Carrefour réfléchit à une restructuration

Carrefour aurait prévu de supprimer 1.000 postes au niveau de ses sièges en France dans le cadre d’une restructuration annoncée l’année dernière. Le groupe d’Alexandre Bompard sera le deuxième de la grande distribution à se lancer dans un tel projet après Casino.

Un nouveau plan de départ volontaire

D’après des informations du quotidien la Lettre, Carrefour envisagerait de supprimer jusqu’à 1.000 postes en France, essentiellement dans ses sièges (Massy, Evry et Mondeville). A cet effet, l’enseigne aurait prévu des négociations ce mercredi avec les organisations syndicales.

Les syndicats avaient indiqué vendredi dernier sur Twitter, en marge de l’Assemblée générale du groupe, qu’une nouvelle restructuration interviendrait avant la fin d’année. La CFDT, en particulier, avait évoqué la signature d’un avenant spécifique Sièges pour un nouveau plan de départ volontaire, dont on ignore encore les modalités.

Une mutualisation pour réaliser des économies

Cette coupe dans les effectifs de Carrefour devrait permettre au distributeur de faire des économies de 4 milliards d’euros. Elle s’inscrirait dans le cadre du plan stratégique 2026 annoncé par Alexandre Bompard en novembre 2022. A l’époque, le PDG avait parlé de la nécessité de réaliser des économies de coûts, via notamment des suppressions de postes dans les sièges européens.

Le dirigeant n’avait pas donné d’indication sur l’ampleur des réductions, mais avait parlé d’un « potentiel énorme de mutualisation à exploiter » principalement au niveau des fonctions expertes et support au sein des pôles d’expertises. Cette restructuration témoigne en tout cas des difficultés de Carrefour. Et plus globalement de l’effritement de la grande distribution.

Dans le sillage des déboires du groupe Casino

Un autre groupe, Casino, connait également des problèmes depuis plusieurs mois. L’enseigne stéphanoise est engagée dans un vaste plan de désendettement qui peine à se concrétiser malgré les cessions d’actifs. Ainsi, elle risque de tomber bientôt dans l’escarcelle de nouveaux actionnaires. Casino travaille actuellement à se séparer d’un certain nombre de super et d’hypermarchés. Intermarché serait intéressé par la reprise de 180 magasins pour 1,6 milliard d’euros.

Mais cette vente ne pourra pas couvrir sa dette. Celle-ci s’élevait à 3,9 milliards d’euros à fin décembre 2020, avec des échéances de remboursement fixées à 2024. Il faudra trouver une autre source d’argent. Heureusement, deux autres investisseurs seraient prêts à fondre sur le retailer. Il s’agit de l’insatiable milliardaire Tchèque Daniel Křetínský et du groupe Teract (Jardiland, Gamm Vert, etc.).

Un modèle de distribution arrivé à ses limites

C’est dans ce contexte que le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, a été placé en garde à vue la semaine dernière pour « manipulation de cours de bourse ». Mais il a été très vite remis en liberté. Si cette affaire remonte à 2018 -2019 et n’a rien à voir avec les déboires actuels du groupe, elle ponctue les mésaventures du distributeur qui voit son modèle arriver à ses limites.

Son implantation dans les centres-villes, par exemple, est mise à mal par un retour vers les commerces de proximité depuis le début de la pandémie. Casino souffre également de l’inflation en raison de son positionnement haut de gamme. En dépit d’une tentative de baisse de prix générale, le groupe ne parvient toujours pas à s’en sortir…

Négociations commerciales : Bruno Le Maire met la pression

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.

Les négociations commerciales vont-elles reprendre plus tôt que prévues ? C’est ce que souhaite Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie veut que la baisse des coûts de certaines matières premières se répercute très vite sur les étiquettes en rayons.

En mars, le gouvernement avait indiqué qu’une réouverture des négociations commerciales interviendrait courant 2023 pour que la baisse annoncée des prix des matières premières puisse se traduire aussi en rayons. Les dernières négociations annuelles, achevées le 1er mars sous fortes tensions, avaient abouti à une hausse moyenne de 10% des prix payés par les supermarchés aux industriels. Ces derniers ont fait valoir la nécessité d’absorber les augmentations des coûts de production (énergie, matières premières, transports, emballages…).

