Automobile : Bruno Le Maire annonce un plan de soutien sous 15 jours

Le volant d'une voiture Peugeot.

 

Après avoir rencontré le vendredi 15 mai les constructeurs automobiles, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a promis ce lundi 18 mai un plan de soutien au secteur sous 15 jours. Mais il s’agira d’un « soutien pour des véhicules verts », a-t-il prévenu.

« Il faut que l’on fasse de cette crise un levier pour accélérer la transition écologique »

« Je vais voir aujourd’hui [vendredi 15 mai] tous les constructeurs automobiles et tous les représentants de la filière et je vais leur dire que nous sommes prêts à soutenir la demande des Français pour la voiture », avait déclaré le ministre de l’Economie et des Finances sur l’antenne de Cnews le 15 mai. Ce lundi 18 mai, il a annoncé sur France Info qu’il présenterait « sous 15 jours » un plan de soutien au secteur automobile, qui favorisera « l’achat de véhicules propres », et un autre pour l’aéronautique avant le 1er juillet.

« Ce sera un soutien aux voitures qui émettent le moins de CO2, aux voitures vertes, aux véhicules électriques, a averti Bruno Le Maire. C’est évidemment la condition de notre soutien, parce que l’industrie automobile doit réussir sa transition vers l’automobile autonome et vers l’automobile électrique ». Selon lui, « Il faut que l’on fasse de cette crise un levier pour accélérer la transition écologique et pour encourager les Français à acheter des véhicules qui sont encore aujourd’hui trop chers pour eux ».

Bruno Le Maire souhaite la relocalisation de certaines activités en France

Bruno Le Maire avait annoncé dès la fin mars la nécessité de mesures particulières de soutien au secteur automobile qui a enregistré un effondrement de ses ventes aux mois de mars et d’avril avec la fermeture des concessions. Le marché automobile français a ainsi chuté de près de 89 % en avril. Le ministre de l’Economie avait mentionné une autre condition au soutien de l’Etat français au secteur automobile : la relocalisation de certaines activités en France. « L’industrie automobile française a trop délocalisé » et « doit pouvoir relocaliser certaines productions », avait-il souhaité.

Un plan sectoriel de soutien au secteur aéronautique prévu

Bruno Le Maire a, par ailleurs, indiqué qu’il annoncerait « avant le 1er juillet, un plan sectoriel de soutien au secteur aéronautique et les centaines de milliers d’emplois qui vont derrière dans la région de Toulouse et ailleurs ».

Coronavirus : Edouard Philippe a détaillé son plan de déconfinement

Une rue de Paris, capitale de la France.

 

Le Premier ministre Edouard Philippe a détaillé ce jeudi la manière dont la France va progressivement entamer son déconfinement à compter de lundi 11 mai 2020. Il a notamment indiqué que certains régions resteront « rouges » et que la circulation de la population restera limitée dans ces zones-là.

« La levée progressive du confinement peut être engagée. », a déclaré ce jeudi Édouard Philippe au cours d’une conférence de presse avec d’autres ministres de son gouvernement, dont celui de la Santé, Olivier Véran. « Nous allons débuter lundi prochain un processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines, qui va permettre au pays de sortir doucement, mais sûrement du confinement », a dit le Premier ministre. Il a fait savoir que tous les commerces rouvriront à partir du 11 mai (librairies, coiffeurs, etc.) sauf les lieux de convivialité (cafés et restaurants). Le télétravail devra être aussi maintenu partout au maximum, et surtout en Île-de-France. Quant aux rassemblements, ils devront se limiter à 10 personnes jusqu’au 2 juin.

Quatre régions restent en « rouge »

Le plan de déconfinement développé par le gouvernement varie toutefois en fonction des zones géographiques. « Certains départements ont des résultats moins bons qu’espérés », a souligné Édouard Philippe. Ainsi, quatre régions restent en « rouge », à savoir l’Île-de-France, le Grand Est, les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté. Mayotte s’ajoute à cette liste, en raison d’un « nombre de cas qui est faible, mais en augmentation ». Pour ces zones rouges, la circulation sera limitée et il n’y aura pas d’ouverture des collèges, de parcs et de jardins.

Par contre, la circulation pourra être élevée dans les zones vertes : «  S’ils se maintiennent en vert durant les 3 prochaines semaines, nous pourrons envisager une nouvelle étape du déconfinement », avec notamment une réouverture des cafés, bars et restaurants, précise Edouard Philippe. En zone verte, les parcs pourront rouvrir à partir du 11 mai, ainsi que les jardins et les centres commerciaux.

