Johnson & Johnson se cherche un second souffle

L’entreprise centenaire spécialisée dans les soins de santé va séparer sa branche pharmaceutique de celle dédiée aux produits de grande consommation. Elle s’inscrit dans une tendance consistant pour les vieux conglomérats à promouvoir leur poule aux œufs d’or afin de séduire le marché.

C’est un changement majeur dans l’histoire de Johnson & Johnson (J&J). Après plus de 130 ans d’histoires jalonnées d’autant de succès que de couacs, l’entreprise américaine a décidé, vendredi 12 novembre, de se scinder en deux groupes distincts. Il devrait y avoir au terme du processus dont la durée a été estimée à deux ans au maximum, deux sociétés certes dépendantes de la même maison-mère, mais promouvant différentes activités.

Il s’agit d’un côté des produits de grande consommation tels que les pansements et les crèmes corporels ; et de l’autre, des produits pharmaceutiques et des matériels médicaux, dont le vaccin. La société prévue pour ces derniers produits va garder la dénomination Johnson & Johnson, selon l’annonce de la firme basée dans le New Jersey.

Se décharger des poids morts

Le patron de l’entreprise, Alex Gorsky, plaide une volonté de transformation destinée à servir convenablement les consommateurs pour justifier ce morcellement nouveau, mais pas du tout inédit dans l’univers des mastodontes à travers le monde. D’ailleurs, deux autres géants industriels, dont General Electric et Toshiba annonçaient leur intention d’emprunter la même voie que J&J la semaine écoulée. Il y a quelques années, Pfizer, Merck et GSK entre autres annonçaient également la division de certaines de leurs activités respectives.

La tendance qui s’empare de plus en plus des grandes entités cotées en bourse s’explique, à en croire les spécialistes, dans une stratégie globale destinée à rassurer les marchés qui, faut-il le rappeler, n’ont d’intérêts que pour les moteurs de croissance. De fait, les poids morts sont, à défaut d’être tout simplement sacrifiés, quelque peu délaissés par les conglomérats. Avec l’objectif de mettre en avant leur vache à lait.

Réussites et déboires

Dans le cas de J&J, la manœuvre consistera à faire en sorte que les lumières soient davantage braquées sur sa branche pharmaceutique, désormais son principal atout. En témoignent les 77 milliards de dollars de chiffre d’affaires qui y sont attendus cette année. C’est cinq fois moins que les résultats de l’autre groupe à naître. Et pourtant, ses produits grand public dont les pansements notamment, ont longtemps constitué un motif de fierté pour l’entreprise. Jusqu’à l’éclatement ces dernières années de scandales concernant la dangerosité de son talc pour bébé et de ses opiacés analgésiques entre autres.

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