Rhin et Danube à sec : une menace grandissante pour l’économie européenne

La baisse exceptionnelle du niveau de plusieurs grands fleuves européens commence à peser sur l’activité économique. Transport de marchandises perturbé, production énergétique sous tension et industries contraintes d’adapter leur fonctionnement : les conséquences des faibles débits du Rhin et du Danube dépassent désormais largement la question environnementale.

Les sécheresses successives auxquelles l’Europe est confrontée ont une conséquence particulièrement visible : certains de ses principaux axes fluviaux manquent d’eau. Le phénomène touche notamment le Rhin et le Danube, qui occupent une place centrale dans les échanges de marchandises sur le continent.

À Kaub, un point stratégique pour la navigation sur le Rhin en Allemagne, le niveau du fleuve est descendu à seulement 8 centimètres le 18 août. Un niveau inférieur au précédent record de 25 centimètres observé pendant la grande sécheresse de 2018 et très éloigné des 78 centimètres à partir desquels les conditions de navigation commencent à devenir difficiles.

La situation est également préoccupante sur le Danube. Des niveaux exceptionnellement faibles ont été observés sur certaines portions du fleuve en Hongrie et en Roumanie.

L’enjeu économique est considérable. À eux deux, le Rhin et le Danube concentrent environ 72 % du transport fluvial européen, avec respectivement 60 % et 12 % du total.

Des barges contraintes de réduire fortement leurs chargements

Lorsque le niveau d’un fleuve diminue, les bateaux ne cessent pas nécessairement de circuler. Ils doivent en revanche réduire leur chargement afin de diminuer leur tirant d’eau et éviter de toucher le fond.

Au début du mois d’août, certaines barges circulant sur le Rhin n’embarquaient ainsi plus qu’environ 20 % de leur chargement habituel. Sur la partie roumaine du Danube, les restrictions ont également conduit à réduire sensiblement les volumes transportés.

Cette perte de capacité est difficile à compenser. Une barge peut acheminer près de 2 000 tonnes de marchandises en un seul voyage, contre environ 1 500 tonnes au maximum pour un train de fret et seulement quelques dizaines de tonnes pour un camion-citerne.

Le transport fluvial ne représente certes qu’une fraction du fret européen, mais son poids est beaucoup plus important dans certains pays et pour certaines industries. Il représente ainsi environ 5,4 % du transport de marchandises en Allemagne et près de 19,2 % en Roumanie.

Le recours au rail ou à la route peut absorber une partie des volumes, mais ces alternatives nécessitent davantage de véhicules et disposent elles-mêmes de capacités limitées. Elles peuvent également entraîner une hausse importante des coûts logistiques.

Le précédent de 2018 donne une idée des conséquences possibles. Pendant cet épisode de basses eaux, le prix du transport fluvial avait été multiplié par environ 2,5 pour certaines marchandises sèches en vrac et jusqu’à 4,5 pour le vrac liquide.

L’approvisionnement énergétique également concerné

Le manque d’eau ne perturbe pas uniquement le transport. Le Danube intervient également dans le fonctionnement du système énergétique de plusieurs pays d’Europe centrale et orientale.

En Hongrie et en Roumanie, l’eau du fleuve est notamment utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaires de Paks et de Cernavodă. Ces installations occupent une place majeure dans le mix électrique national : le nucléaire représente environ 40 % de la production d’électricité hongroise et 20,5 % de celle de la Roumanie.

Lorsque les conditions hydrologiques ne permettent plus aux installations de fonctionner normalement, leur production peut être réduite. Les pays concernés doivent alors compenser avec d’autres sources d’électricité, notamment des centrales thermiques, ou augmenter leurs importations.

Une solution qui peut rapidement devenir coûteuse. En Roumanie, l’électricité achetée à l’étranger coûterait actuellement entre deux et deux fois et demie plus cher que celle produite sur le territoire national.

Les autorités hongroises et roumaines ont également adopté des mesures temporaires destinées à limiter la consommation de certains grands industriels. Automobile, chimie ou encore matériaux de construction figurent parmi les secteurs susceptibles d’être particulièrement affectés par ces contraintes énergétiques.

L’industrie chimique allemande particulièrement exposée

En Allemagne, la situation du Rhin est suivie de très près par les industriels. Les nombreuses usines installées le long du fleuve dépendent historiquement de cette voie de transport pour recevoir leurs matières premières et expédier leur production.

Le secteur chimique se trouve en première ligne. Le gigantesque complexe industriel de BASF à Ludwigshafen réalise par exemple environ 40 % de ses flux de marchandises par voie fluviale.

Sa situation géographique le rend particulièrement dépendant de la navigabilité du Rhin et des liaisons avec les grands ports européens d’Amsterdam, Rotterdam et Anvers.

Cette nouvelle contrainte intervient à un moment délicat pour l’industrie chimique allemande. Confrontée depuis plusieurs années à la hausse des coûts énergétiques et à une concurrence internationale accrue, elle a vu sa production reculer d’environ 20 % depuis 2018.

