Confinement : 120 milliards d’euros « détruits » pour l’économie française

Coronavirus économie France relance

Alors que la France en arrive à la moitié de son second mois de confinement, l’Observatoire français des conjonctures économiques, l’OFCE craint que cette période de gel économique ne se traduise par une perte nette de 120 milliards d’euros pour l’économie française.

Un PIB réduit de 32% pendant deux mois

Dans le scénario de la reprise la plus rapide possible de l’économie, à savoir un confinement de seulement huit semaines, devrait engendrer une perte de 120 milliards d’euros pour l’activité économique du pays. En comparaison par rapport aux résultats attendus, une telle baisse signifie une amputation de 32% du PIB sur la période de confinement. Sur l’année, cela constitue un recul de près de 5 points.

Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, les deux tiers de la baisse de revenu national seraient absorbés par les administrations publiques à travers la hausse du déficit. Cependant, tout n’est pas à charge de l’État et l’OFCE craint que le tiers restant ne soit à charge des entreprises. Selon leur étude, un tel passage à vide dans les finances d’une société « pose la question du rebond après l’épisode de confinement« . En effet, de nombreuses entreprises risquent de ne pas pouvoir résister à une telle pression financière de sortie de crise.

L’épargne forcée : l’inconnue de cette sortie de crise

Pour les économistes, la sortie de la crise dépendra en grande partie de la capacité des ménages à relancer l’économie. En effet, au cours de cette période de confinement, la consommation des ménages a diminué et beaucoup se retrouvent avec une épargne « forcée ». Cette somme s’élèverait à 55 milliards d’euros et d’après les estimations, si elle venait à être dépensée complètement par les ménages, l’impact du confinement sur le PIB pourrait être en partie rattrapé. Ainsi, l’impact annuel sur le Produit Intérieur Brut du pays ne serait plus aussi important et se limiterait à 20 milliards d’euros, ce qui correspond à 0,9 points de PIB…

Réforme des retraites : l’Assemblée adopte le projet après avoir rejeté les motions de censure

Fronton de l'Assemblée nationale française.

 

Sans surprise, l’Assemblée Nationale a rejeté, mardi soir, les deux motions de censure déposées contre le recours au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, adoptée de facto en première lecture. Le texte va maintenant partir au Sénat.

La motion n’a pas recueilli la majorité absolue

On s’y attendait bien ! L’Assemblée Nationale a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites, adoptée de facto en première lecture. La motion de LR a recueilli 148 voix et celle des trois groupes de gauche (PCF, PS et LFI) 91 voix, loin de la majorité absolue de 289 suffrages nécessaires pour faire tomber un gouvernement. Seules les voix favorables à la motion sont comptabilisées.

Le Premier ministre a dénoncé à la tribune les « combines procédurales » maniées par la gauche de la gauche pour faire de « l’obstruction » sur ce projet emblématique visant à créer un système « universel » par points. Samedi, après 13 jours d’un parcours hors norme à l’Assemblée en première lecture, Edouard Philippe avait signé la fin de la partie avec le recours surprise au 49.3. Cet outil constitutionnel permet de faire adopter le texte sans vote, en engageant la responsabilité du gouvernement. Vent debout contre ce recours, LR et les trois groupes de gauche avaient immédiatement déposé leurs motions.

Un « désastre démocratique » pour les communistes

Le chef de file des députés LR Damien Abad a critiqué mardi un « fiasco parlementaire sans précédent » sur une réforme qui fera des Français les « grands perdants ». Défendant la motion de gauche, le communiste André Chassaigne a fustigé, lui, un « désastre démocratique » avec le recours à l’arme « funeste » du 49-3 qui « parachève la chronique du fiasco annoncé de cette réforme ».

Le PS a également attaqué le gouvernement. « Vous avez fracturé le pays », a lancé la socialiste Valérie Rabault, tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI) taclait un 49-3 « décidé sournoisement ». Il a promis la poursuite d’une « guérilla populaire et parlementaire, pacifique ». Quant au RN de Marine Le Pen, il a soutenu la motion de gauche, mais pas celle de droite, pour marquer son opposition au report à 65 ans de l’âge de départ à la retraite.

