Challenges dévoile le classement des 500 plus grandes fortunes de France en 2022

Le classement très attendu des 500 plus grandes fortunes professionnelles vient de paraître chez Challenges. Avec un montant cumulé qui dépasse la barre symbolique des 1 000 milliards d’euros, le palmarès 2022 témoigne de l’étonnante vitalité de l’économie française, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et du patrimoine. Côté start-up c’est même l’euphorie. Précisions.

Jeudi 7 juillet, le magazine économique Challenges a publié son 27ème classement des 500 plus grandes fortunes françaises. Un chiffre marque cette édition 2022 :  1 002 milliards d’euros. Il s’agit tout simplement des patrimoines professionnels cumulés, en hausse de 5% par rapport au classement de 2021. Après deux années impactées par la pandémie, cette augmentation témoigne du dynamisme de l’économie française.

Une augmentation d’autant plus remarquable après deux années impactées par la crise de la Covid-19. Même les secteurs les plus touchés ont rebondi, notamment celui de l’hôtellerie qui a montré beaucoup de résilience. Depuis mars, les hôtels font le plein. Pour Didier Ferré (900 millions), à la tête d’un des plus gros franchisés Accor, « c’est comme si tous les Français avaient soudain été pris d’envie de dépenser ». De quoi se montrer optimiste vis-à-vis de la future valorisation du secteur. « C’est inattendu, mais la crise du Covid a démultiplié l’intérêt pour l’investissement hôtelier », poursuit le directeur général de Covivio Hotels Tugdual Millet.

C’est également le cas côté patrimonial « Il y a eu un regain d’intérêt pour les actifs réels, comme l’immobilier ou les infrastructures, qui offrent des rendements qui protègent de l’inflation », souligne Vincent Manuel, directeur des investissements à Indosuez Wealth Management.

Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans le palmarès des 500 fortunes françaises de nombreux acteurs majeurs issus de ces secteurs d’activité. On peut notamment citer Patrice Pichet, Pdg du groupe immobilier familial Pichet, qui, avec une fortune professionnelle s’élevant à 1,5 milliards d’euros, occupe la 75ème place du classement.

Patrice Pichet est à la tête d’un groupe (Volume d’activité : 1,5 milliard) bâti autour de la promotion immobilière, du métier d’administration de bien, d’une foncière (126 000 m2), d’hôtellerie (3 900 chambres) et de vignobles dont le Château Les Carmes Haut-Brion. En un an, le groupe a réussi à gravir deux places et à augmenter sa fortune de 200 millions d’euros.

La classement Challenges illustre également la percée des start-upers. Pas moins de 34 fondateurs et actionnaires de licornes, ces start-ups non cotées valorisées à plus d’un milliard de dollars, font partie du palmarès. Leur âge moyen est de 34 ans et leur fortune cumulée ressort à 22 milliards d’euros. Une preuve de plus que les entreprises du monde de la tech connaissent une croissance fulgurante dans le pays.

Réduction de la dépense publique : Bruno Le Maire propose de créer une «task force»

Bruno Le Maire a annoncé dimanche qu’il confierait aux législateurs le soin de lui adresser des propositions de réduction des dépenses publiques, 72 heures après que la Cour des comptes a mis en garde contre la dégradation des finances publiques. Le ministre de l’Économie veut organiser dès la rentrée, une « conférence des finances publiques » qui réunira parlementaires et administrateurs pour « définir les grandes options de la politique publique française ».

 « Je propose que nous changions radicalement de méthode pour réduire les dépenses de l’État », a indiqué le ministre des Finances à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

Dans son dernier rapport sur l’état des finances publiques, publié jeudi, la Cour des comptes s’est inquiétée des milliards de nouvelles dépenses engagées par le gouvernement cette semaine pour soutenir les ménages et les entreprises en raison de la forte inflation. Avec un déficit public estimé à 6,4 % du PIB et une dette à 112,5 % de la richesse nationale fin 2021, les magistrats financiers de la rue Cambon, ont révélé que celles-ci « vont venir détériorer le déficit 2022 par rapport au scénario de la loi de finances initiales ». Cette loi prévoyait un déficit à 5 % du PIB fin 2022. Un objectif récemment confirmé par le gouvernement, mais soumis à de « nombreux aléas ».

Pour remettre les « comptes en marche », le budget 2023 doit être l’occasion d’une révision à la baisse des dépenses de la France. Invité aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué qu’il était indispensable de rétablir les finances publiques.