Un risque économique qui pourrait devenir récurrent

Les conséquences des faibles niveaux des fleuves ne sont pas seulement sectorielles. Lors de la sécheresse de 2018, les perturbations du transport fluvial avaient contribué à retrancher environ 0,3 à 0,4 point à la croissance du PIB réel allemand.

Or, une amélioration rapide de la situation n’est pas garantie. Sur le Rhin, la saison des basses eaux peut se prolonger jusqu’à l’automne. Une persistance du phénomène pourrait donc continuer à perturber les chaînes logistiques européennes au cours des prochaines semaines.

À plus long terme, le problème pose une question structurelle. Le recul de l’enneigement et des glaciers alpins, associé à des épisodes de chaleur et de sécheresse plus fréquents, pourrait augmenter la récurrence des périodes pendant lesquelles les grands fleuves deviennent difficilement navigables.

Pour les entreprises dépendantes du Rhin ou du Danube, la diversification des moyens de transport et des sources d’approvisionnement devient donc un enjeu stratégique. Les épisodes de basses eaux ne peuvent plus être considérés uniquement comme des accidents ponctuels : ils constituent désormais un risque climatique susceptible d’avoir des répercussions directes sur les coûts, la production et, à terme, la croissance européenne.

La migration, un moteur important de l’économie mondiale selon l’OIM

Les migrations occupent une place croissante dans l’économie mondiale. Selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les sommes envoyées par les migrants vers leur pays d’origine ont atteint plus de 900 milliards de dollars en 2024. Au-delà de ces transferts, l’organisation souligne également leur contribution aux économies des pays d’accueil.

Les migrations internationales ne se limitent pas aux déplacements de population. Elles génèrent également d’importants flux économiques entre les pays et participent, selon l’Organisation internationale pour les migrations, au développement de nombreuses économies.

Les diasporas contribuent notamment à entretenir des relations économiques et sociales avec leur pays d’origine. Ces liens prennent différentes formes, des transferts d’argent aux investissements, en passant par la circulation des compétences et le partage de connaissances.

905 milliards de dollars transférés en 2024

L’ampleur des rapatriements de fonds illustre le poids économique pris par ces échanges. En 2024, les sommes envoyées par les migrants dans leur pays d’origine sont estimées à 905 milliards de dollars à l’échelle mondiale.

Sur ce total, environ 685 milliards de dollars ont été dirigés vers des pays à revenu faible ou intermédiaire. Selon l’OIM, ces transferts représentent désormais des montants supérieurs à ceux de l’aide publique au développement et des investissements directs étrangers réunis.

Cette contribution prend une importance particulière dans un contexte de diminution de l’aide publique au développement accordée par plusieurs économies avancées, notamment aux États-Unis et en Europe.

Plus de 300 millions de migrants internationaux

Le nombre de personnes vivant dans un autre pays que leur pays d’origine continue également de progresser. À la mi-2024, environ 304 millions de migrants internationaux étaient recensés dans le monde. Ils représentaient ainsi près de 3,7 % de la population mondiale.

Le nombre de travailleurs migrants suit la même tendance. Entre 2013 et 2022, il a augmenté de plus de 30 millions de personnes, selon les dernières données disponibles citées par l’organisation.

Pour l’OIM, cette mobilité contribue aussi directement aux économies des pays de destination, notamment en participant au marché du travail et à l’activité économique. « Partout dans le monde, la migration contribue à la création d’emplois, à la croissance économique, à la stabilité et à la cohésion sociale », souligne Amy Pope, directrice générale de l’organisation.

L’OIM appelle à faciliter les migrations régulières

Face à ces constats, l’organisation internationale plaide pour plusieurs mesures destinées à préserver et renforcer les bénéfices économiques associés aux migrations. Elle préconise notamment de développer des voies de migration régulières et sûres, de réduire le coût des transferts d’argent internationaux et de favoriser la mobilité des compétences.

L’OIM insiste également sur l’importance de la coopération entre États. Tout en rappelant que chaque pays reste libre de déterminer sa propre politique migratoire, Amy Pope estime qu’une coordination aux niveaux régional et international permet de mieux encadrer les flux migratoires.

Selon l’organisation, une migration mieux organisée pourrait ainsi favoriser à la fois les économies des pays d’accueil, le développement des pays d’origine et les conditions de vie des personnes concernées.

Nouvelle-Calédonie : après deux années de crise, l’économie montre enfin des signes d’amélioration

L’économie calédonienne cesse progressivement de s’enfoncer. Deux ans après les émeutes qui ont profondément déstabilisé le territoire, plusieurs indicateurs témoignent d’une amélioration timide de la situation. Dans sa dernière note de conjoncture publiée le 11 juin, l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) évoque les prémices d’une reprise, sans pour autant parler de véritable rebond économique.

Les entreprises retrouvent peu à peu confiance, les ménages renouent avec certaines dépenses et les perspectives d’embauche redeviennent favorables. Autant de signaux encourageants qui laissent entrevoir une sortie progressive de crise.

Un climat des affaires presque revenu à la normale

L’un des enseignements majeurs du rapport concerne l’évolution de l’indicateur du climat des affaires (ICA), qui mesure le moral des chefs d’entreprise et leur perception de la conjoncture économique.

