. Si elle décidait aujourd’hui d’effectuer des ventes massives de titres, les taux d’intérêt à long terme pourraient remonter aux Etats-Unis… Un scenario qui n’arrangerait pas Donald Trump et son administration, abonnés à la surenchère. Justement, Washington compte sur l’effet boomerang, ayant déjà évalué qu’il encaisserait le moindre mal (une prise de risques dangereuse).

« L’arme nucléaire ne devrait être utilisée qu’en dernier recours »

Cette arme nucléaire est à double tranchant, puisqu’en vendant massivement des titres, la Chine verrait la valeur de son trésor de guerre chuter du fait de la baisse des cours de ses obligations souveraines. Dans le même temps, le dollar se déprécierait face au yuan, rendant ainsi les exportations chinoises moins compétitives. C’est pour toutes ces raisons qu’une telle carte ne devrait pas sortir dans le jeu de poker sino-américain. « L’arme des ventes massives d’emprunts d’Etat américains ne devrait être utilisé qu’en dernier recours par la Chine, car elle aurait l’inconvénient de déprécier le dollar face au yuan, ce qui rendrait les produits de l’Empire du milieu encore moins compétitifs. Et ce, alors que les taxes américaines sur les importations de produits chinois rendent déjà ces derniers moins concurrentiels… L’arme des ventes massives de bons du Trésor serait donc contre-productive pour Pékin, dans un contexte de guerre commerciale », souligne Philippe Berthelot, co-directeur de la gestion obligations chez Ostrum Asset Management.

LVMH : le leader du luxe teste un programme d’optimisation de livraison

Un défilé de mode de LVMH

 

LVMH teste aux Etats Unis un programme d’optimisation de livraison grâce à l’unification des stocks. Cette innovation est confiée à la société toulousaine OneStock, qui a intégré en septembre dernier la Maison des Start-up, la 3e promotion du programme d’accélération du leader mondial du luxe.

Le fleuron du luxe LVMH mène un programme pilote aux Etats-Unis pour améliorer ses délais de livraison grâce à l’unification des stocks en temps réel. Cette tâche est confiée à la société toulousaine OneStock, qui a intégré, le 16 septembre dernier, aux côtés de 25 autres jeunes pousses, la Maison des Start-up LVMH, le programme d’accélération de LVMH.

La startup facilite la gestion des stocks et enrichit l’expérience client

OneStock a mis au point un OMS (Order Management System), dont l’une des dernières fonctionnalités, baptisée Delivery Promise, permet aux marques d’interroger les stocks d’articles disponibles en temps réel. Jusqu’ici, la startup toulousaine n’utilisait son module qu’avec des enseignes comme Intersport, Camaïeu, Truffaut, Jules, Brice, Orchestra, Pimkie ou encore Ted Baker. C’est la première fois qu’elle le met au service d’une marque de mode. Il a donc failli l’enrichir de nouvelles fonctionnalités pour répondre aux spécificités de ce secteur.

L’OMS permet par exemple d’afficher de façon dynamique, à un internaute qui visite la page produit, l’état du stock ainsi que les différentes options de livraison en fonction des articles sélectionnés. L’internaute est également informé du temps qu’il lui reste pour profiter d’une promesse de livraison, du mode de transport proposé en fonction du délai de livraison, du coût et de l’empreinte carbone. En backoffice, des algorithmes interrogent les positions des stocks en temps réel afin de fournir le site le mieux placer pour expédier la commande.

« LVMH fait figure de précurseur »

Grâce à cette unification des stocks en temps réel, Onestock permet au client d’accéder à toute la collection quel que soit le canal de vente choisi, en ligne comme en boutique. Pour Jérôme Piccolin, Sales Director de OneStock, « LVMH fait figure de précurseur dans un marché en pleine transformation digitale et toujours très soucieux d’offrir une expérience client unique ». Laetitia Roche-Grenet, LVMH Business Synergies Director, explique que « Certains sujets sont particulièrement pertinents pour le luxe ». Ce sont notamment « La personnalisation de l’expérience-client » et de « l’expérience in-store », que le groupe de luxe français souhaite « rendre exceptionnelle, et « l’amélioration des services autour de l’e-commerce ».

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