Les cours des matières premières ont chuté

Un mois après, alors que les renégociations sont prévues en juin, Bruno Le Maire demande de les rouvrir le plus tôt possible. Un empressement qui se justifie par le contexte. En effet, l’inflation sur les produits alimentaires a dépassé les 17% en mars, ajoutant à la gronde sociale. Le ministre de l’Economie estime d’ailleurs qu’il faut rouvrir les discussions d’autant que les cours des matières premières ont baissé ces dernières semaines. Ceux du blé, par exemple, ont chuté de 18% et ceux des engrais de moitié.

Les industriels restent prudents

Suivant cette tendance baissière, Bruno Le Maire pense que les prix en rayons devraient également reculer. C’est pourquoi, il appelle les industriels à examiner avec la plus grande attention les prochaines demandes de renégociation envoyées par les enseignes de la grande distribution. Il invite aussi les retailers à reporter sans délai les baisses de prix à venir sur les étiquettes.

L’Ania, la principale organisation patronale de l’agroalimentaire, a indiqué avoir pris acte de l’appel de Bruno Le Maire. Mais elle rappelle que ce que le ministre réclame dans le courrier est déjà inscrit dans les contrats. Elle se montre donc prudente pour la suite. Cela d’autant que les industriels n’ont pas encore bénéficié des baisses de prix sur l’énergie et certaines matières premières, à cause des contrats de fourniture longue durée.

Les enseignes attendent le geste des fournisseurs

Du côté des distributeurs, on affirme que la balle est dans le camp des fournisseurs. Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), prévient que les enseignes ne pourront pas baisser leurs tarifs si les industriels ne le font pas en premier. Il pointe le fait que les retailers ont « des marges extrêmement faibles, de l’ordre de 1 % ». Pendant que les industriels profitent de marges extrêmement élevés, de « dix ou quinze fois supérieures »… Malgré les réticences de part et d’autre, on pense que les prix devraient bientôt baisser. Mais pas au même rythme que les hausses.

Foxconn s’installe en Inde pour les besoins d’Apple

L’industriel taïwanais connu notamment comme le principal assembleur des iPhone va délocaliser une partie de ses services en Inde. Avec à la clé, la conclusion d’un contrat afin d’y concevoir les AirPods.

Entre Foxconn et Apple, les choses semblent plus que jamais au beau fixe. Le groupe industriel taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques et à l’origine de l’assemblage d’environ 70% des iPhone va désormais concevoir les écouteurs sans fil de la marque à la pomme baptisés AirPods.

L’information provient de Reuters ce jeudi 16 mars, qui cite des sources proches du dossier. Aucun chiffre n’a pour l’instant été dévoilé quant à la quantité de la production ni à ses implications financières pour chacune des parties concernées.

Mais des détails émergent à propos du financement à consentir par Foxconn dans le cadre de cette commande, une première pour le groupe basé dans la ville chinoise de Shenzhen. Les considérations logistiques ont également filtré.

Cap sur l’Inde

Selon Reuters, Foxconn a en effet dû satisfaire à la demande d’Apple d’organiser la production des AirPods non pas en Chine comme c’est le cas des iPhone, mais en Inde. Conséquence, l’entreprise prévoit d’investir 200 millions d’euros dans le cadre de la construction d’une usine à cet effet sur le territoire indien. Précisément dans l’État de Telangana.

Cette unité de fabrication prévue pour voir le jour avant le terme de l’année prochaine, s’inscrit dans la stratégie de Foxconn et d’Apple de délocalisation progressive de leurs intérêts de la Chine. En cause, les problèmes inhérents au fait de dépendre d’un pays autant au cœur des tensions géopolitiques que l’Empire du Milieu pour ses activités commerciales.

À cela s’ajoute la nature du régime de Pékin réputé pour ses décisions très peu communes. À l’image de la politique zéro Covid préjudiciable pour de nombreuses entreprises basées sur place.

Des inconnus

Ce sont autant de considérations qui poussent Apple et Foxconn à explorer d’autres horizons pour leurs investissements commerciaux. L’Inde semble donc bénéficier de leurs faveurs, à l’aune de cette production d’AirPods envisagée.

La commande remportée par la firme taïwanaise soulève toutefois quelques interrogations. Celle de la relation d’affaires entre Apple et les fabricants historiques de ses écouteurs sans fil, dont le groupe chinois Luxshare entre autres.