Au premier trimestre 2026, cet indicateur progresse de 2,7 points pour atteindre 99,3, se rapprochant ainsi de sa moyenne historique fixée à 100. Cette amélioration repose sur les réponses d’environ 200 dirigeants interrogés au mois d’avril.

Pour Fabrice Dufresne, directeur de l’IEOM en Nouvelle-Calédonie, cette évolution constitue un signal positif. Le contexte politique récent, marqué notamment par les débats autour du projet de loi constitutionnelle finalement abandonné, pouvait laisser craindre une dégradation du moral des entrepreneurs. Or, les résultats montrent au contraire une perception plus favorable de l’activité.

Un marché de l’emploi qui se stabilise

Après plusieurs trimestres particulièrement difficiles, le marché du travail semble également sortir de sa spirale négative. Les destructions d’emplois observées depuis les émeutes de mai 2024 ralentissent nettement.

Les pertes enregistrées dans le secteur privé, qui atteignaient encore 15,4 % au premier trimestre 2025, se sont progressivement réduites au fil des mois pour tomber à 0,9 % au dernier trimestre de l’année. Si l’emploi ne repart pas franchement à la hausse, l’hémorragie paraît désormais contenue.

Fait notable, les entreprises interrogées anticipent une amélioration de leurs besoins en main-d’œuvre. Les intentions d’embauche redeviennent positives pour la première fois depuis 2023.

Les ménages recommencent à consommer

L’étude met également en évidence une reprise progressive de la consommation. Les Calédoniens semblent retrouver une certaine confiance, malgré un contexte toujours fragile.

Les paiements et retraits effectués par carte bancaire progressent ainsi de 3,5 % sur un an. Les crédits à la consommation enregistrent une hausse de 10,9 % sur un trimestre, tandis que les immatriculations de véhicules neufs bondissent de près de 35 % par rapport au début de l’année précédente.

Ces données traduisent un retour progressif des dépenses de la vie courante et des achats plus importants, souvent reportés pendant les périodes d’incertitude.

Le nickel et le tourisme retrouvent des couleurs

Plusieurs secteurs stratégiques affichent également des résultats encourageants.

Pilier historique de l’économie locale, la filière nickel bénéficie notamment de la réouverture de certains sites miniers. L’extraction progresse de 5,1 % sur un an, tandis que la production métallurgique augmente de 1,8 %.

Le tourisme montre lui aussi des signes de redressement. Au cours du premier trimestre 2026, la Nouvelle-Calédonie a accueilli 14 062 visiteurs, soit une hausse de 45,4 % par rapport à la même période en 2025. Une dynamique qui témoigne du retour progressif des voyageurs après plusieurs années particulièrement mouvementées.

Une reprise encore très fragile

Malgré ces évolutions favorables, l’IEOM appelle à la prudence. Pour son directeur, il serait prématuré de parler de relance économique.

Les indicateurs traduisent davantage un « frémissement » qu’un véritable rebond. L’activité reste loin des niveaux observés avant les événements de 2024 et de nombreux secteurs demeurent en difficulté.

Le bâtiment et les travaux publics illustrent cette fragilité persistante. Historiquement moteur de l’emploi local, le secteur continue de traverser une crise profonde, avec des ventes de ciment toujours au plus bas.

L’emploi reste également très dégradé. Fin 2025, la Nouvelle-Calédonie comptait moins de 55 000 emplois, soit environ 13 000 de moins qu’en 2023.

Des ménages toujours sous pression

Si les consommateurs semblent reprendre confiance, les difficultés financières continuent néanmoins de s’accentuer pour une partie de la population.

Les incidents de remboursement de crédits ont progressé de 19,8 % sur un an. Dans le même temps, le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de l’IEOM a augmenté de 23,7 %.

Autrement dit, derrière les premiers signes d’amélioration, de nombreux foyers restent fragilisés par les conséquences économiques et sociales des deux dernières années.

L’économie calédonienne semble ainsi avoir cessé sa chute, mais le chemin vers un véritable retour à la normale s’annonce encore long. Entre regain de confiance et vulnérabilités persistantes, le territoire entre dans une phase décisive où la consolidation de cette reprise naissante constituera l’un des principaux défis des mois à venir.

L’agro-business : pilier de l’économie planétaire

L’agro-business occupe aujourd’hui une place centrale dans l’économie mondiale. À la croisée de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, ce secteur regroupe l’ensemble des activités liées à la production, à la transformation et à la distribution des produits agricoles et alimentaires. Longtemps cantonné à une image traditionnelle, il s’est progressivement modernisé pour devenir un secteur hautement stratégique, porté par l’innovation, la mondialisation et l’évolution des habitudes de consommation. Son développement reflète les profondes mutations du monde agricole face aux enjeux économiques et démographiques contemporains.

Une filière essentielle à la sécurité alimentaire

L’agro-business joue avant tout un rôle fondamental dans l’alimentation des populations. Avec une population mondiale en constante augmentation, la nécessité de produire davantage tout en garantissant qualité et régularité d’approvisionnement est devenue un défi majeur. Le secteur permet d’optimiser la chaîne de production alimentaire en reliant les exploitations agricoles aux marchés nationaux et internationaux.