Une attestation de déplacement prévue pour les salariés

Dans les transports en commun, Elisabeth Borne a annoncé des règles très strictes pour « éviter qu’ils ne se transforment en vecteur de diffusion de l’épidémie », surtout en Île-de-France. « Nous invitons les habitants de l’Île-de-France à limiter leurs déplacements au strict nécessaire », a-t-elle martelé. Pour maîtriser le flux d’usagers et éviter les déplacements de loisirs, les entreprises franciliennes devront fournir une attestation de déplacement aux salariés qui ne peuvent pas télétravailler. Par ailleurs, le port du masque sera obligatoire, sous peine de recevoir une amende de 135 euros. Le gouvernement mobilisera 20 000 policiers et gendarmes pour contrôler et verbaliser dans ces transports en commun.

Un million d’élèves reprendront le chemin de l’école dès lundi

Pour sa part, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer assure que « 87 à 90 % des communes ont préparé la rentrée pour la semaine prochaine ». Il concède toutefois qu’il n’y aurait qu’un million d’élèves qui reviendront à l’école d’ici le 11 mai, avec 130 000 professeurs. Parmi les autres mesures inscrites dans le plan de déconfinement figurent la possibilité pour les plages et lacs de rouvrir sur demande des maires, s’ils peuvent « présenter des preuves d’aménagements suffisants pour le respect de la distanciation sociale », et le prolongement de la fermeture des frontières.

Enfin, le secrétaire d’État au Numérique Cédric O a parlé de l’application StopCovid. Il espère qu’elle entrera en phase de béta-test la semaine du 11 mai, pour qu’il puisse y avoir un vote au Parlement. En cas d’adoption, il y aura une mise en place en juin de cet outil numérique de contact tracing, dont les caractéristiques restent encore floues à ce jour.

Confinement : 120 milliards d’euros “détruits” pour l’économie française

Coronavirus économie France relance

Alors que la France en arrive à la moitié de son second mois de confinement, l’Observatoire français des conjonctures économiques, l’OFCE craint que cette période de gel économique ne se traduise par une perte nette de 120 milliards d’euros pour l’économie française.

Un PIB réduit de 32% pendant deux mois

Dans le scénario de la reprise la plus rapide possible de l’économie, à savoir un confinement de seulement huit semaines, devrait engendrer une perte de 120 milliards d’euros pour l’activité économique du pays. En comparaison par rapport aux résultats attendus, une telle baisse signifie une amputation de 32% du PIB sur la période de confinement. Sur l’année, cela constitue un recul de près de 5 points.

Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, les deux tiers de la baisse de revenu national seraient absorbés par les administrations publiques à travers la hausse du déficit. Cependant, tout n’est pas à charge de l’État et l’OFCE craint que le tiers restant ne soit à charge des entreprises. Selon leur étude, un tel passage à vide dans les finances d’une société “pose la question du rebond après l’épisode de confinement“. En effet, de nombreuses entreprises risquent de ne pas pouvoir résister à une telle pression financière de sortie de crise.

L’épargne forcée : l’inconnue de cette sortie de crise

Pour les économistes, la sortie de la crise dépendra en grande partie de la capacité des ménages à relancer l’économie. En effet, au cours de cette période de confinement, la consommation des ménages a diminué et beaucoup se retrouvent avec une épargne “forcée”. Cette somme s’élèverait à 55 milliards d’euros et d’après les estimations, si elle venait à être dépensée complètement par les ménages, l’impact du confinement sur le PIB pourrait être en partie rattrapé. Ainsi, l’impact annuel sur le Produit Intérieur Brut du pays ne serait plus aussi important et se limiterait à 20 milliards d’euros, ce qui correspond à 0,9 points de PIB…

Coronavirus : les agriculteurs face au manque de main d’œuvre

Des fraises prêtes pour la récolte.

 

Alors que les récoltes de fruits et légumes débutent, les agriculteurs craignent une pénurie de main d’œuvre. La fermeture des frontières barre la route aux saisonniers venus d’Europe du sud et d’Afrique du nord. La FNSEA, principal syndical agricole, demande donc des mesures d’exception pour éviter la perte des récoltes.

Le manque de main d’œuvre, une « aberration dans le moment présent » 

Le printemps pointe le bout de son nez. Avec lui, s’annoncent les premières récoltes de fruits et légumes (fraises, tomates, asperges,…). Mais l’inquiétude gagne de plus en plus les exploitants agricoles à cause de la fermeture des frontières. Une mesure qui barre la route aux saisonniers venus d’Espagne et du Maroc. « Les agriculteurs employeurs sont extrêmement préoccupés par la fermeture des frontières. Nous craignons que le besoin de main d’œuvre sur les exploitations agricoles ne soit pas satisfait et que des productions soient perdues. Ce serait une aberration dans le moment présent » souligne la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

Selon Jérôme Despey, le président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault (également secrétaire général de la FNSEA), le secteur compte « une quarantaine d’entreprises agricoles, en dehors des coopératives, qui vont avoir besoin de 300 saisonniers pour mars-avril, essentiellement pour la cueillette fraises qui démarre ».