Quoi qu’il en soit, la perspective de voir Foxconn concevoir prochainement les AirPods a réjoui les marchés, qui ont connu des hausses relatives à l’annonce de la nouvelle.

Négociations commerciales : quelle hausse de prix ?

Les négociations commerciales entre les industriels et les distributeurs ont pris fin dans la nuit de mercredi à jeudi. Sans qu’on sache de combien va s’élever la hausse des prix en rayons. Avec une inflation de 13,3% sur les produits alimentaires en janvier 2023, on s’attend à une augmentation à deux chiffres. 

Commencées il y a six mois, les négociations commerciales entre les industriels et les distributeurs se sont terminées officiellement dans la nuit de mercredi à jeudi, à minuit. Ces discussions annuelles permettent de fixer le prix et les conditions d’achats des grandes surfaces auprès de leurs fournisseurs. Elles ont été particulièrement houleuses cette année en raison de l’inflation. En février, celle-ci s’est élevée à 6,2% sur un an. La flambée pour les seuls produits alimentaires a atteint 14,5%.

Vers des augmentations à deux chiffres

A la veille de la clôture des négociations commerciales, seuls 70% des industriels de l’agroalimentaire avaient signé leurs contrats avec les clients distributeurs. Ce qui témoigne de l’âpreté des discussions. En raison de l’inflation sur les matières premières et les énergies, les industriels auraient demandé des hausses de prix à deux chiffres, avec une augmentation plancher de 10%. Le chiffre exact sera communiqué dans les prochains jours, après la réunion des contrats et les calculs.

Des demandes de hausses jugées « délirantes »

En mars de l’année dernière, les pourparlers avaient abouti sur une hausse d’environ 3%. Mais l’inflation a surgi peu après, obligeant les protagonistes à revenir à la table des discussions afin de prendre en compte la hausse des coûts des matières premières agricoles et de l’électricité. Malgré ce contexte, les enseignes de la grande distribution ont trouvé les demandes de hausses « délirantes ». Pour elles, des augmentations de 20%, évoquées par certains fournisseurs, relèvent d’un scandale. Les retailers préviennent qu’ils ne pourront pas absorber seuls ces potentielles hausses et devraient les répercuter sur les consommateurs.

Crainte d’un mois de mars rouge pour les prix

Le PDG de Système U, Dominique Schelcher, pense qu’on ira pas juque-là. Il table plutôt sur une hausse de 10% des prix dans les rayons dans les prochains mois. Mais certains distributeurs, plus pessimistes, parlent d’un mois de « mars rouge » pour les tarifs en magasins. Parmi eux figure Michel Edouard Leclerc. Le résident du groupe E.Leclerc avait prédit un tsunami d’inflation à partir de juin prochain. Il craint aussi que certains produits disparaissent des rayons à cause de désaccord avec les industriels.

Mise en place d’un panier anti-inflation

Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, a critiqué les supermarchés qui refuseraient de payer « la juste part » afin de permettre aux producteurs de vivre de leur travail. Pour Damien Lacombe, président de la coopérative Sodiaal, une augmentation des prix en dessous de 12% serait extrêmement difficile pour la filière laitière. Il appelle donc l’Etat à prendre ses responsabilités. Pour l’heure, le gouvernement a seulement annoncé la mise en place d’un panier anti-inflation, avec une vingtaine de produits à prix réduits. Objectif : protéger le pouvoir d’achat des Français.

La Fnac au coeur du Prix Goncourt des Lycéens

Une jeune femme écrivant dans un cahier.

 

Le Prix Goncourt des Lycéens a été remis cette année à Sabyl Ghoussoub pour son roman « Beyrouth-sur-Seine », paru aux éditions Stock. Cette récompense littéraire française est une initiative de la Fnac et du ministère de l’Education nationale.

Le Prix Goncourt des Lycéens 2022 a été attribué, le jeudi 24 novembre à Rennes, à Sabyl Ghoussoub pour son roman « Beyrouth-sur-Seine », paru aux éditions Stock. Cette œuvre était en concurrence avec 14 autres livres, tous issus de la sélection de l’Académie Goncourt. Les ouvrages ont été soumis à l’analyse de plus de 2000 élèves de 55 classes de lycée (seconde, première, terminale et BTS). Mais seuls 12 lycéens délégués nationaux ont eu le privilège d’effectuer les délibérations finales, à huis clos.