Grâce à la mécanisation, à l’innovation technologique et à l’industrialisation des procédés, l’agro-business contribue à augmenter les rendements agricoles et à améliorer la capacité de transformation des matières premières. Cette organisation permet de répondre à une demande alimentaire toujours plus forte, tout en diversifiant l’offre proposée aux consommateurs.

Un moteur économique puissant

Au-delà de sa mission nourricière, l’agro-business constitue un levier économique considérable. Il génère des millions d’emplois à travers le monde, aussi bien dans les exploitations agricoles que dans les industries de transformation, la logistique, la distribution ou encore le marketing alimentaire. Il représente un secteur de poids dans de nombreuses économies, en particulier dans les pays où l’agriculture demeure un pilier de l’activité nationale.

L’agro-business participe également fortement aux échanges internationaux. De nombreux pays fondent une partie importante de leur croissance sur l’exportation de produits agricoles ou agroalimentaires. Céréales, viande, produits laitiers, fruits transformés ou boissons constituent autant de marchés majeurs à l’échelle mondiale. Cette dimension internationale fait du secteur un acteur clé du commerce mondial.

Une industrie portée par l’innovation

L’agro-business se distingue aussi par sa capacité d’innovation. Face aux nouvelles attentes des consommateurs et aux contraintes environnementales croissantes, les entreprises du secteur investissent massivement dans la recherche et le développement. Agriculture de précision, robotisation, biotechnologies, nouvelles méthodes de conservation ou alternatives alimentaires : les innovations se multiplient pour améliorer la productivité, réduire les coûts et répondre aux nouveaux enjeux sanitaires et écologiques.

Cette modernisation permet également au secteur de s’adapter à l’évolution des comportements de consommation. La demande pour des produits bio, locaux, plus sains ou plus durables pousse les acteurs de l’agro-business à repenser leurs modèles de production et leurs offres commerciales.

Des défis environnementaux et éthiques croissants

Malgré son importance économique, l’agro-business fait face à de nombreuses critiques. Son développement intensif soulève des interrogations sur l’impact environnemental de certaines pratiques, notamment en matière de pollution, de déforestation, de consommation d’eau ou d’émissions de gaz à effet de serre. Les questions liées au bien-être animal, à la surindustrialisation de l’alimentation ou aux conditions de travail dans certaines filières alimentent également les débats.

Ces critiques poussent progressivement le secteur à évoluer vers des modèles plus durables et responsables, intégrant davantage les préoccupations environnementales et sociétales dans leur stratégie.

En définitive, l’agro-business représente aujourd’hui bien plus qu’une simple activité agricole modernisée. Il constitue un secteur économique stratégique, indispensable à l’alimentation mondiale, au dynamisme des échanges commerciaux et à l’innovation alimentaire. Entre opportunités économiques et défis environnementaux, son évolution façonnera une partie essentielle de l’économie de demain.

Électricité 100 % renouvelable : un modèle viable pour l’économie française ?

Alors que la France s’est engagée, depuis plusieurs années, dans une trajectoire de neutralité carbone, une question continue d’alimenter le débat public : à quoi ressemblerait réellement un système électrique fondé majoritairement sur les énergies renouvelables, et serait-il économiquement soutenable ? C’est précisément le sujet de la thèse d’Ange Blanchard, docteur en économie à CentraleSupélec et à la Chaire Économie du Climat, intitulée La flexibilité dans les systèmes électriques bas-carbone : modélisation et analyse économique.

Un système électrique de plus en plus difficile à équilibrer

En théorie, la production d’électricité doit en permanence s’adapter à la demande. C’est une contrainte structurelle du système électrique. La consommation évolue fortement au fil des heures et des saisons, avec des pics marqués en soirée et en hiver.

Comme le rappelle le chercheur, cet ajustement a toujours existé. Mais il devient plus complexe à mesure que la part du solaire et de l’éolien augmente. Ces sources ne produisent pas en fonction des besoins du système, mais selon les conditions météorologiques.

Autrement dit, la difficulté n’est pas tant de produire suffisamment d’électricité que de produire au bon moment.

En France, l’équilibre du réseau repose historiquement sur un parc nucléaire très largement pilotable. Les centrales peuvent augmenter ou réduire leur puissance afin de suivre les variations de la demande, dans un système centralisé qui a longtemps garanti une grande stabilité.

Or, l’électricité ne tolère pas les déséquilibres. Produire trop peu pose un problème de sécurité d’approvisionnement, mais produire trop d’électricité est également une difficulté technique. Lorsque la production solaire est très élevée en milieu de journée, notamment en été, le réseau peut se retrouver avec des volumes d’électricité difficiles à absorber immédiatement.

C’est ce caractère intermittent et peu pilotable des énergies renouvelables qui oblige aujourd’hui à repenser l’architecture même du système électrique.

Le rôle clé de la flexibilité et du stockage

La notion centrale des travaux d’Ange Blanchard est celle de la flexibilité. Il s’agit de la capacité du système électrique à s’adapter à des variations rapides et imprévisibles de la production et de la consommation.