« L’inflation démultiplie la charge de la dette (…). Chaque euro compte, et tout n’est pas possible financièrement, je préfère le dire aussi clairement que cela avant que nous examinions le texte sur le pouvoir d’achat », a lancé Bruno Le Maire, avant de proposer de nouvelles voies. Selon le ministre de l’Économie, il s’agira de constituer une « task force » au Parlement, pour que « ce soit les parlementaires qui se saisissent du sujet, et plus le gouvernement ». Cette équipe devra « repenser en profondeur la dépense publique », afin de s’interroger sur les choix d’utilisation des deniers publics et de couper les financements là où ils ne seraient plus justifiés. « Je leur passe le ballon et je leur demande de me faire des propositions sur ce sujet », a-t-il confié aux députés. D’ajouter Bruno Le Maire « considère que les seuls qui ont la légitimité pour faire ce travail, ce sont les députés et les sénateurs ». Ce discours intervient au moment où de nombreuses voix alertent sur l’état des comptes publics après deux années de crise.

Le gouvernement, de son côté, a garanti que les nouvelles dépenses seraient compensées par des recettes fiscales dynamiques. Rassurant que son propre paquet est financé par des recettes plus importantes que prévu. 

Cryptomonnaie, le sport pour convertir les masses ?

Les devises virtuelles bien qu’enregistrant de nouveaux adeptes chaque jour, sont toujours en proie à l’hostilité des pouvoirs publics. Mais cela pourrait très vite changer grâce au concours du monde sportif.

Le bitcoin est désormais une monnaie légale au Salvador, MasterCard après Visa et PayPal, envisage de l’accepter pour ses transactions. Chaque nouveau jour avec son lot de nouveaux adhérents aux cryptomonnaies. Et pourtant, la perspective d’user d’une monnaie numérique au même titre que celle fiduciaire, reste encore très peu admise, voire exécrée par une large partie des gouvernants. De Paris à Washington, sans oublier Londres ou encore Bruxelles, la crainte vis-à-vis des devises virtuelles reste la même : une trop grande volatilité couplée à un manque de régulation préjudiciable au fonctionnement de l’économie, selon ses détracteurs. D’où le haro régulièrement lancé contre les acteurs du secteur dans les cercles décisionnaires.

Pour autant, les adeptes des cryptomonnaies ne désarment pas. Convaincus de tenir à travers ces devises numériques le moyen d’échange de demain, les crypto-fans rivalisent d’initiatives pour tenter de rallier le plus de monde possible à leur cause. À cet égard, l’univers du sport semble constituer pour eux un tremplin. C’est en tout cas ce que démontre la tendance en cours depuis quelques années.

La crypto à la mode

Au football, Lionel Messi vient de se voir rémunérer avec des fans tokens de Socios, entreprise émettrice de ces devises numériques spécialement dédiées aux fans du sport. Le même Socios est également présent sur les maillots des équipes comme la Juventus Turin ou Watford. En Italie, crypto.com vient d’être plébiscité parmi les sponsors officiels de la ligue de football. Aux États-Unis, la firme FTX totalise à elle seule des accords publicitaires d’un montant de 360 millions de dollars dans des domaines aussi variés que le basketball, le baseball et le esport.

Progressivement, les cryptomonnaies s’emparent d’un monde sportif jamais en marge d’une opportunité de se faire de l’argent. L’addiction de cet univers friand des gros investissements aux jeux d’argent en est une illustration. Les acteurs du sport sont toujours prêts à s’engager pour peu qu’il y ait au bout une promesse de gains. Et les ressources financières ne sont pas un problème pour les investisseurs en cryptodevises.  Ce dont ils ont besoin eux, c’est d’arriver à élargir suffisamment leur base afin que les monnaies virtuelles poursuivent leur trajectoire ascendante de ces derniers mois. Il naît dès lors un mariage de raison entre les deux acteurs. Jusqu’à quand ?

L’Ether atteint pour la première fois les 3 000 $ tandis que la domination du Bitcoin recule

Dans la nuit du dimanche au lundi 3 mai (heure française), la crypto monnaie Ethereum plus communément appelée l’Ether a franchi pour la première fois le seuil des 3 000 $ de valeur sur son cours. Cette crypto monnaie, co-fondée par le programmeur russo-canadien Vitalik Buterin servant dans un premier temps d’alternative au Bitcoin, devient aujourd’hui son principal concurrent sur le marché des monnaies décentralisées.

