Les Gilets Jaunes misent tout sur les raffineries

Après la mobilisation de ce week-end qui a rassemblé au moins 240.000 personnes samedi sur 2.000 points de rassemblements, les Gilets Jaunes se sont heurtés à la fin de non-recevoir d’Edouard Philippe qui assuré maintenir le cap de la politique fiscale du gouvernement. En réaction, bloquer les raffineries devrait être leur nouvel objectif afin de paralyser l’économie du pays pour forcer la majorité à céder.

La nouvelle méthode pourrait bien faire reculer le gouvernement. En 2016, la CGT avait organisé la panne sèche du pays et les forces de l’ordre avaient dû reprendre une par une les raffineries. Ce matin, cinq dépôts étaient totalement bloqués :  les dépôts de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, de Portes-lès-Valence, dans la Drôme, de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, de Port de la Palice-La Rochelle, et de Lespinasse, près de Toulouse.

D’après un représentant des Gilets Jaunes, il y aurait en réalité plus de dépôts bloqués, au moins une dizaine. Il assume la nouvelle stratégie : « On veut désormais bloquer les raffineries et les dépôts industriels pour avoir un impact économique ». D’autres objectifs sont bloqués comme des péages ou des ronds-points. Laëtitia Dewalle, représentante des Gilets Jaunes dans le Val-d’Oise, assument également le blocage de ces points économiques importants et mise sur la convergence des forces : « Un changement de stratégie ? Non, nous maintenons nous aussi le cap, et avec fermeté. On avait dit que des routiers nous rejoindraient, ainsi que des agriculteurs, tout ça est en train de se mettre en place ».

Sur BFMTV, l’éditorialiste économique Nicolas Doze confirme l’intérêt de la stratégie : « Il est certain que c’est en bloquant ce type de sites que vous paralysez le pays, que vous provoquez des pénuries et des files d’attente devant les stations, c’est très très efficace ».

L’Arabie Saoudite fait remonter les cours du brut

Craignant de se confronter à une crise de surabondance, le royaume a décidé de baisser sa production de pétrole. Il s’agit de contrebalancer la baisse de consommation de pétrole en Chine. Aucune position commune aux grands producteurs n’a été trouvé, l’Arabie Saoudite a pris l’initiative de baisser de 500.000 barils par jour sa production.

Le cours du pétrole a perdu un cinquième (20%) de sa valeur en un mois après avoir fortement monté pour atteindre son cours le plus haut depuis 2014 au début du mois d’octobre. Depuis le début de l’année, la pression de Washington et ses sanctions à l’encontre de Téhéran avait poussé le royaume a augmenté sa production jusqu’à 1 million de barils par jour. Mais les revirements de la politique américaine qui ont allégé ces sanctions ont fait craindre à une surproduction mondiale, le pétrole iranien revenant sur le marché pour plusieurs importateurs.

C’est le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh qui a annoncé que son pays, le premier exportateur mondial de pétrole (qui pourrait être détrôné par les Etats-Unis dans les prochains mois), comptait réduire ses exportations de 500.000 barils par jour (bpj) en décembre. Ce choix se traduirait par une baisse d’environ 0,5% de l’offre pétrolière mondiale.

A l’issu d’une réunion de l’OPEP, le ministre a déclaré : « Je vais vous donner une information qui est que les prévisions de décembre sont inférieures de 500.000 barils à celles de novembre. Nous assistons à une modération qui est liée en partie à la fin de l’année, en partie à des opérations de maintenance, (…) donc nous livrerons moins en décembre que nous ne le faisons en novembre ».

Le gouvernement annonce le maintien de l’augmentation des taxes sur le carburant

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire a confirmé ce matin au micro de RMC que l’augmentation de la fiscalité sur les carburants prévu le 1er janvier 2019. Il a souligné que l’objectif du gouvernement est d’avancer vers la fin de la dépendance au pétrole.

L’hétéroclite mobilisation du 17 novembre ne devrait pas faire bouger le gouvernement d’Edouard Philippe alors que l’extrême-droite, le Rassemblement National et Debout la France en tête, appellent à y participer. Le ministre a affirmé que « « Non, la hausse ne sera pas suspendue. Il n’y aura pas de moratoire. On ne suspend pas la transition écologique ».