La majorité rangée derrière le premier ministre

Du côté LREM, on fait évidemment bloc autour d’Edouard Philippe. « La majorité réaffirme son soutien franc et massif au gouvernement », ont déclaré plusieurs « marcheurs » après le rejet des motions. Le premier ministre estime que la réforme relève de « la justice sociale » et que « ceux qui défendent le statu quo […] racontent bien trop souvent des calembredaines ». Il récuse aussi l’idée d’un « coup de force », mais parle plutôt d’un compromis car il aurait fallu « 8 semaines », week-end compris, pour arriver au bout.

La réforme attendue au Sénat en avril

Les députés ont au menu à partir de mercredi le projet de loi organique accompagnant la réforme et objet de 1.800 amendements. La réforme, elle, poursuivra son parcours au Sénat à majorité de droite en avril, avant de revenir à l’Assemblée. Le gouvernement visant toujours une adoption définitive avant l’été. Entre-temps sont attendues les conclusions de la « conférence de financement », dont la CGT et FO ont claqué la porte.

Fusion PSA – FCA : la famille Peugeot veut augmenter sa participation

Logo du groupe PSA.

 

La famille Peugeot, qui détiendra 6,2% du groupe issu du projet de fusion entre PSA et Fiat Chrysler, a l’intention d’exercer dès que possible son option pour acquérir 2,5% supplémentaires, confirme-t-elle dans un entretien publié dimanche par L’Est Républicain.

Les constructeurs français PSA et italo-américain Fiat Chrysler ont annoncé mi-décembre la signature de leur contrat de fusion, pour former le numéro quatre mondial du secteur, avec 8.7 millions de véhicules vendus en 2018. Le trio de tête, en nombre de véhicules vendus, comprend actuellement le groupe allemand Volkswagen, l’alliance franco-japonaise Renault-Nissan-Mitsubishi et le japonais Toyota.

Des clauses prévoyaient cette option

A ce jour, Bpifrance (dans le capital duquel l’Etat français est présent), la famille Peugeot et le Chinois Dongfeng sont actionnaires à hauteur de 12,23% de PSA. Après la fusion à 50/50, leur participation sera réduite de moitié, tout comme celle de l’actionnaire principal de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Exor, la holding de la famille Agnelli-Elkann, qui ne détiendra plus que 14%.

Des clauses prévoient que la famille Peugeot pourra augmenter sa participation dans la nouvelle entité de 2,5% et que BpiFrance pourra céder 2,5%. Et le constructeur français a l’intention d’exercer dès que possible son option pour acquérir ces 2,5% supplémentaires, confirme-t-elle dans un entretien publié dimanche par L’Est Républicain.

L’Etat français n’a pas vocation à rester dans le capital

Jean-Philippe Peugeot, PDG d’Etablissements Peugeot Frères (EPF) a indiqué que l’exercice de cette option est un « objectif majeur » pour le fabricant. « Pour obtenir cette possibilité, la négociation a été complexe. Elle n’était pas gagnée d’avance. Au départ, on parlait d’un standstill, mais on a obtenu une dérogation. Dès qu’on aura la certitude que la fusion ira à son terme, ma famille donnera des signaux favorables », a-t-il précisé.

Le dirigeant juge par ailleurs que l’Etat français n’a pas vocation à rester dans le capital du groupe. « Ma famille le remercie d’avoir été au rendez-vous, en 2013-2014, lorsque PSA était en difficulté, mais il n’a pas vocation, je pense, à être éternellement présent. Il va sans doute rester dans le capital le temps de s’assurer que l’emploi sera durablement préservé », explique-t-il.

Confiant que des usines ne fermeront pas

Jean-Philippe Peugeot estime en revanche peu probable un désengagement total de l’actionnaire chinois Dongfeng, qui a décidé de vendre 30,7 millions de ses actions PSA au constructeur automobile. Sa participation dans le nouvel ensemble tombe ainsi sous les 5%. « Partiellement, peut-être ; totalement, je n’y crois pas du tout », explique-t-il. « Certes, les performances commerciales de PSA en Chine ne sont pas à la hauteur de nos espérances, mais pour Dongfeng, c’est un épiphénomène au regard de la très longue histoire de la Chine », a-t-il analysé.