Lorsque les panneaux solaires produisent massivement alors que la demande est faible, l’enjeu devient de ne pas perdre cette électricité. Le stockage apparaît alors comme une solution de plus en plus déterminante.

Les batteries stationnaires, déjà très largement déployées dans certaines régions du monde, permettent de reporter une partie de la production vers les périodes de forte demande. Dans certains territoires, elles peuvent déjà couvrir une part significative des besoins électriques à certains moments de la journée.

L’exemple de la Californie est souvent cité. Le déploiement massif de batteries y contribue de plus en plus à la stabilité du réseau, en complément du solaire et de l’éolien.

Dans sa thèse, Ange Blanchard montre que ces dispositifs de stockage constituent un levier particulièrement efficace pour accompagner la montée en puissance des renouvelables, bien davantage que certaines solutions aujourd’hui très médiatisées, comme l’hydrogène pour l’équilibrage du réseau électrique.

Nucléaire et renouvelables, une complémentarité possible

Contrairement à une opposition souvent caricaturale entre nucléaire et renouvelables, la recherche met en évidence une forte complémentarité entre ces deux piliers.

Le nucléaire conserve un rôle structurant dans un système bas carbone, précisément parce qu’il est pilotable. Il peut ajuster sa production pour absorber une partie de l’intermittence du solaire et de l’éolien.

Dans un système fortement renouvelable, le nucléaire devient ainsi un outil d’équilibrage, capable de moduler sa production en fonction de la disponibilité des autres sources d’électricité.

Cette combinaison permet de limiter le recours aux centrales fossiles, tout en garantissant un niveau élevé de sécurité d’approvisionnement. Elle réduit également la nécessité de surdimensionner excessivement les capacités de production renouvelables pour couvrir les périodes les moins favorables.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre nucléaire et renouvelables, mais de concevoir un système capable d’orchestrer intelligemment ces différentes sources.

Un système bas carbone soutenable pour l’économie ?

D’un point de vue économique, les travaux d’Ange Blanchard montrent qu’un système électrique fortement fondé sur les renouvelables, complété par du nucléaire et des capacités de stockage, peut rester compétitif.

Le coût du système ne dépend pas uniquement du prix des panneaux solaires ou des éoliennes, mais de l’ensemble des investissements nécessaires pour garantir l’équilibre du réseau : stockage, renforcement des infrastructures, outils de pilotage et capacités de flexibilité.

Les batteries jouent, à ce titre, un rôle central dans la maîtrise des coûts globaux. En évitant des investissements excessifs dans des moyens de production de secours ou dans des infrastructures surdimensionnées, elles permettent de contenir les dépenses nécessaires à la transition du système électrique.

La question n’est donc pas seulement technologique. Elle est aussi organisationnelle et économique : comment structurer un marché de l’électricité et des mécanismes de rémunération capables d’inciter au bon niveau d’investissement dans la flexibilité.

Le véritable défi français : électrifier les usages

Au-delà de la seule production d’électricité, Ange Blanchard insiste sur un point souvent sous-estimé dans le débat public. La France dispose déjà d’une électricité largement décarbonée.

Le principal défi de la transition énergétique ne réside pas uniquement dans la transformation du mix électrique, mais dans l’électrification massive des usages aujourd’hui dépendants des énergies fossiles.

Cela concerne en priorité les transports, le chauffage des bâtiments et une partie des procédés industriels, encore très dépendants du gaz et du pétrole.

Autrement dit, même un système électrique bas carbone parfaitement optimisé ne suffira pas à atteindre les objectifs climatiques s’il n’est pas accompagné d’une hausse très importante de la demande électrique liée à la substitution des énergies fossiles.

Dans ce contexte, la question n’est pas seulement de savoir si un système électrique majoritairement renouvelable est viable. Elle est aussi de savoir s’il sera capable d’absorber, dans des conditions économiques soutenables, l’augmentation massive des usages électriques qui constitue le cœur de la transition énergétique française.

Croissance allemande : le vent tourne enfin selon trois instituts économiques

Après deux années de contraction, l’économie allemande semble enfin amorcer une reprise. Trois instituts de conjoncture de premier plan – l’IfW de Kiel, l’Ifo de Munich et le RWI d’Essen – ont revu à la hausse leurs prévisions de croissance pour 2025 et 2026, misant sur une amélioration plus rapide que prévu de la conjoncture.

Des premiers signes positifs en 2024

Le redémarrage est timide, mais il est là. Tous trois anticipent désormais une progression du produit intérieur brut (PIB) allemand de 0,3 % pour l’année 2025, contre des prévisions initialement plus prudentes. L’Institut de Kiel, par exemple, tablait jusqu’ici sur une simple stagnation. Ce réajustement est largement attribué aux bons résultats du premier trimestre, marqué par une hausse de l’activité économique de 0,4 %.

« L’économie allemande entrevoit enfin la lumière au bout du tunnel », commentent les experts de l’IfW, soulignant que les moteurs de la reprise, bien que modestes, commencent à se remettre en marche.