Cette hausse devrait être répétée en 2020, 2021 et 2022. Celle du 1er janvier 2019 correspondra à une hausse du prix du litre de 6 centimes pour le gazole et de 3 centimes pour l’essence.

Le ministre a suscité de nombreuses moqueries sur internet quand il a déclaré « nous sommes tous des automobilistes » expliquant que « « le plein de ma 5008 essence, qui était à 68-70 euros, frôle les 80 euros. Quand je transporte ma famille, je m’aperçois bien que ça coûte cher ». Les internautes lui ont notamment reproché d’oublier la différence de salaire entre celui d’un membre du gouvernement et le revenu médiant.

Il a tenu à défendre la mesure d’un point de vue écologique : « Si on ne veut plus dépendre de cette hausse du prix du baril qui nous expose à des coûts prohibitifs, il faut accélérer notre indépendance face aux énergies fossiles ». « Les 3,7 milliards sont là pour favoriser la transition écologique qui est indispensable. Nous finançons la prime à la conversion, le crédit d’impôt pour les cuves à fioul », a également affirmé le ministre

Ascoval au bord du gouffre

De plus en plus de voix s’élèvent pour que le gouvernement prenne ses responsabilités et sauvent l’aciérie du Nord ou 281 emplois sont en jeu. Même au sein de la majorité, certains souhaitent une étatisation temporaire de l’usine pour éviter la répétition du scénario de Florange durant le quinquennat de François Hollande. Florange était alors devenu un symbole du délaissement du tissu industriel français par le pouvoir.

Une ultime réunion concernant l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve devrait avoir lieu mercredi à Bercy. Pour le député communiste du Nord Fabien Roussel « les choses bougent dans le bon sens ». le député précise que « Nous sommes convoqués à Bercy mercredi 31 octobre à 10h pour la décision finale » avant d’ajouter « J’espère que ce sera pour une fumée blanche ».

Fabien Roussel espère qu’un repreneur sérieux va pouvoir reprendre le site mais surtout que Vallourec va jouer le jeu d’une reprise régulée. Le député est peu enclin à penser que la solution viendra de la maison mère : « Nous savons que Vallourec ne participera pas à cet effort, sauf obligations sociales. Par contre, l’Etat cherche une solution industrielle ».

La semaine dernière les employés du site en avaient bloqué un autre empêchant la production habituelle de se faire pour quelques heures afin d’interpeller les pouvoirs publics et la direction.

La dernière déclaration de la direction de Vallourec ne présageait rien de bon : « Notre conclusion est très claire et partagée par tous ceux qui ont regardé le dossier avec une approche professionnelle. Le projet actuel du repreneur Altifort n’est pas viable ».

Mali : réserves d’hydrogène naturel largement réévaluées à la hausse

Les réserves d’hydrogène naturel du bassin de Bourakébougou (ouest du Mali) sont largement plus importantes que ce que les premières estimations laissaient penser, ont indiqué une équipe internationale de scientifiques dans une étude parue dans la revue spécialisée International Journal of Hydrogen Energy.

Selon l’équipe de chercheurs, menée par le professeur Alain Prinzhofer (Institut de Physique du Globe de Paris), « il est possible de confirmer la présence d’un important champ d’hydrogène qui comprend au moins cinq réservoirs superposés qui contiennent chacun des quantités importantes d’hydrogène sur une surface estimée qui dépasse largement les huit kilomètres de diamètre », comme estimé auparavant.

« La géochimie de surface indique que la présence d’hydrogène pourrait s’étendre jusqu’à des distances de plus de 150 kilomètres », précise l’étude qui affirme en outre qu’il s’agit d’hydrogène « relativement pur » et que le bassin de Bourakébougou a « les caractéristiques géologiques et géochimiques uniques d’un système d’hydrogène actif », ce qui laisse entendre que de l’hydrogène est en cours de production en sous-sol et que son exploitation serait durable.