Un livre du questionnement

Beyrouth-sur-Seine est un roman du questionnement. Questionnement sur les origines du narrateur, qui vit avec ses parents à Paris après avoir fui la guerre civile dans leur pays, le Liban, dans les années 70. Questionnement sur les raisons de ce conflit politique, qui continue de gangréner cet Etat du Proche-Orient. En outre, le livre offre une réflexion sur la famille, l’identité et l’immigration.

Le Prix Goncourt des Lycéens a été remis par le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Pap Ndiaye, et le Directeur général du groupe Fnac Darty, Enrique Martinez. Les deux dirigeants ont félicité chaleureusement le lauréat Sabyl Ghoussoub, ainsi que tous les autres concurrents. Ils ont également remercié les lycéens qui ont participé avec enthousiasme à la lecture des ouvrages ainsi qu’aux débats d’experts.

Une initiative de la Fnac

Pour rappel, le Prix Goncourt des Lycéens a été créé à Rennes en 1988, à l’initiative de la Fnac et du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Véritable vecteur culturel en France, ce concours littéraire engage chaque année plus de 2000 lycéens et leurs équipes pédagogiques dans une aventure exceptionnelle.

Ces critiques littéraires lisent, étudient et défendent avec ferveur leurs œuvres préférées. Et cela en classe avec leurs professeurs et avec les auteurs de la sélection Goncourt dans le cadre de rencontres régionales organisées par la Fnac et le ministère en charge de l’Education nationale.

Acteur majeur de la distribution de livres

Le Prix Goncourt des Lycéens n’est pas le seul évènement littéraire soutenu par la Fnac, enseigne du groupe Fnac Darty, leader de la distribution en France de biens culturels, de produits électroniques et d’électroménagers. Tout au long de l’année, l’enseigne soutient la création et l’activité littéraire via différentes manifestations et rencontres dans ses magasins.

Premier libraire de France, Fnac propose une riche bibliothèque avec tous les genres, notamment le roman, la poésie, le théâtre et la science-fiction. Mais également des BD, mangas, comics et livres de jeunesse. Enseigne engagée, Fnac propose des livres de seconde vie en plus du neuf. Essentiellement via sa Marketplace Fnac et Label Emmaüs, premier site de e-commerce multi-vendeurs français créé par le mouvement solidaire Emmaüs. Elle en fait également don à des associations.

De Beers : Antoine Borde, nouveau PDG de Lightbox

Antoine Borde, PDG de Lightbox

 

De Beers, le leader mondial des diamants, vient de nommer Antoine Borde au poste de PDG de sa marque de bijoux fantaisie Lightbox. Le dirigeant remplace Steve Coe, qui a quitté l’entreprise en juillet dernier. Il doit contribuer à développer le plein potentiel de la filiale et à stimuler sa croissance à long terme.

Le groupe De Beers a nommé, début novembre, Antoine Borde comme le nouveau PDG de sa marque de bijoux fantaisie Lightbox. Le dirigeant français remplace à ce poste le britannique Steve Coe, qui a quitté l’entreprise en juillet dernier.

Un passage chez L’Oréal et Coty

Spécialiste des biens de consommation et de la beauté, M. Borde était jusqu’alors vice-président mondial du commerce électronique au sein du groupe Danone, le géant tricolore des produits alimentaires. Auparavant, il a occupé le poste de vice-président senior pour l’e-commerce et la transformation numérique de la division luxe de Coty, une multinationale américaine de produits de beauté et de soin fondée en 1904 à Paris par François Coty.

Avant cela, il a travaillé chez le géant cosmétique français L’Oréal pendant 12 ans notamment en tant que directeur du commerce électronique et du marketing. Antoine Borde a débuté sa carrière chez Procter & Gamble France. Il a ensuite crée Arithmedia en 2000, puis Business Top Models deux ans plus tard avant d’intégrer L’Oréal. Titulaire d’un MBA de la Kellogg School of Management de la Northwestern University dans l’Illinois, il s’est spécialisé dans le développement des produits et le marketing. Mais avec un fort accent sur le commerce numérique et la satisfaction clientèle.