Une dynamique plus vigoureuse à l’horizon 2026

Les projections à moyen terme sont elles aussi revues à la hausse. L’IfW s’attend désormais à une croissance de 1,6 % en 2026, contre 1,5 % précédemment. L’Institut Ifo affiche un optimisme plus marqué encore : il anticipe une progression de 1,5 % en 2026, soit près du double de sa prévision de printemps, qui n’était que de 0,8 %. Le RWI adopte une position similaire, misant également sur 1,5 % de croissance dans deux ans.

Le creux de la vague est passé

Pour Timo Wollmershäuser, chef économiste à l’Ifo, « la crise a atteint son point le plus bas durant l’hiver dernier ». Selon lui, la situation conjoncturelle s’améliore lentement mais sûrement, portée par un retour de la confiance des entreprises et la stabilisation de la demande intérieure.

Parmi les éléments de soutien à cette reprise, les décisions budgétaires récentes du gouvernement fédéral jouent un rôle central. « Les mesures économiques adoptées ces derniers mois expliquent en partie cette embellie », confirme-t-il.

Un coup d’accélérateur venu du gouvernement

En effet, Berlin a dégainé plusieurs instruments pour stimuler l’économie. La semaine dernière, le gouvernement a validé un vaste programme de 46 milliards d’euros d’allègements fiscaux à destination des entreprises. Objectif : relancer l’investissement et soutenir la compétitivité.

Autre levier important : un plan d’investissement massif de 500 milliards d’euros dans les infrastructures, approuvé au printemps par le Parlement. Il s’agit du plus grand effort d’aménagement du territoire et de modernisation depuis la réunification.

D’après les estimations de l’Ifo, ces mesures pourraient générer un impact budgétaire positif de 10 milliards d’euros dès 2025, et de 57 milliards d’euros en 2026. En matière de croissance, cela se traduirait par un bonus de 0,1 point de PIB cette année, et 0,7 point l’année suivante, comparativement à une trajectoire sans intervention gouvernementale.

Des incertitudes demeurent

Si le ton général est désormais à l’optimisme prudent, les trois instituts ne cachent pas les obstacles qui subsistent. La question des droits de douane et du climat commercial international reste une épée de Damoclès, notamment dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre les grandes puissances.

Torsten Schmidt, responsable des prévisions au RWI, insiste : « La reprise s’annonce progressive et dépendra fortement de la capacité du gouvernement à traduire ses promesses en actions concrètes. » Il met en garde contre un excès d’enthousiasme, tout en soulignant les signaux positifs émis par le second semestre.

Un nouveau cycle pour la première économie européenne ?

Après une période difficile marquée par les séquelles de la pandémie, la flambée des prix de l’énergie et le ralentissement industriel, l’Allemagne pourrait renouer avec un cycle de croissance plus soutenu, à condition de maintenir le cap des réformes et de la relance.

Les ajustements récents des prévisions économiques témoignent d’un changement de climat. Les instituts, jusqu’ici très prudents, misent désormais sur un retour progressif à une croissance modérée mais stable, nourrie par l’investissement public et le redressement de la demande.

L’économie allemande, locomotive du continent, n’est pas encore repartie à plein régime, mais le moteur semble relancé. La suite dépendra de la conjonction entre politiques publiques efficaces et environnement économique international plus serein.

Budget 2026 : la rigueur sous contrainte

Face à un déficit public qui échappe aux objectifs, le gouvernement français prépare une cure d’austérité sans précédent. Pour tenir la trajectoire fixée, ce sont 40 milliards d’euros d’économies qui devront être trouvés. Une annonce du ministre délégué Éric Lombard, qui en dit long sur la gravité de la situation budgétaire.
Une trajectoire budgétaire de plus en plus menacée

Lors d’une audition au Sénat le 10 avril, Éric Lombard, nouveau ministre délégué aux Comptes publics, a dressé un constat sans détour : pour respecter l’objectif de ramener le déficit à 2,7 % du PIB d’ici 2027, il manque à l’appel environ 40 milliards d’euros sur l’année 2026. Un chiffre inédit, qui reflète l’ampleur des dérapages accumulés au fil des dernières années, entre dépenses exceptionnelles liées à la crise énergétique, soutien au pouvoir d’achat et revalorisations salariales.

La publication fin mars des chiffres de l’INSEE – qui a confirmé un déficit public à 5,5 % du PIB en 2023 – a agi comme un électrochoc. Elle a notamment conduit Standard & Poor’s à envisager une dégradation de la note de la France, rendant plus coûteux l’endettement. Dans ce contexte, le gouvernement cherche à rassurer les marchés et ses partenaires européens en montrant sa détermination à redresser les finances publiques.

La priorité est donc à l’orthodoxie budgétaire. Mais cette ambition se heurte à une réalité politique difficile : les marges de manœuvre sont limitées, et la majorité présidentielle, affaiblie, devra convaincre pour faire adopter les mesures de rigueur qui s’annoncent.

Des économies massives… mais encore floues

Éric Lombard n’a pas détaillé les pistes précises des économies envisagées. Il a toutefois précisé que l’effort porterait « principalement sur les dépenses », et non sur une hausse des prélèvements obligatoires, une ligne rouge que Bercy entend ne pas franchir. Cette contrainte réduit considérablement le champ des possibles, car nombre de dépenses de l’État sont rigides, voire sanctuarisées (retraites, défense, éducation).