Le PDG d’Etablissements Peugeot Frères (EPF) met aussi sa confiance en Carlos Tavares, président du directoire de PSA, pour respecter sa promesse de ne pas fermer d’usine. Il s’est dit en outre confiant sur le franchissement de l’obstacle des autorités de la concurrence américaine et européenne parce que « l’État français et l’Europe ont envie que la fusion aboutisse ».

Nike : un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux attentes

Logo de Nike, la marque à la virgule

 

Nike a annoncé jeudi un bénéfice et un chiffre d’affaires trimestriels supérieurs aux attentes. Le chiffre d’affaires de Nike a augmenté de 10%, à 10,33 milliards de dollars. C’est mieux que ce que prévoyaient les analystes, qui avaient misé sur 10,09 milliards de dollars.

Le bénéfice net de Nike a augmenté de 11% sur un an

La marque à la virgule a enregistré une hausse de ses ventes dans toutes les régions au deuxième trimestre de son exercice décalé, achevé le 30 novembre. A titre d’exemple, le chiffre d’affaires en Chine a atteint 1,85 milliard de dollars, soit une progression de 20% par rapport à la même période l’an dernier, qui s’explique notamment par l’essor du football en Chine. En revanche, les ventes en Amérique du Nord, bien qu’en hausse par rapport à l’année dernière (3,98 milliards de dollars, +5%), sont inférieures aux anticipations des analystes, qui misaient sur 4,05 milliards de dollars.

Pour ce qui concerne le bénéfice net de Nike, il a augmenté de 11% sur un an, à 4,54 milliards de dollars, marqué par une marge opérationnelle de 44,0% contre 43,8 % à la même période un an plus tôt. Le bénéfice par action ajusté, référence des investisseurs américains, est ressorti à 70 cents, contre 58 cents attendus en moyenne par les analystes financiers.

Nike Direct a boosté le chiffre d’affaires

Les bons chiffres de Nike ont été rendus possibles par « des investissements stratégiques et ciblés dans notre transformation numérique », a expliqué le directeur financier de la marque Andy Campion. En effet, au cours du dernier trimestre, les ventes de Nike Direct ont augmenté de 17%. Dans cette catégorie, les ventes numériques ont augmenté de 38%. Nike Direct consiste à écouler ses articles auprès des consommateurs via des applications sur smartphones et sur internet. Au cours de son premier trimestre, la société a étendu son application à 13 pays en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Une hausse plus importante attendue au troisième trimestre

En novembre, Nike a annoncé la fin de la vente directe de ses vêtements et baskets sur la plateforme d’Amazon, après deux ans de partenariat. Ce changement intervient dans le cadre d’un mouvement plus large de Nike visant à limiter ses partenaires de vente au détail. Le groupe préfère plutôt travailler plus étroitement avec une poignée de sociétés sélectionnées et mettre plus de ressources derrière ses activités directes aux consommateurs.

Les dirigeants de Nike prévoient que les revenus du troisième trimestre, se terminant en février, augmenteraient encore plus, et ont réitéré la même attente pour l’année entière.

Etats Unis : l’ancien président de la Fed Paul Volcker est décédé

l'ancien patron de la FED, Paul Volcker, est décédé le dimanche 8 décembre 2019

 

Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED), est mort dimanche à l’âge de 92 ans, à son domicile à New York des suites d’un cancer de la prostate. Cette légende de la finance américaine était connue pour sa rigueur et son pragmatisme à toute épreuve.

« Paul était aussi obstiné qu’il était grand de taille »

Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED), s’est éteint ce dimanche à son domicile à New York, à l’âge de 92 ans. Né dans le New Jersey en 1947, ce petit fils d’immigrés allemands avait présidé la Banque centrale américaine de 1979 à 1987. « Rosalynn et moi sommes profondément attristés d’apprendre le décès de Paul Volcker, dont la perspicacité économique a fait un géant de la fonction publique. Paul était aussi obstiné qu’il était grand de taille, et même si certaines de ses politiques en tant que président de la Fed ont été politiquement coûteuses, c’était la bonne chose à faire », a écrit ce lundi l’ancien président Jimmy Carter, qui a fait les frais du pragmatisme de Volcker.