L’Ethereum, fondé en juillet 2015, atteint, bientôt six ans plus tard, près de 300 milliards de capitalisation boursière. L’Ether est un protocole d’échanges totalement décentralisés permettant la formation de contrats intelligents. Ces contrats sont informatiques et remplissent seuls la rédaction des clauses contractuelles sans intervention humaine. Ces contrats intelligents sont alors valorisés par un montant d’Ether et se revendent. C’est donc au début du mois de mai que l’Ether est parvenu à se classer au deuxième rang du marché des crypto-monnaies derrière le Bitcoin. Celui-ci est encore loin devant mais a perdu récemment une part de son écrasante domination sur le marché.

En effet, cet évènement renforce la tendance actuelle d’un certain tassement du marché des cryptos-monnaies pendant ce mois d’avril après le nouveau record du Bitcoin atteignant un cours supérieur à 60 000 € pour la première fois.

Selon la plateforme Coinbase Global Inc. aux États-Unis, le mois d’avril enregistre une augmentation significative du nombre d’investisseurs sur le marché des crypto-monnaies. Et ce, malgré les risques qu’il représente en raison de la volatilité des cours.

Une augmentation laissant miroiter un autre gagnant sur le marché des cryptos

Ce passage au seuil des 3 000 $ pour le cours de l’Ether laisse à penser que le Bitcoin n’est dorénavant plus le seul vrai gagnant du marché des cryptos-monnaies. Cette augmentation suit une tendance actuelle qui montre que plusieurs cryptos se développent de plus en plus sur le marché et font parler d’elles. Nous pouvons citer l’exemple amusant du Dogecoin. Cette monnaie, partant d’une blague et ne valant strictement rien en premier lieu, a vu en avril, sa valeur marchande multipliée par deux en une semaine, atteignant ainsi les 40 milliards de capitalisation boursière.

Cette montée significative de plusieurs crypto-monnaies en ce début d’année 2021 a fait alors baisser la part du Bitcoin sur le marché total des cryptos. La monnaie virtuelle, passant de 70% en début d’année à 46% de parts de marché. Au même moment, l’Ether lui, arrive à capitaliser 15% de la valeur totale du marché.

L’Ethereum occupe donc aujourd’hui le devant de la scène faisant pour un temps de l’ombre au géant qu’est le Bitcoin. Une concurrence grandissante qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Selon l’Evercore ISI, l’Ether pourrait continuer son ascension jusqu’aux 3 900$ prochainement.

 

C’est la guerre entre Veolia et Suez

L’entreprise dirigée par Antoine Frérot a lancé dimanche soir, une offre publique d’achat (OPA) hostile de 7,9 milliards d’euros afin d’acquérir le reste des actions qui lui manquent pour racheter définitivement son concurrent. Au grand dam du gouvernement français qui appelle les deux parties à la table de négociation.

Entre Veolia et Suez, la bataille fait rage. C’est un combat sur le ring où les adversaires ont décidé de se rendre coups pour coups à un rythme effréné. Décidée à s’emparer de Suez, Veolia est passée dimanche soir à l’attaque, en annonçant une OPA hostile de 7,9 milliards d’euros à l’endroit de son concurrent. La réussite d’une telle opération verrait le groupe d’Antoine Frérot devenir seul détenteur de la majorité des actions de Suez. Mais cette dernière ne compte pas se laisser absorber aussi facilement puisqu’elle a porté l’affaire devant la justice. Bertrand Camus, directeur général de Suez soutient que cette OPA est en contradiction avec l’accord d’amicalité passé entre les deux entreprises en octobre dernier. Veolia qui venait de racheter 29,9% du capital de Suez à Engie, avait en effet promis laisser place à une conciliation amicale dans les négociations de rachat. Mais cet accord n’aurait pas été respecté par Suez, selon son concurrent. Antoine Frérot accuse notamment le leader mondial de la gestion de l’eau d’avoir usé de dilatoires. Il estime par ailleurs que Suez manœuvre avec Ardian et GIP pour faire capoter son offre. Des accusations rejetées par cette dernière qui a saisi la justice contre l’OPA.