Un homme d’expérience dans la gestion d’environnements de marques

Le nouveau PDG de De Beers prendra ses fonctions à Londres et rendra compte de sa gouvernance à Marc Jacheet, directeur général des marques De Beers. Ce dernier se dit extrêmement « heureux d’accueillir Antoine en tant que nouveau PDG de Lightbox ». Il estime que « son palmarès de réalisations et son expérience dans la gestion d’environnements de marques mondiales font de lui la personne idéale pour faire progresser la stratégie Lightbox et renforcer sa position de marque prééminente de diamants synthétiques ».

De Beers, leader de l’innovation et de la transparence 

Marc Jacheet considère aussi le responsable français comme « un innovateur et un expert de la transformation du commerce numérique ». Il espère particulièrement que M. Borde « pourra continuer à développer le plein potentiel de la marque et à stimuler sa croissance à long terme ». Pour sa part, le nouveau président de Lightbox exprime sa joie « de rejoindre une équipe dynamique et de faire partie de la catégorie en évolution rapide des diamants de laboratoire ».

Antoine Borde mesure le « privilège de travailler avec un leader de l’industrie qui a façonné l’espace grâce à l’innovation et à la transparence ». Il pense notamment aux initiatives comme TRACR, une technologie de blockchain mise en place par De Beers pour le traçage de diamants de la mine au consommateur final. Rappelons que Lightbox Jewelry a été créé en 2018 pour commercialiser une nouvelle marque de bijoux en diamants de laboratoire. La marque produit plus de 200 000 pierres en laboratoire par an.

Hausse des ventes des « versets sataniques », après l’attaque contre Salman Rushdie

Première de couverture des Versets sataniques édités par Folio.

 

L’attaque contre Salman Rushdie, poignardé sur scène vendredi aux Etats-Unis, a renouvelé l’intérêt du public pour son roman « Les versets sataniques » publié en 1988. Samedi après-midi, trois éditions de l’ouvrage se trouvaient en tête du baromètre des ventes de livres d’Amazon.

Un top 4 composé d’œuvres de Rushdie

Depuis l’attaque contre Salman Rushdie, le vendredi 12 août, ses « versets sataniques » suscitent un regain d’intérêt des lecteurs dans le monde entier. Dans l’après-midi du samedi 13 août 2022, les trois éditions du roman se trouvaient en tête du baromètre des ventes de livres d’Amazon. Ce classement recense les livres dont les ventes ont le plus progressé dans les dernières 24 heures. La quatrième place est même occupée par le best-seller de l’écrivain américano-britannique, « Les enfants de minuit » paru en 1981.

En France, le livre est apparu en haut des ventes sur la page française d’Amazon, alors qu’il se trouvait aux quarantièmes places vendredi soir avant l’incident. Selon BFM TV, l’engouement des lecteurs se mesure aussi dans les magasins spécialisés comme Fnac, distributeur de biens culturels. Mais également chez Gibert et dans les librairies parisiennes où le roman était en rupture en stock ce weekend.

L’agresseur, un jeune libanais de 24ans

Aux Etats Unis, les lecteurs cherchaient absolument à avoir un livre de Salman Rushdie (75 ans) au lendemain de son agression. Soit pour connaitre l’écrivain (pour les plus jeunes) ou savoir de quoi il retournait dans son roman, objet d’une fatwa de l’Iran en 1989. Cet avis juridique contraint l’écrivain à se cacher presque dans ses pays d’accueil pour se faire oublier de tous. Mais, les islamistes ont la rancune tenace, même après 33 ans. C’est ainsi que le vendredi 12 août, alors qu’il s’apprêtait à participer à une conférence dans l’État de New York, le romancier a été poignardé au cou par un jeune homme d’origine libanaise, Hadi Matar (24 ans).

Les conservateurs iraniens félicitent l’assaillant

Salman Rushdie (75 ans) a été évacué en urgence dans un hôpital d’Érié (Pennsylvanie), où il était soigné sous assistance respiratoire. Ce lundi, il serait sur la voie du rétablissement. Son attaque a provoqué une onde de choc à travers le monde et a suscité des condamnations multiples. Mais dans certains pays comme l’Iran, le discours est différent. Le principal quotidien ultraconservateur Kayhan, a même félicité l’agresseur. Le pouvoir iranien, lui, dément tout lien avec la tentative d’assassinat. En Inde, terre natale de Salman Rushdie, la classe politique reste silencieuse. Elle accepte encore mal le contenu de son roman et sa critique du nationalisme hindou.