L’inflation est passée de 14% en 1980 à 3% en 1983

Avec une silhouette à la De Gaulle et un humour pince-sans-rire, Paul Volcker se fit d’abord remarquer en 1971 lorsqu’il était au Trésor où il concocta l’abandon américain de l’étalon or. Il atterrit ensuite à la Banque centrale américaine de 1979 à 1987 où il est parvenu à juguler une inflation galopante. Cet adepte de la rigueur avait engagé une thérapie de choc en relevant jusqu’à 22% les taux d’intérêt de l’institution, pour endiguer l’emballement des prix. À titre de comparaison, ils sont à 1,75% aujourd’hui et l’inflation autour de 2%. Cette politique inflexible a payé, l’inflation passant de 14% en 1980 à 3% en 1983. Mais elle coûtera aussi, avec la crise des otages de l’ambassade américaine en Iran, sa réélection à Jimmy Carter.

Le « Volcker Shock » en héritage

Paul Volcker est revenu sur le devant de la scène avec l’élection de Barack Obama en 2008. Nommé conseiller après la crise financière, il a mis en place la règle bancaire qui porte aujourd’hui son nom (« Volcker Shock »). Elle avait pour objectif de dissuader les banques de spéculer pour leur propre compte et d’éviter ainsi une répétition de la catastrophe des « subprimes » qui a mis l’économie américaine à genoux.

Etats Unis-Chine : après le conflit commercial et technologique, vont-ils se livrer une guerre dans la finance ?

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jin Ping

 

Engagés dans un conflit commercial et technologique depuis plusieurs mois, les Etats Unis et la Chine vont-ils ouvrir un nouveau front dans la finance ?

Une rumeur qui fait trembler les investisseurs

Selon le New York Times l’administration Trump étudierait la possibilité de restreindre les investissements américains en Chine et d’interdire aux sociétés chinoises d’être cotées sur les Bourses américaines. Il s’agit notamment de Baidu – le Google de l’Empire du Milieu – et d’Alibaba – l’Amazon chinois. « Après les tarifs douaniers, la confrontation technologique avec l’épisode Huawei, et les enjeux stratégiques (mer de Chine, terres rares), l’affrontement sino-américain pourrait prendre une dimension financière sans précédent », relève Laurent Schwartz, directeur du Comptoir National de l’Or, spécialiste de l’or d’investissement et de l’expertise de bijoux, cité par le quotidien financier.

« Cette nouvelle a été démentie par le secrétariat au trésor, qui affirme ne pas envisager ces mesures ‘pour l’instant », rassure Laurent Schwartz. Mais, justement, « C’est ce ‘pour l’instant’ qui fait trembler les investisseurs en actions, avec des titres chinois cotés à Wall Street, comme Alibaba, qui ont décroché de plus de 5% vendredi dernier », nuance l’analyste.

La Chine a une carte à jouer

Comme Laurent Schwartz, la plus part des experts du New York Stock Exchange, se demandent si l’administration américaine ne perd pas la tête. « Est-il vraiment opportun de porter la confrontation sur ce terrain, sachant que la Chine détient plus de 1.000 milliards de bons du trésor américain ? », s’interroge l’expert. En effet, dans ce bras de fer qui promet d’être fatal, la Chine dispose de « l’arme nucléaire », à savoir ses colossales réserves de change en obligations d’Etat américaines. Si elle décidait aujourd’hui d’effectuer des ventes massives de titres, les taux d’intérêt à long terme pourraient remonter aux Etats-Unis… Un scenario qui n’arrangerait pas Donald Trump et son administration, abonnés à la surenchère. Justement, Washington compte sur l’effet boomerang, ayant déjà évalué qu’il encaisserait le moindre mal (une prise de risques dangereuse).