Ce que propose la FNSEA

Estimant que les exploitants agricoles ne peuvent pas compter sur les étudiants en vacances de Pôle Emploi, la FNSEA étudie d’autres possibilités. Elle mise plutôt sur « les stagiaires de la formation professionnelle qui ne sont aujourd’hui plus en stage et la création d’une plate-forme de mise en relation pour lancer un appel à recrutement. », indique Jérôme Despey.

Pour remédier à une pénurie de saisonniers, la FNSEA réclame aussi « des assouplissements temporaires pour assurer la gestion de main d’œuvre et des adaptations en matière de durée du travail, notamment la durée maximale ».

En outre, le syndicat agricole souhaite la défiscalisation des heures supplémentaires, le recours à des salariés placés actuellement en chômage partiel pour venir en renfort des entreprises en forte activité.

La logistique, un autre gros souci  

Par ailleurs, Jérôme Despey pointe du doigt des problèmes de logistique (transport, emballage, etc.) au sein de la filière. « Par exemple, des producteurs laitiers utilisent des moules à fromages fabriqués à Villefranche-sur-Saône et n’ont pas de solution de transport pour les récupérer », détaille le président de la chambre d’agriculture. Pour résoudre cette autre difficulté, la FNSEA est entrée en contact avec la Fédération nationale des transports. Une réunion portant sur cette problématique doit avoir lieu prochainement avec les autorités.

Coronavirus : fin de voyage pour la compagnie aérienne britannique Flybe

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Ce jeudi 5 mars 2020, la compagnie aérienne régionale britannique, Flybe, a annoncé la cessation de ses activités “avec effet immédiat. L’entreprise est donc placée en redressement judiciaire dès aujourd’hui et tous ses avions “sont cloués au sol“. L’épidémie de coronavirus est en grande partie responsable de la chute de la compagnie, elle qui avait déjà échappé de peu au dépôt bilan en janvier dernier…

Flybe a fait “tout son possible” face au coronavirus

L’année 2019 avait déjà éprouvé l’économie mondiale. Avec une croissance faible et une récession évitée de peu, la situation économique de l’année passée avait laissé de nombreuses entreprises dans le rouge, qui se devaient d’espérer une reprise pour 2020 et ainsi sauver leur activité.

Outre-manche, la compagnie aérienne Flybe n’a pas eu droit à un miracle. Déjà en difficulté l’an dernier, sauvée de justesse en janvier par un report du versement d’impôt, l’entreprise était dans le rouge. Le groupe, qui employait 2000 personnes et desservait 170 destinations à travers l’Europe n’avait pas d’autres choix que de trouver de la liquidité rapidement. D’après les médias britanniques, Flybe avait ainsi effectué une demande de prêt de 100 millions de livres britanniques au gouvernement.

Refus qui avait déclenché les foudres du syndicat Unite, qui a déploré l’inaction du gouvernement pour tenter de sauver la compagnie aérienne, jugeant que l’État n’avait pas su “tirer les leçons” des précédentes faillites des entreprises Thomas Cook et Monarch.

L’économie britannique dépend fortement d’une compagnie aérienne régionale viable”, a souligné l’organisation syndicale. Le fait pour le gouvernement de ne rien faire, “tout particulièrement alors que nous sommes confrontés aux incertitudes du virus Covid-19 et aux changements apportés par le Brexit“, est “irresponsable“, a dénoncé le syndicat dans un communiqué.

Cette cessation d’activité de la part de Flybe est d’autant plus dommageable qu’elle affecte une compagnie qui pouvait être qualifiée “d’utilité publique“. En effet, elle permettait de relier de nombreuses villes anglaises entre elles. À ce sujet, le gouvernement a d’ailleurs déclaré être prêt à aider les passagers et proposer des solutions alternatives jusqu’à qu’une solution durable soit trouvée : “La vaste majorité des liaisons assurées par Flybe sont desservies par d’autres moyens de transport, et nous avons demandé aux opérateurs de bus et de train d’accepter les billets Flybe et aux autres compagnies aériennes de proposer des tarifs réduits pour permettre aux passagers de voyager le plus harmonieusement possible“.