L’ensemble de ces éléments poussent l’équipe scientifique à souligner « l’intérêt économique potentiel d’exploitations d’hydrogène naturel dans des zones continentales onshore », un point qui a longtemps fait débat dans la communauté scientifique où certains imaginaient l’exploitation d’hydrogène seulement possible sous les océans. Et l’équipe du professeur Prinzhofer de poursuivre : « l’estimation actuelle du prix d’exploitation (de l’hydrogène naturel) est nettement moins cher que l’hydrogène produit en usine, que ce soit à partir d’énergie fossile ou d’électrolyse ».

La confirmation de la présence d’un important gisement d’hydrogène naturel au Mali est une étape importante dans l’exploitation industrielle de cette énergie propre, que nombre de spécialistes, à l’image de l’ancien ministre français de l’Ecologie, Nicolas Hulot, considèrent comme révolutionnaire dans la lutte contre le réchauffement climatique et l’abandon des énergies fossiles polluantes. Elle ouvre la porte à d’autres découvertes dans d’autres régions du monde.

Elle sanctionne surtout le travail pionnier effectué sur le bassin de Bourakébougou par un entrepreneur africain, Aliou Boubacar Diallo, qui est un des premiers à avoir cru dans le potentiel de l’hydrogène naturel, et qui a installé depuis 2011 une exploitation-pilote à Bourakébougou. Ce sont les résultats de cette exploitation, qui alimente déjà depuis plusieurs années en électricité une vaste communauté villageoise, qui ont poussé les scientifiques à s’intéresser aux réserves réelles du bassin minier.

Bruno Le Maire s’attaque au dossier corse

Aujourd’hui, lundi 22 octobre, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie a présenté à Ajaccio le rapport de l’inspection générale des finances qui fait un état des lieux et des propositions pour l’économie insulaire. Trois secteurs sont mis en avant par le ministre : le tourisme, le numérique et l’agriculture.

A Ajaccio lors d’une réunion publique, le ministre a déclaré que son « objectif pour la Corse et pour les Corses, à l’échéance de 10 ans, c’est que la Corse soit, en Europe, le modèle d’une réussite économique insulaire » avant de préciser : « Nous devons montrer en Corse, pour tous les pays européens, que l’insularité peut rimer avec succès économiques ». Le ton des interventions de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse et de Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, sont de bons augures quant à un travail collectif entre la région et le gouvernement.

L’un des points chauds, le prix des carburants sur l’île, a été évoqué d’emblé par monsieur Le Maire qui les a dénoncés se demandant s’il n’y avait pas une entente entre les différents fournisseurs pour pratiquer ces prix.

Selon François Padrona, un chef d’entreprise de l’île : « Les mesures annoncées ont l’air intéressantes. C’est la mise en œuvre de ces mesures qu’il faudra suivre. Je retiens depuis quelques années qu’il y a un crédit d’impôt à l’hôtellerie, mais je n’ai pas vu tant d’hôtels sortir de terre. Il faut que toutes ces mesures coïncident avec une volonté sur le terrain des acteurs politiques pour mettre en œuvre les besoins nécessaires au développement économique ».

Ford veut fermer ses installations en Gironde

Le géant automobile a confirmé sa décision de fermer le site de Blanquefort. Les salariés sont vent debout contre la fermeture et annoncent continuer leurs actions syndicales. Bruno Le Maire, ministre de l’économie a déclaré à ce propos : « À partir du moment où nous avons trouvé un repreneur et qu’il y a une offre crédible, la position de Ford est indéfendable ». Selon Ford, 850 salariés sont concernés, bien plus selon les syndicats.

Monsieur le ministre Bruno Le Maire a déclaré : « J’ai eu le président de Ford, vendredi dernier, au téléphone et le président m’a annoncé qu’entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l’usine, l’option privilégiée par Ford était la fermeture de l’usine. Je suis en désaccord total avec ce choix » avant d’ajouter « s’ils pensent qu’ils peuvent mettre la clé sous la porte sans que ni l’Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent ! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire ».

Convaincu que « l’option de la reprise » est la meilleure qui s’offre au constructeur, Bruno Le Maire affirme avoir passé au cours du week-end de nombreux appels auprès de l’administration américaine. En contact avec secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, et l’un des conseiller économique du président Donald Trump pour « obtenir leur soutien » et qu’ils alertent « la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort ».