« L’arme nucléaire ne devrait être utilisée qu’en dernier recours »

Cette arme nucléaire est à double tranchant, puisqu’en vendant massivement des titres, la Chine verrait la valeur de son trésor de guerre chuter du fait de la baisse des cours de ses obligations souveraines. Dans le même temps, le dollar se déprécierait face au yuan, rendant ainsi les exportations chinoises moins compétitives. C’est pour toutes ces raisons qu’une telle carte ne devrait pas sortir dans le jeu de poker sino-américain. « L’arme des ventes massives d’emprunts d’Etat américains ne devrait être utilisé qu’en dernier recours par la Chine, car elle aurait l’inconvénient de déprécier le dollar face au yuan, ce qui rendrait les produits de l’Empire du milieu encore moins compétitifs. Et ce, alors que les taxes américaines sur les importations de produits chinois rendent déjà ces derniers moins concurrentiels… L’arme des ventes massives de bons du Trésor serait donc contre-productive pour Pékin, dans un contexte de guerre commerciale », souligne Philippe Berthelot, co-directeur de la gestion obligations chez Ostrum Asset Management.

Etats Unis : Powell promet une action appropriée de la FED pour préserver la croissance américaine

Discours de Jerome Powell, président de la FED, lors d'un discours en juillet 2019

 

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a promis vendredi d’agir pour assurer la poursuite de l’expansion économique. Toutefois, il a prévenu que la Fed n’avait pas de mode d’emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, qui se sont nettement exacerbées.

Les tensions commerciales omniprésentes

Dans un discours prononcé vendredi, dans le cadre du symposium économique de Jackson Hole, dans l’Etat américain du Wyoming, le président de la banque centrale américaine Jerome Powell a paru mesuré quant aux perspectives économiques des Etats Unis. Il a déclaré que l’économie américaine se trouvait dans une situation « favorable » pour assurer la poursuite de l’expansion économique. Mais que la Fed n’avait pas de mode d’emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, qui se sont nettement exacerbées.

Jerome Powell a énuméré une série de risques économiques et géopolitiques dont la Fed surveille l’évolution en notant que nombre d’entre eux sont liés aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et plusieurs de leurs partenaires commerciaux, à commencer par la Chine. Vendredi d’ailleurs, Pékin a annoncé son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des Etats-Unis d’ici la fin de l’année, s’attirant les foudres du président américain Donald Trump. Ce dernier a affirmé sur Twitter préparer une réponse appropriée. Il a notamment « ordonné » aux entreprises américaines « de chercher des alternatives » à leur production en Chine en attendant une évolution de la situation.

La FED n’a pas vocation à régler tous les problèmes économiques des Etats Unis

Malgré ce contexte défavorable, « l’économie américaine a continué d’enregistrer de bonnes performances globales », a indiqué Jerome Powell. « L’investissement des entreprises et l’industrie manufacturière se sont affaiblis mais une croissance solide de l’emploi et la hausse des salaires ont tiré une consommation robuste et soutenu une croissance globale modérée », a-t-il ajouté.

Selon le président de la banque centrale américaine, la Fed ne peut pas à elle seule régler tous les problèmes de l’économie américaine par le biais de la politique monétaire. Il va donc falloir à l’exécutif trouver une solution aux conflits commerciaux qui conduisent à la détérioration de la croissance mondiale.

Jerome Powell a en outre noté que la Fed a besoin de pouvoir regarder « au-delà » des turbulences de court terme pour se concentrer sur l’évolution de la situation américaine, face à l’éventualité d’un Brexit « dur », aux tensions à Hong Kong, au ralentissement économique dans des pays comme l’Allemagne et à d’autres événements hors des Etats-Unis.

« Qui est notre pire ennemi, Jay Powel ou le président Xi ? »

Comme on s’y attendait, le discours de Jerome Powell n’a pas plu à Donald Trump. « Comme d’habitude, la Fed n’a RIEN fait! C’est incroyable qu’elle puisse ‘parler’ sans savoir ni demander ce que je fais, ce qui sera annoncé très vite », a-t-il écrit dans un message publié sur Twitter. Puis de se demander : « Ma seule question, c’est : qui est notre pire ennemi, Jay Powel ou le président Xi (Jinping) ? ».

Déclaration de revenus : Une suppression progressive dès 2020

Gérald Darmanin au Parlement en 2018

 

A l’occasion du bilan semestriel du prélèvement à la source, dans les colonnes du JDD, Gérald Darmanin a annoncé une suppression progressive de la déclaration de revenus dès 2020. Une mesure qui concerne 12 millions de foyers. 