Un roman vu comme une injure au Coran

Publiés en 1988, « Les versets sataniques » racontent les aventures de deux Indiens dont l’avion est la cible d’un attentat terroriste. Ils se retrouvent plus tard sur une plage anglaise. Dans ce récit, l’auteur donne à des prostituées les noms des femmes du prophète Mahomet. Mais c’est le cœur du second chapitre qui va embraser le monde musulman. Le romancier y met en scène Mahound (allusion au prophète Mahomet) qui, sous l’influence de Satan, admet qu’on peut prier d’autres dieux qu’Allah. Si ce personnage reconnait son erreur peu après, les lecteurs musulmans y voient une remise en cause du monothéisme de l’Islam. Considérant cette œuvre comme une injure au Coran, l’ayatollah Rouhollah Khomeini avait lancé une fatwa contre Salman Rushdie en 1989.

Total embarrassé par ses activités en Russie

Le groupe pétrogazier français rechigne à abandonner ses intérêts russes alors que le pays est devenu un paria de la communauté internationale depuis son invasion de l’Ukraine.

En business, tout est question de finances, mais aussi d’image. L’un a toutefois tendance à peser plus lourd que l’autre dans la balance. Pour TotalEnergies (ex Total), le plus important semble avoir rapport à l’espèce sonnante et trébuchante. Du moins concernant la Russie. Et pour cause, l’entreprise française refuse, pour l’heure, de rompre les amarres avec le pays de Vladimir Poutine à un moment où ce dernier s’isole un peu plus chaque jour de la communauté internationale en raison de son invasion de l’Ukraine.

Les sanctions s’abattent en effet sur Moscou et ses intérêts à travers le monde depuis jeudi 24 février marquant le début des hostilités avec Kiev. Plusieurs entreprises russes ou dans lesquelles des proches du Kremlin ou supposés tels ont des actifs sont ainsi mises au ban de la communauté internationale, décidée à faire reculer Poutine par des leviers économiques.

BP, Shell, etc.

La Russie est donc devenue infréquentable. Et toutes les entreprises/ personnalités occidentales y ayant un quelconque intérêt se voient contraintes d’y renoncer. À l’image de la pétrolière BP qui a annoncé, dimanche 27 février, se désengager de son homologue russe Rosneft dont elle détient 19,75 % des parts. Soit un actif de plus de 13 milliards de dollars à liquider.

La firme norvégienne Equinor a également lâché Rosneft le lendemain dans un divorce qui devrait à un peu plus du milliard de dollars. L’anglo-néerlandais Shell lui a emboîté le pas en mettant fin à son partenariat avec Gazprom, l’autre géant russe du gaz par ailleurs lâché par l’UEFA, entre autres.

Total traîne des pieds

Les regards sont donc logiquement désormais tournés vers Total pour lequel la Russie constitue la première source de production à raison de 17% en 2020 selon Le Monde. Sans compter que le géant français du pétrole et du gaz est actionnaire à 19,4% de Novatek, société active dans le domaine du gaz naturel et fondée par Leonid Mikhelson réputé proche de Vladimir Poutine.

Mais il n’est pas question pour la major pétrolière tricolore d’abandonner ces actifs et les autres projets russes dans lesquels elle a des intérêts. Du moins pour l’instant, ainsi que l’ont fait savoir des responsables contactés par Le Monde. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui a laissé entendre lundi qu’il était désormais intenable pour des entreprises françaises de demeurer en Russie, doit prochainement s’entretenir avec le patron de Total, Patrick Pouyanné sur la question.

Amazon menacé de poursuite pénale par le Congrès

Le numéro 1 mondial du e-commerce récemment accusé de copier des articles vendus sur son site puis de favoriser leur mise en avant pourrait bien subir la foudre des élus américains.

Amazon userait-il de manœuvres peu recommandables afin de demeurer le gigantesque magasin électronique connu à ce jour ? À l’évidence oui. L’entreprise le nie, mais ce n’est pas la première fois que de telles accusations sont formulées à son encontre. La dernière en date émane de Reuters. Après analyse de milliers de documents obtenus de source interne, le pôle investigation de l’agence de presse britannique accuse la firme de Seattle dans un article fleuve publié sur son site internet le 13 octobre, de pratiques déloyales vis-à-vis des vendeurs utilisant sa plateforme.