OPA suspendue

Et une première sentence est tombée ce lundi. Le tribunal de commerce de Nanterre a en effet ordonné à Veolia de suspendre son OPA, le temps d’en savoir plus sur les conditions de mise en place de l’accord d’amicalité et s’il a été effectivement violé. En tout cas, l’État lui, a déjà une position toute tranchée sur l’affaire. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, estime en effet que l’initiative de Veolia n’est pas du tout amicale. « Elle contrevient à l’accord convenu et est précipitée », relève Bercy, qui a annoncé son intention de saisir l’Autorité des marchés financiers. Bruno Le Maire appelle par ailleurs les deux industriels à privilégier la négociation et l’intérêt général. Un message d’autant plus significatif que l’État, actionnaire d’Engie, s’était opposé à la cession des parts détenues par le groupe énergétique au sein de Suez à Veolia.

Suez s’oppose depuis plusieurs mois aux tentatives de rachat de Veolia, soupçonnée par les syndicats notamment de vouloir opérer une casse sociale.

Bourse : la valeur de Tesla fond malgré une nouvelle promesse d’Elon Musk

Le Logo de Tesla sur fond rouge.

 

En dépit d’une nouvelle promesse faite au cours de sa Battery Day, mardi 22 septembre, Elon Musk a vu la valeur marchande de Tesla chuter de 20 milliards de dollars. Les investisseurs étant restés sur leur faim après ses annonces.

« Il n’y avait rien de tangible » dans ses annonces

Le Battery Day d’Elon Musk n’a pas porté ses fruits. Mardi 22 septembre, le patron de Tesla était attendu pour des annonces sur l’évolution techniques des batteries des voitures de sa société. Pendant qu’il parlait lors d’une intervention diffusée en direct sur le web, la capitalisation boursière de son entreprise a chuté de 20 milliards de dollars en seulement deux heures après la clôture des marchés. Selon Reuters, le titre a clôturé en retrait de 5,6% et a continué de reculer, de 6,9%, dans les échanges d’après-Bourse. « Rien de ce dont Musk a parlé à propos des batteries n’est acquis. Il n’y avait rien de tangible », a commenté Craig Irwin, analyste chez Roth Capital Partners.

En effet, les investisseurs s’attendaient à deux annonces importantes au cours de ce rendez-vous : d’une part le développement d’une batterie d’une durée de vie de 10 ans ou plus ; d’autre part l’objectif spécifique de réduction des coûts censé permettre d’abaisser enfin le prix de vente d’un véhicule électrique à un niveau inférieur à celui d’une voiture à essence. Elon Musk n’a annoncé ni l’un ni l’autre. Il a plutôt promis de réduire de moitié les coûts des batteries d’ici plusieurs années grâce à une nouvelle technologie et ainsi proposer une voiture électrique « abordable ».

Une voiture à 25.000 dollars d’ici à 2023

Tesla souhaite par exemple transformer la batterie en élément structurel de la voiture de façon à réduire son poids. L’entreprise voudrait aussi se passer du cobalt, un métal rare coûteux qui lui a déjà valu des critiques de la part d’organisations de défense des droits de l’homme concernant son extraction au Congo. « Dans trois ans (…) nous pourrons produire une voiture à 25.000 dollars qui sera fondamentalement comparable, ou peut-être même un peu meilleure, qu’une voiture à essence similaire », assure Elon Musk. Le véhicule présenté serait également complètement autonome. Aujourd’hui, le best-seller Model 3 se vend à partir de 37 990 dollars (32 500 euros).

Par ailleurs, Elon Musk a admis que le constructeur n’avait pas encore finalisé la conception de sa nouvelle batterie, entre autres. Ce qui n’étonne pas. Tesla a régulièrement manqué les objectifs de production fixés par son fondateur.

30 milliards d’euros : le plan de Bruno Le Maire pour la transition écologique

Relance écologie France Bruno Le Maire

Dans un document paru au journal du Dimanche (JDD), le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a annoncé voiloir mettre en place un plan de 30 milliards d’euros visant à relancer l’économie et poursuivre la transition écologique. Selon lui, ce plan viserait à développer trois secteurs, qui sont la rénovation énergétique, les transports et l’énergie.

Investir rapidement dans la transition écologique

Alors que le plan complet visant à relancer l’économie à la suite de la crise du coronavirus ne doit être présenté que le 24 aout prochain, le gouvernement commence déjà à dévoiler certaines mesures phares. Dans le Journal du Dimanche, Bruno Le Maire a indiqué que trente milliards d’euros devraient être destinés au budget de la transition écologique. Il s’agit, selon lui, de dix milliards d’euros supplémentaires que dans le plan initialement prévu mi-juillet. « Avec (la ministre de la Transition écologique) Barbara Pompili, nous proposons de consacrer 30 milliards d’euros sur les 100 milliards prévus aux investissements dans la transition écologique« , a-t-il expliqué.