Des effets bénéfiques sur les citoyens et sur l’Etat

Six mois après sa mise en place, Gérald Darmanin a fait le bilan du prélèvement à la source dans les colonnes du Journal Du Dimanche (JDD). Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics, cette réforme est plutôt bien adoptée par les français. « Non seulement la mise en place du prélèvement à la source a été un succès technique, mais il continue d’apporter ses effets positifs pratiques aux Français, qui peuvent moduler en temps réel leur taux d’imposition » a-t-il déclaré au JDD. En effet, selon les équipes de Bercy, au moins 1,9 million de foyers fiscaux ont relevé un changement de leur situation personnelle ou matérielle depuis le début de l’année. Des changements qui ont, dans la majorité des cas, entraîné une modification de leur taux d’imposition : à la baisse pour 870.000 d’entre eux, à la hausse pour 600.000.

Le prélèvement à la source a également eu un effet bénéfique sur les recettes de l’Etat. Il a permis un meilleur taux de recouvrement de l’impôt. S’il était de l’ordre de 95% avec l’ancien système, il est aujourd’hui de « 98,5% » a indiqué Gérald Darmanin. « Nous avons récupéré des recettes fiscales supérieures à ce que l’on imaginait », s’est-il félicité le ministre de l’Action et des Comptes publics avant d’ajouter que « C’est une très bonne chose pour l’Etat et pour la justice que souhaitent nos concitoyens ».

Une fin totale de la déclaration de revenus d’ici à quatre ans

Comme un effet domino, la réforme du prélèvement à la source va entraîner la suppression progressive de la déclaration de revenus. Ainsi, ceux qui n’ont pas changé cette année leur déclaration pré-remplie des impôts n’auront plus à le faire dès 2020. Cette mesure touchera 12 millions de foyers français. Ils recevront un document d’une page résumant l’ensemble des informations qui les concernent. S’ils n’ont pas de modifications à apporter, ils n’auront aucune démarche à effectuer. Dans le cas contraire, ils devront procéder à une déclaration classique.

Pour les autres contribuables, Gérald Darmanin annonce qu’ils n’auront plus à se soucier de leur déclaration « d’ici trois à quatre ans ». Il estime que la fin totale des déclarations sera une « énorme simplification pour les Français » mais aussi pour « l’administration qui n’aura plus à traiter des millions de déclarations en un temps record ».

Bourse : L’euro stable face au dollar après avoir perdu du terrain mardi

Une caissière manipulant des billets d'euro à Nuremberg en Allemagne

 

Mercredi midi sur le marché des changes, l’euro se stabilisait de 0,06% à 1,1361 dollar, après avoir perdu du terrain la veille suite à des commentaires de responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed). La livre baissait face au dollar, à 1,2676 dollar pour une livre, et se tassait face à l’euro à 89,62 pence pour un euro.

La FED sonde les taux d’intérêts

L’euro se stabilisait mercredi midi face au dollar. Il se remettait timidement des commentaires de responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed). Vers 09H00 GMT (11H00 HEC), la monnaie européenne s’échangeait à 1,1360 dollar au lieu de 1,1367 mardi soir. Derek Halpenny, analyste pour MUFG, explique que « Le dollar s’est quelque peu repris (mardi), malgré certaines données économiques décevantes aux Etats-Unis, principalement du fait des précautions du président de la Fed Jerome Powell qui n’a pas cautionné explicitement les prévisions du marché ». L’institution américaine, qui ne veut pas exagérer sa réaction sur certains facteurs du marché, se planche tout de même sur une éventuelle baisse des taux d’intérêt face aux incertitudes liées à la guerre commerciale et au ralentissement de la croissance économique.

« Comment les relations sino-américaines vont-elles évoluer ? »

Pour l’instant tout le monde attend ce que va donner le sommet d’Osaka (Japon) qui se tiendra les vendredi et samedi prochains. Au cours de ce rendez-vous, les Présidents Trump et Xi Jinping devraient se rencontrer. De leurs discussions, dépendra largement le comportement du marché. C’est pourquoi les analyses appréhendent : « Comment les relations sino-américaines vont-elles évoluer ? Avec quelles conséquences sur l’économie mondiale ? Une économie mondiale, dont on scrute les pulsations : est-elle vraiment en train de ralentir ? Si oui, avec quelle ampleur ? Dans ce cas, que vont faire les banques centrales et d’abord la Fed, qui réunira son comité de politique monétaire le 31 juillet (en n’oubliant pas le Conseil des gouverneurs de la BCE, le 25 du même mois) ? ».