Selon Philippe Poutou, délégué CGT de l’usine, le constructeur « préfère fermer l’usine que favoriser la reprise car cela lui coûte moins cher au global » car la reprise signifie « obligatoirement des engagements de Ford pour assurer la transition » car « le repreneur aurait un plan sérieux mais pas avant trois ans ».

La direction avance des propositions à Air France

Le conflit qui s’inscrit dans la durée et dans les rebondissements concernent la hausse générale des salaires. La direction qui est en phase de renouvellement ne souhaite toujours pas communiqué en dehors des temps de rencontre avec les syndicats.

 

Ben Smith le nouveau PDG et la direction d’Air France KLM ont proposé ce week-end une hausse des salaires de 4% sur les années 2018-2019 selon une information interne au syndicat de pilote SNPL qu’a obtenue l’AFP. La note interne explique que « Après une grosse journée de négociation hier, la direction propose 2% rétroactif au 1er janvier 2018 et 2% au 1er janvier 2019, avec un rendez-vous en octobre 2019 ‘pour parler de l’avenir’ ».

De son côté, le SNPL considère que l’augmentation pourrait convenir (la revendication est de 6% pour l’intersyndicale) mais doute fortement sur la phase d’augmentation de 2% de janvier 2019 : « Si dans l’esprit de la direction, les 2% de janvier 2019 couvrent l’inflation de 2019, cela signifierait qu’il n’y a pratiquement plus rien (environ 0,3% si l’inflation 2018 se maintient à 1,7%) pour le rattrapage du blocage des 6 années de 2012 à 2017 ».

La direction qui se refuse pour le moment à commenter cette information a déclaré à l’AFP : « Il s’agit de discussions avec les partenaires sociaux et non d’une négociation, plusieurs sujets ont été abordés ».

Si le syndicat de pilote pourrait être enclin à accepter la proposition de la direction, les syndicats du personnel au sol n’ont toujours pas réagit. Ce sont eux, (CGT, FO, SUD) qui sont le plus habitués à faire vivre le mouvement social au sein de l’entreprise.

Maison et jardin actuels nous tire vers le haut

Maison et jardin actuels : un tirage de qualité pour une audience de connaisseurs. Voilà comment on pourrait résumer la ligne éditoriale de ce magazine dédié à l’art de la décoration et de l’aménagement d’intérieur comme d’extérieur. Un magazine qui tire ses lecteurs vers le haut, tant par la qualité de ses contenus que par celle de son contenant.

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Les syndicats d’Air-France rencontrent Ben Smith

Le Canadien ancien numéro deux d’Air Canada a pris ses fonctions de directeur général mi-septembre. Il a plusieurs fois déclaré vouloir au plus vite achever le conflit social qui s’éternise dans l’entreprise depuis le début de 2018.

La rencontre entre les syndicats de salariés de la compagnie et Ben Smith était prévue et attendue depuis plusieurs jours. Elle a eu lieu ce lundi 1er octobre. Le contexte est tendu pour la direction depuis la démission de Franck Terner qui a occupé des fonctions de directeur général. Air-France a annoncé que Gilles Gateau, actuel directeur général adjoint, allait quitter ses fonctions dans onze jours avant de quitter définitivement l’entreprise. Le communiqué interne qui en fait état annonce également que « Patrice Tizon, directeur des relations sociales d’Air France, sera nommé le 12 octobre 2018 directeur général adjoint-ressources humaines par intérim ».

L’intersyndicale est composée d’organisations de pilotes (Alter, SNPL), d’organisations d’hôtesses et stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et d’organisations de personnels au sol (CGT, FO et SUD). Elle milite pour une hausse générale des salaires de 5.1% pour rattraper l’inflation de la période 2012-2017.

Jean-Marc Janaillac, l’ancien PDG du groupe, avait chuté sur cette question et les quinze jours de grève tenus par les syndicats. Pour répondre à la demande des salariés, il avait proposé une augmentation de 2% ce qui n’avait pas suffi. Sa proposition avait été rejeté par 55% des salariés à la suite d’une consultation interne qui avait pris l’allure d’un référendum sur sa personne.

Lundi après-midi, les syndicats ne sont sortis satisfaits de cette première rencontre assurant qu’elle ne serait pas la dernière. La CGT s’est affirmée « prête à repartir au combat ».

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