« Nous veillerons à ce que toutes les décisions de relance favorisent un nouveau modèle de croissance fondé sur la décarbonation, la sobriété énergétique et les innovations vertes. Le plan de relance sera un plan vert« , poursuit Bruno Le Maire, qui espère voir la France devenir un cador européen de la transition écologique.

L’objectif affiché : faire baisser les émissions de gaz à effet de serre

Lors de l’entretien accordé au Journal du Dimanche, le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance a expliqué que le baisse des émissions de CO2 étaient l’une des priorités de la transition écologique : « Nous avons une trajectoire de baisse de 30% des émissions de CO2 sur dix ans pour notre industrie. Cette trajectoire est hors de portée pour le moment. Pour respecter cet objectif, nous allons aider les sites industriels les plus polluants à réduire leurs émissions. Nous fournirons une première liste de ces sites fin août« .

 

Coronavirus : l’Assemblée examine un nouveau budget de crise ce lundi

Palais du Bourbon, siège de l'Assemblée nationale.

 

Les députés examinent à partir de lundi un troisième budget rectifié face à la crise du coronavirus, en soutien au tourisme, à l’automobile ou l’aéronautique. Il y aura en débat les contreparties écologiques et sociales, selon le quotidien La Tribune.

Ce lundi 29 juin 2020, l’Assemblée national examine un nouveau budget de crise face à la crise inédite du coronavirus, en soutien au tourisme, à l’automobile ou l’aéronautique, avec en débat les contreparties écologiques et sociales. Le projet de loi, au menu de l’Assemblée toute la semaine et objet de plus de 2.000 amendements, table sur une récession historique de 11% du PIB en 2020, un déficit qui se creuse encore (11,4%) et une dette publique qui gonfle à 120,9% du PIB. Et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire anticipe la suppression de 800.000 emplois dans les prochains mois.

460 milliards d’euros prévus

Ce troisième projet de loi de finances rectificative (PLFR 3) prévoit des plans de soutien et d’urgence sectoriels : 18 milliards d’euros pour le secteur du tourisme, l’un des plus affectés par le confinement, 15 milliards d’euros de soutien à l’aéronautique ou les 8 milliards du plan automobile. Il doit aussi entériner un soutien de 4,5 milliards d’euros de l’Etat aux collectivités, au moment où leurs recettes fondent avec la crise. Pour les secteurs les plus touchés, le gouvernement débloque environ 45 milliards d’euros. Et il revendique depuis le début de la crise un soutien total de 460 milliards d’euros, en prenant en compte les prêts ou les simples garanties de l’Etat.

Un quatrième budget rectifié en septembre

Une quarantaine de députés, notamment de la majorité, réclament en outre d’intégrer dès ce PLFR 3 certaines mesures législatives proposées par la Convention citoyenne pour le climat. Face à la crise du secteur du bâtiment, un amendement du gouvernement devrait d’ailleurs faire débat au plan environnemental : il souhaite reporter d’un an la suppression d’un avantage fiscal sur le gazole non routier (GNR).

Ce troisième budget rectifié sera par ailleurs l’occasion pour l’opposition de gauche de revenir à la charge pour le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune. La secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher a déjà évoqué pour septembre la présentation d’un quatrième budget rectifié, qui pourrait intégrer des mesures plus vastes de relance.

Confinement : 120 milliards d’euros « détruits » pour l’économie française

Coronavirus économie France relance

Alors que la France en arrive à la moitié de son second mois de confinement, l’Observatoire français des conjonctures économiques, l’OFCE craint que cette période de gel économique ne se traduise par une perte nette de 120 milliards d’euros pour l’économie française.

Un PIB réduit de 32% pendant deux mois

Dans le scénario de la reprise la plus rapide possible de l’économie, à savoir un confinement de seulement huit semaines, devrait engendrer une perte de 120 milliards d’euros pour l’activité économique du pays. En comparaison par rapport aux résultats attendus, une telle baisse signifie une amputation de 32% du PIB sur la période de confinement. Sur l’année, cela constitue un recul de près de 5 points.

Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, les deux tiers de la baisse de revenu national seraient absorbés par les administrations publiques à travers la hausse du déficit. Cependant, tout n’est pas à charge de l’État et l’OFCE craint que le tiers restant ne soit à charge des entreprises. Selon leur étude, un tel passage à vide dans les finances d’une société « pose la question du rebond après l’épisode de confinement« . En effet, de nombreuses entreprises risquent de ne pas pouvoir résister à une telle pression financière de sortie de crise.

L’épargne forcée : l’inconnue de cette sortie de crise

Pour les économistes, la sortie de la crise dépendra en grande partie de la capacité des ménages à relancer l’économie. En effet, au cours de cette période de confinement, la consommation des ménages a diminué et beaucoup se retrouvent avec une épargne « forcée ». Cette somme s’élèverait à 55 milliards d’euros et d’après les estimations, si elle venait à être dépensée complètement par les ménages, l’impact du confinement sur le PIB pourrait être en partie rattrapé. Ainsi, l’impact annuel sur le Produit Intérieur Brut du pays ne serait plus aussi important et se limiterait à 20 milliards d’euros, ce qui correspond à 0,9 points de PIB…

Réforme des retraites : l’Assemblée adopte le projet après avoir rejeté les motions de censure

Fronton de l'Assemblée nationale française.

 

Sans surprise, l’Assemblée Nationale a rejeté, mardi soir, les deux motions de censure déposées contre le recours au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, adoptée de facto en première lecture. Le texte va maintenant partir au Sénat.

La motion n’a pas recueilli la majorité absolue

On s’y attendait bien ! L’Assemblée Nationale a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites, adoptée de facto en première lecture. La motion de LR a recueilli 148 voix et celle des trois groupes de gauche (PCF, PS et LFI) 91 voix, loin de la majorité absolue de 289 suffrages nécessaires pour faire tomber un gouvernement. Seules les voix favorables à la motion sont comptabilisées.

Le Premier ministre a dénoncé à la tribune les « combines procédurales » maniées par la gauche de la gauche pour faire de « l’obstruction » sur ce projet emblématique visant à créer un système « universel » par points. Samedi, après 13 jours d’un parcours hors norme à l’Assemblée en première lecture, Edouard Philippe avait signé la fin de la partie avec le recours surprise au 49.3. Cet outil constitutionnel permet de faire adopter le texte sans vote, en engageant la responsabilité du gouvernement. Vent debout contre ce recours, LR et les trois groupes de gauche avaient immédiatement déposé leurs motions.

Un « désastre démocratique » pour les communistes

Le chef de file des députés LR Damien Abad a critiqué mardi un « fiasco parlementaire sans précédent » sur une réforme qui fera des Français les « grands perdants ». Défendant la motion de gauche, le communiste André Chassaigne a fustigé, lui, un « désastre démocratique » avec le recours à l’arme « funeste » du 49-3 qui « parachève la chronique du fiasco annoncé de cette réforme ».

Le PS a également attaqué le gouvernement. « Vous avez fracturé le pays », a lancé la socialiste Valérie Rabault, tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI) taclait un 49-3 « décidé sournoisement ». Il a promis la poursuite d’une « guérilla populaire et parlementaire, pacifique ». Quant au RN de Marine Le Pen, il a soutenu la motion de gauche, mais pas celle de droite, pour marquer son opposition au report à 65 ans de l’âge de départ à la retraite.

La majorité rangée derrière le premier ministre

Du côté LREM, on fait évidemment bloc autour d’Edouard Philippe. « La majorité réaffirme son soutien franc et massif au gouvernement », ont déclaré plusieurs « marcheurs » après le rejet des motions. Le premier ministre estime que la réforme relève de « la justice sociale » et que « ceux qui défendent le statu quo […] racontent bien trop souvent des calembredaines ». Il récuse aussi l’idée d’un « coup de force », mais parle plutôt d’un compromis car il aurait fallu « 8 semaines », week-end compris, pour arriver au bout.

La réforme attendue au Sénat en avril

Les députés ont au menu à partir de mercredi le projet de loi organique accompagnant la réforme et objet de 1.800 amendements. La réforme, elle, poursuivra son parcours au Sénat à majorité de droite en avril, avant de revenir à l’Assemblée. Le gouvernement visant toujours une adoption définitive avant l’été. Entre-temps sont attendues les conclusions de la « conférence de financement », dont la CGT et FO ont claqué la porte.

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