Des rumeurs évoquent un possible coup de rabot sur les niches fiscales, une réforme des aides sociales, ou encore une réduction des dotations aux collectivités territoriales. Ces hypothèses sont politiquement explosives, à un an des élections européennes, dans un climat social déjà tendu.

Par ailleurs, la nécessité de financer la transition écologique et la hausse programmée des taux d’intérêt accroissent encore la pression. Chaque euro économisé devra être arbitré avec prudence, au risque d’alimenter un sentiment d’injustice ou de fracture territoriale.

L’annonce de ce besoin d’économies intervient alors même que les engagements du plan France 2030, les investissements dans l’industrie verte ou la défense continuent de croître. Le gouvernement est donc pris entre deux impératifs contradictoires : rassurer Bruxelles et les agences de notation, tout en évitant une récession budgétaire.

Un tournant politique pour l’exécutif

Au-delà de l’urgence comptable, la déclaration d’Éric Lombard marque une inflexion politique. Emmanuel Macron, qui avait entamé son premier quinquennat sur un discours de « transformation » libérale, avait jusqu’ici évité un retour brutal de la rigueur. L’annonce des 40 milliards d’euros d’économies à trouver pour 2026 sonne comme la fin d’un cycle.

Elle contraint l’exécutif à rompre avec le récit d’un État stratège, capable de conjuguer investissement, soutien social et maîtrise des comptes. Ce virage pourrait s’avérer périlleux dans une opinion publique fatiguée par l’inflation, les réformes impopulaires et l’impression de déclassement.

À droite, Les Républicains réclament des coupes encore plus drastiques, accusant le gouvernement d’avoir « laissé filer la dépense publique ». À gauche, les critiques fusent contre une rigueur jugée idéologique, et dangereuse socialement. Le gouvernement, pris en étau, devra faire preuve de pédagogie, mais aussi de courage politique.

Enfin, cette séquence réactive un débat plus large sur le rôle de l’État dans l’économie, à l’heure où les paradigmes hérités des années 2010 vacillent. Entre impératif de réduction du déficit et exigences écologiques ou sociales, la France s’avance sur une ligne de crête.



Les PME, piliers de l’économie

 

 

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont souvent qualifiées de moteur économique discret mais indispensable. Dans un monde où les grands groupes monopolisent souvent l’attention, il est essentiel de souligner les avantages cruciaux que les PME apportent à l’activité française. Ces entreprises jouent un important dans la création d’emplois, la stimulation de l’innovation et la promotion de la diversité économique.

Création d’emplois et stabilité économique

Les PME sont les véritables pourvoyeuses d’emplois en France. Leur agilité et leur capacité à s’adapter rapidement aux changements économiques les rendent plus résilientes face aux crises. Lorsque les grandes entreprises peuvent être sujettes à des licenciements massifs, les PME conservent souvent leurs effectifs, contribuant ainsi à maintenir une stabilité sociale et économique.

Catalyseurs d’innovation

Les petites et moyennes entreprises sont les pépinières de l’innovation. Leur taille plus modeste leur permet d’expérimenter plus rapidement et de prendre des risques calculés. En investissant dans la recherche et le développement, les PME peuvent apporter des solutions novatrices aux défis actuels. De nombreuses grandes groupes n’hésitent d’ailleurs pas à collaborer avec des PME innovantes pour injecter une dose de créativité dans leurs processus.

Flexibilité et adaptabilité

L’une des caractéristiques clés des PME est leur capacité à être flexibles et réactives aux changements du marché. L’absence de lourdeurs bureaucratiques permet aux PME de prendre des décisions rapidement, de s’adapter aux nouvelles tendances et de saisir des opportunités en un temps record. Cette agilité est souvent le moteur de leur croissance rapide et de leur succès à long terme.

Contribution à la diversité économique

Les PME diversifient l’économie en apportant une variété de produits et de services. Leur présence encourage la concurrence, stimulant ainsi l’innovation et garantissant des prix compétitifs pour les consommateurs. Cette diversité économique contribue également à une résilience accrue face aux fluctuations économiques mondiales.

Impact social et local

Les PME sont profondément enracinées dans leurs territoires. En soutenant les entreprises locales, les consommateurs contribuent directement à la prospérité de leur propre région. De plus, les PME sont souvent plus enclines à adopter des pratiques durables et éthiques, renforçant ainsi leur impact positif sur l’environnement et la société.

 

 

 

 

Economie : Scope faiblit la perspective de la France

 

 

Selon Scope Ratings, la dynamique économique de l’Hexagone s’est ralentie. Résultat : l’agence de notation a décidé d’abaisser ses perspectives pour le pays.

Scope Ratings considère que la dynamique économique de la France est au ralenti. C’est la raison pour laquelle l’agence de notation européenne a abaissé, vendredi dernier, la perspective du pays. La note de la France pourrait ainsi être réduite à l’avenir, comme cela a été le cas il y a un mois avec l’agence Fitch.

