L’économie réunionnaise paralysée

Alors que l’on vit le dixième jour de mobilisation des gilets jaunes à la Réunion, l’île est paralysée. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a assuré une baisse immédiate du prix des carburants pour tenter de stopper la colère. Elle a également annoncé se rendre sur place mercredi.

Le mouvement ne faiblit pas et ses conséquences commencent à se faire ressentir avec des rayons de commerces qui se vident. Une partie des grandes surfaces mais aussi des stations-essences sont fermées ou bloquées. D’après la chaine de télévision Réunion la 1ére, au moins quarante barrages sont en place sur l’île ce lundi. Depuis quelques jours un couvre-feu a été mis en place à cause de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les gilets jaunes.

« L’Île de la Réunion est en arrêt total, toute l’économie est bloquée » assure au Figaro Nadia Ramassamy, députée Les Républicains de la 6ème circonscription de La Réunion. La députée explique que « les gilets jaunes bloquent l’entrée des grandes surfaces et font pression pour que les commerçants ferment » ce qui provoque un début de tension sur l’approvisionnement. Certains produits de première nécessité, comme le riz ou la viande, sont introuvables, précise Nadia Ramassamy, qui explique que l’Île de la Réunion « importe la plupart de ses produits ». Elle déclare également que « les agriculteurs ne peuvent même plus nourrir leurs animaux ou écouler leurs viandes ».

La situation donne de grandes inquiétudes à Bernard Stalter, président du réseau français des chambres de métiers et de l’artisanat. « L’île de la Réunion est le département le plus touché par les ‘gilets jaunes’. J’ai eu énormément de retours d’artisans – bouchers, charcutiers, boulangers, coiffeurs -, et ils souffrent énormément. La situation est catastrophique ».

 

Les Gilets Jaunes misent tout sur les raffineries

Après la mobilisation de ce week-end qui a rassemblé au moins 240.000 personnes samedi sur 2.000 points de rassemblements, les Gilets Jaunes se sont heurtés à la fin de non-recevoir d’Edouard Philippe qui assuré maintenir le cap de la politique fiscale du gouvernement. En réaction, bloquer les raffineries devrait être leur nouvel objectif afin de paralyser l’économie du pays pour forcer la majorité à céder.

La nouvelle méthode pourrait bien faire reculer le gouvernement. En 2016, la CGT avait organisé la panne sèche du pays et les forces de l’ordre avaient dû reprendre une par une les raffineries. Ce matin, cinq dépôts étaient totalement bloqués :  les dépôts de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, de Portes-lès-Valence, dans la Drôme, de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, de Port de la Palice-La Rochelle, et de Lespinasse, près de Toulouse.

D’après un représentant des Gilets Jaunes, il y aurait en réalité plus de dépôts bloqués, au moins une dizaine. Il assume la nouvelle stratégie : « On veut désormais bloquer les raffineries et les dépôts industriels pour avoir un impact économique ». D’autres objectifs sont bloqués comme des péages ou des ronds-points. Laëtitia Dewalle, représentante des Gilets Jaunes dans le Val-d’Oise, assument également le blocage de ces points économiques importants et mise sur la convergence des forces : « Un changement de stratégie ? Non, nous maintenons nous aussi le cap, et avec fermeté. On avait dit que des routiers nous rejoindraient, ainsi que des agriculteurs, tout ça est en train de se mettre en place ».

Sur BFMTV, l’éditorialiste économique Nicolas Doze confirme l’intérêt de la stratégie : « Il est certain que c’est en bloquant ce type de sites que vous paralysez le pays, que vous provoquez des pénuries et des files d’attente devant les stations, c’est très très efficace ».