Reuters cite explicitement le marché indien sur lequel Amazon propose des articles appartenant à l’origine à des détaillants mais qui reproduits à l’identique par ses soins. Mieux, ces contrefaçons sont propulsées sciemment par les algorithmes du e-commerçant, de telle sorte que le consommateur tombe là-dessus à la moindre recherche, toujours selon l’agence de presse. Cette dernière indique par ailleurs qu’au moins deux hauts cadres du groupe ont connaissance de ces faits qui remontent à 2016.

Mensonge

Comme en 2020 suite aux mêmes accusations de la part du Wall Street Journal (WSJ), Amazon a balayé du revers de la main les informations de Reuters, regrettant des allégations non-fondées. Son fondateur et patron à l’époque, Jeff Bezos, avait ainsi assuré sous serment devant le Congrès qu’une telle pratique allait à l’encontre de la politique de l’entreprise.

C’est justement pour cela que les présentes révélations suscitent le tollé outre-Atlantique. Car si elles étaient fondées, cela supposerait que le responsable de la vente électronique a menti aux législateurs américains l’année dernière, comme le soupçonne une lettre du comité judiciaire de la Chambre des représentants transmise à Amazon dimanche 17 octobre et dont Reuters a eu connaissance.

Ultimatum

Le courrier signé de cinq élus américains enjoints l’entreprise à fournir au plus tard le 1er novembre toutes les informations destinées à corroborer sa position antérieure sur le sort réservé aux données des vendeurs présents sur sa plateforme, au risque de subir une enquête pénale de la part du ministère de la Justice.

Au même moment, des commerçants indiens fulminent de colère depuis la mise au jour des informations de Reuters. Ils appellent le gouvernement à des mesures contre la plateforme américaine taxée de prédation.

Le Royaume-Uni à court de main-d’œuvre

Le gouvernement britannique oppose l’octroi des visas de travail temporaires à la crise économique que traverse le pays. Une conséquence des facteurs combinant du Brexit et de la pandémie du Covid-19.

Même si la comparaison paraît tirée par les cheveux selon nombre d’analystes, certains citoyens britanniques ne résistent pas à l’envie de convoquer les souvenirs de la grave crise de 1970 face à celle que vit le pays depuis plusieurs quelques semaines. Tant les similitudes sont nombreuses, entre les longues files d’attente dans les stations-service, la hausse des prix du carburant, les étagères vides dans les rayons de supermarchés, la crainte de l’inflation.

Cette situation préjudiciable à plusieurs pans de l’économie nationale est en tout cas suffisamment sérieuse pour mériter l’infléchissement de la politique migratoire du chef du gouvernement. Boris Johnson a en effet annoncé samedi 25 septembre, la délivrance de plus de dix mille visas de travail temporaire afin d’attirer de la main-d’œuvre. Valable durant les trois prochains mois, le précieux sésame sera principalement destiné à des secteurs stratégiques de l’économie, dont les chauffeurs étrangers, devenus un véritable luxe pour l’industrie de l’acheminement des marchandises.

Le Brexit puis le Covid

La dernière étape du processus de Brexit en janvier a mis sens dessus dessous un marché du travail britannique déjà bien chancelant en raison de la crise du Coronavirus. Le nombre de citoyens de l’Union européenne parti du Royaume-Uni à l’occasion de cette pandémie sans jamais revenir à cause des nouvelles exigences de visa de travail est notamment estimé à 200 000. Cela signifie que les entreprises ne peuvent plus facilement pourvoir les postes vacants avec des embauches à l’étranger. Et cette incapacité laisse des trous béants dans plusieurs secteurs de l’économie. Celui du transport et de la logistique principalement dont les besoins sont estimés à 15 000 au moins pour un approvisionnement commercial conséquent d’ici la période de noël.

D’où le relatif scepticisme de certains face aux mesures annoncées par un Premier ministre plus que jamais sous pression face à la dure réalité des lendemains de la sortie de l’UE. Ruby McGregor-Smith, patronne de la Chambre de commerce britannique indique notamment que le nombre de visas promis est insuffisant. Quand des analystes estiment que les entreprises britanniques vont devoir, en plus de recruter à tour de bras, se montrer très compétitives au plan salarial pour attirer une main-d’œuvre très prisée dans une Europe post-pandémie. Plusieurs entrepôts du pays indiquent d’ores et déjà à Reuters avoir fait monter leur salaire de 30 % pour grossir les effectifs.

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