Dans un communiqué de presse, Scope souligne le risque de « l’affaiblissement des finances publiques françaises », en raison, entre autres, de difficultés dans « la mise en œuvre de réformes ». D’ici 12 à 18 mois, l’agence pourrait dégrader la note de la France, pour le moment classée « AA », soit le troisième plus haut niveau de sa grille.

Scope liste plusieurs risques pesant sur les finances hexagonales, et affirme que « la dynamique économique s’est nettement ralentie au second semestre 2022 ». L’agence remet également en cause la trajectoire de réduction du déficit et de la dette publics, en raison d’un « mauvais bilan en matière d’assainissement budgétaire, d’une charge d’intérêt de la dette croissante et de risques liés à la mise en œuvre du programme de réformes ».

Selon Scope, ces risques sont associés à « l’absence de majorité au Parlement », et à des « contestations sociopolitiques ». Les mouvements sociaux contre la réforme des retraites sont tout particulièrement soulignés.

Il y a un mois, l’agence de notation Fitch avait dégradé la note de la France. Pour justifier son choix, elle avait pointé le risque posé par « l’impasse politique et les mouvements sociaux (parfois violents » sur les réformes voulues par le gouvernement et le président Emmanuel Macron.

Une semaine auparavant, l’agence Moody’s n’avait tout simplement pas émis de notation. L’agence S&P Global doit quant à elle publier ses conclusions vendredi 2 juin. Si elle accorde actuellement la note « AA » à la France avec une perspective négative, cela pourrait évoluer à la baisse.

Les notations de ces grandes agences internationales ont un impact sur le taux d’intérêt auquel les investisseurs prêtent de l’argent à la France. Concernant l’emprunt à 10 ans, dont l’échéance est une référence, le taux était de 3,11% vendredi dernier. Ce taux se classe parmi les plus hauts de 2023.

Pour rappel, les taux obligataires augmentent nettement depuis un an et demi, en raison des politiques des banques centrales déployées pour limiter l’inflation.

Crise malienne : la solution autant économique que politique

Politique au Mali

Depuis plus de dix ans, le Mali est confronté à une crise multidimensionnelle à laquelle les gouvernements successifs apportent une réponse politique. Pourtant, la solution se trouve aussi ailleurs, au niveau économique car la pauvreté et le chômage sont source d’instabilité. Aliou Diallo, président d’ADP-Maliba interpelle justement sur ce point.

La République du Mali fait face à une crise multiforme depuis plus de dix ans, sans parvenir à trouver une solution durable. Actuellement dirigée par un régime d’exception, elle mise énormément sur la victoire militaire pour renaître de ses cendres. Pourtant le mal est plus profond, selon certains politiques, à l’image d’Aliou Diallo. Le président d’ADP-Maliba a fait une analyse pertinente de la situation de son pays dans une déclaration publiée lors de la célébration du 62ème anniversaire de l’indépendance du pays, le 22 septembre 2022.

Le développement économique durable, priorité du Mali

Dans son discours, le député de Kayes a rendu hommage à tous les illustres devanciers qui ont donné leur vie pour la liberté du peuple malien. Il a également eu une pensée pieuse pour tous les compatriotes « victimes de tueries, de pillages, d’exactions, de déplacements de populations et d’exil ». Aliou Diallo prie pour le repos de leur âme et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Mais l’homme d’affaires a surtout disséqué le malaise du Mali et présenté les enjeux actuels. « Nous sommes à un moment d’interrogation face à la multiplicité et à la complexité des défis à relever sur le plan sécuritaire, social, sanitaire et du développement économique durable », a-t-il souligné.

Le secteur privé, pilier d’une économie moderne

Pour le milliardaire malien, le salut de son pays viendra surtout de son développement économique, en plus d’une paix durable. Ce progrès économique dépend, selon lui, de la promotion du secteur privé. « Tous les grands pays développés ont réussi à créer de l’abondance et une ère de prospérité économique grâce à leur secteur privé. L’Etat ne doit pas se substituer au secteur privé, mais plutôt le promouvoir et l’accompagner », a interpellé Aliou Diallo. Homme pragmatique, le président et fondateur d’ADP-Maliba a préparé un plan Marshall pour le Mali doté potentiellement de 15 000 milliards de Francs CFA. Ce programme ambitieux vise notamment le financement massif de l’entrepreneuriat. Objectif : créer des dizaines de milliers d’emplois.

Une lutte sans pitié contre la mauvaise gestion

Le fondateur d’Hydroma est convaincu que c’est en résolvant le problème du chômage et donc de la pauvreté que le Mali pourra se sortir de cette crise. Car celle-ci sera d’abord la conséquence de la misère et de la frustration des populations. S’il veut porter le secteur privé à son sommet, Aliou Diallo ne compte surtout pas dilapider l’argent public et privé. Comme ce fut le cas à une certaine époque avec la SONAREM (Société Nationale de Recherche Minière) et la SOCIMA (Société des Cimenteries du Mali), qui ont mis la clef sous la porte. Pour éviter de nouvelles failles, il se montrera extrêmement intransigeant une fois aux affaires en février 2024. Le futur candidat à la présidentielle entend mener une lutte impitoyable contre la corruption et la mauvaise gestion.

1 2 3 5