Les autres devises

Vers 09H00 GMT ce mercredi, la devise britannique baissait face au dollar, à 1,2676 dollar pour une livre, et se stabilisait face à l’euro à 89,62 pence pour un euro.

Le yen cédait face au billet vert, à 107,44 yens pour un dollar contre 107,20 yens mardi soir, et se dépréciait également face à l’euro, à 122,06 yens pour un euro contre 121,84 yens la veille.

La monnaie chinoise perdait à nouveau face au dollar : elle valait 6,8826 yuans pour un dollar contre 6,8798 mardi à 15H30 GMT.

L’once d’or valait 1.410,54 dollars contre 1.423,45 dollars la veille au soir.

Le bitcoin progressait à nouveau et valait 12.603,36 dollars, contre 11.366,24 dollars mardi soir, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Devise : L’euro remonte face au dollar, après que la FED a émis des inquiétudes sur l’inflation

Une femme manipulant des billets d'euro à Nuremberg en Allemagne

L’euro est remonté un peu face au dollar ce mardi, après que Jerome Powell a émis des inquiétudes face à la faiblesse de l’inflation. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a aussi semblé ouvrir la porte à une discussion sur une éventuelle baisse des taux d’intérêt.

Plus de 50% de chance de voir les taux baisser en juillet prochain

A 19H GMT ce mardi, l’euro progressait face au billet vert à 0,13% et se négociait à 1,1256 dollar contre 1,1241 dollar lundi à 21H00 GMT. Cette légère remontée est intervenue après que le président de la banque centrale américaine a fait part des doutes de l’institution américaine sur la faiblesse de l’inflation. Jerome Powell a semblé ouvrir la porte à une discussion sur une éventuelle baisse des taux d’intérêt. Il a également indiqué que la réserve fédérale surveillait de près l’évolution de la guerre commerciale entre Washington et Pékin Chine, afin d’être « prête à agir de manière à soutenir l’expansion ».

Selon Christopher Low de FTN Financial, si « La porte est maintenant ouverte à une discussion sur une baisse des taux lors de la prochaine réunion (du Comité de politique monétaire de la Fed, FOMC) dans deux semaines », il reste à savoir si d’autres membres tels que James Bullard monteront au créneau et militeront en faveur d’un abaissement. Le président de la Fed de St Louis, James Bullard a déjà estimé lundi qu’une baisse des taux pourrait être « bientôt nécessaire » au regard de la faiblesse persistante de l’inflation. Un positionnement partagé par divers experts économiques, comme Didier Maurin, conseiller en gestion de patrimoine et dirigeant du cabinet DCT (anciennement Didier Maurin Finance, DMF). Avec cette déclaration, M. Bullard devient le premier membre votant du FOMC à envisager une telle possibilité.

Dorénavant donc, la possibilité que les taux baissent fin juillet 2019  est passée au-dessus de 50%, selon l’outil FedWatch de la plateforme boursière CME.

Les autres devises face à l’euro et au dollar

Les autres principales devises ont généralement progressé face au dollar ce mardi. A 19H00 GMT, le yen baissait légèrement face à l’euro, à 121,72 yens pour un euro, et se stabilisait face au billet vert, à 108,14 yens pour un dollar. La monnaie britannique s’appréciait à 1,2703 livre le dollar à la clôture et à 88,61 pence pour un euro. Le franc suisse se stabilisait face à la devise européenne, à 1,1159 franc suisse pour un euro, mais montait légèrement face au billet vert, à 0,9914 franc suisse pour un dollar. La monnaie chinoise a terminé à 6,9079 yuans pour un dollar, contre 6,9037 yuans pour un dollar lundi vers 15H30 GMT. A 08H20 GMT, l’once d’or se pesait jusqu’à 1.329,63 dollars, un plus haut depuis trois mois. Quant au bitcoin, il valait 7.583,04 dollars, contre 8.556,11 dollars lundi soir.

 

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