Travailler plus pour financer l’effort de guerre : un projet contesté

L’annonce d’un possible appel à « travailler plus » pour financer l’effort de guerre suscite une levée de boucliers. Alors que le gouvernement cherche des solutions pour renforcer les capacités de défense nationale, de nombreux économistes et syndicats estiment que ce n’est pas aux travailleurs de supporter seuls ce fardeau.
Un modèle économique remis en cause

Depuis des décennies, le modèle social français repose sur un prélèvement élevé sur le travail pour financer les dépenses publiques. Cet équilibre, déjà contesté, pourrait être fragilisé par une nouvelle ponction destinée à financer la défense. Certains pointent le risque d’accentuer la pression sur une catégorie restreinte de travailleurs, déjà fortement sollicités.

Une augmentation du temps de travail sans contrepartie directe en salaires pourrait entraîner un effet pervers : une perte de motivation et un exode des talents vers d’autres pays plus attractifs fiscalement et socialement. Un danger non négligeable pour une économie déjà confrontée à un marché du travail sous tension.

Certains experts estiment que la contribution à l’effort de guerre ne devrait pas reposer exclusivement sur les actifs. D’autres pistes, comme une fiscalité ciblée sur les hauts patrimoines ou une rationalisation des dépenses publiques, pourraient permettre de limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs.

L’exemple européen : un modèle à suivre ?

Une comparaison avec d’autres pays européens montre que la France affiche un taux d’emploi inférieur à de nombreuses nations voisines. Seule la Belgique présente une situation similaire. Or, ces pays, tout en maintenant un temps de travail modéré, réussissent à assurer une base de cotisants plus large, allégeant ainsi la pression fiscale sur chaque individu.

Plutôt que d’allonger la durée du travail des actifs, certains économistes préconisent une stratégie différente : favoriser l’insertion professionnelle des chômeurs, encourager les seniors à rester en activité plus longtemps et faciliter l’accès à l’emploi pour les jeunes. Cette approche permettrait d’augmenter les recettes publiques sans fragiliser les équilibres sociaux.

Plusieurs études soulignent que l’excès de taxation du travail en France pèse sur la compétitivité des entreprises, notamment vis-à-vis de pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, où la charge fiscale est plus répartie. Un ajustement structurel pourrait être nécessaire pour éviter de compromettre la croissance économique.

Une bataille budgétaire avant tout

L’appel à un effort supplémentaire intervient dans un contexte où les comptes publics sont déjà mis à rude épreuve. Avec une dette qui frôle les 110 % du PIB et un déficit élevé, la marge de manœuvre budgétaire est limitée. Le financement de la défense pourrait nécessiter une réforme structurelle plutôt qu’une ponction ponctuelle.

Certains experts s’interrogent sur l’opportunité d’un tel effort alors que d’autres besoins prioritaires, comme l’éducation, la santé ou la transition écologique, requièrent également des financements. Une réorientation des dépenses pourrait être préférable à une augmentation de la charge pesant sur les travailleurs.

Si le besoin de renforcer l’appareil militaire est largement reconnu, la manière de le financer fait débat. Pour certains, une politique industrielle ambitieuse et une relocalisation de certaines productions stratégiques pourraient être une solution plus efficace qu’un simple appel au sacrifice des travailleurs.



Fiabilité des appareils électroménagers : la durabilité en question

Les appareils électroménagers tombent plus souvent en panne, selon une étude de 60 millions de consommateurs. En dépit des progrès sur leur longévité, la fiabilité des équipements baisse, soulignant la nécessité de privilégier la réparation plutôt que le remplacement.
Un taux de fiabilité en baisse

L’enquête menée par 60 millions de consommateurs repose sur les retours de 5 000 consommateurs et couvre sept catégories d’appareils. Les résultats de cette étude montrent un recul notable de la fiabilité des appareils électroménagers. En 2025, le taux de fiabilité global des appareils est de 81,6%, contre 84,8% en 2023, ce qui représente une baisse de 3,2%. Cette diminution est particulièrement marquée pour les gros appareils, comme les lave-linge et les réfrigérateurs. Ce taux de fiabilité est calculé en fonction du pourcentage d’appareils n’ayant jamais rencontré de panne après 10 à 12 ans d’utilisation, ce qui en fait une référence importante pour les consommateurs soucieux de la longévité de leurs équipements.

Le rapport révèle de grandes disparités selon les types d’appareils. Les lave-linge se distinguent particulièrement par leur faible fiabilité, avec seulement 74% d’appareils fonctionnant correctement après plusieurs années d’usage. Cette catégorie connaît un taux de panne plus élevé que les autres, en raison des contraintes mécaniques auxquelles ces appareils sont soumis, notamment les variations de température, l’humidité et la pression de l’eau. En revanche, les réfrigérateurs et les fours encastrables obtiennent de meilleurs résultats, avec un taux de fiabilité moyen de 86%. Ces appareils souffrent moins de l’usure et ont des cycles d’utilisation moins agressifs, ce qui explique leur meilleure performance sur le long terme.

Un facteur clé dans la baisse de fiabilité est le vieillissement des appareils, un phénomène qui est lié à un renouvellement plus tardif des équipements. En effet, de nombreux consommateurs conservent leurs appareils plus longtemps avant de les remplacer. Si les appareils vieillissent, ils accumulent les pannes en raison de l’usure normale. Par ailleurs, dans cette étude, la durée de vie des appareils a été étendue à 12 ans pour le gros électroménager, ce qui augmente mécaniquement le nombre de pannes enregistrées. Cette situation montre que, bien que les équipements soient conçus pour durer plus longtemps, la réalité de leur fiabilité est moins rose.

Le marché face à l’obsolescence et à la réparation

L’obsolescence programmée, qui désigne la réduction délibérée de la durée de vie des produits par les fabricants, est un sujet de débat depuis des années. Bien qu’elle soit illégale en France depuis 2015, certains experts pointent des indices qui suggèrent que cette pratique pourrait persister de manière indirecte. En effet, l’étude de 2025 ne permet pas de prouver que cette obsolescence est systématique, mais elle met en évidence une augmentation des pannes liées à un vieillissement plus important des appareils. Cela suggère que les consommateurs, qui conservent leurs équipements plus longtemps, sont confrontés à une multiplication des défaillances techniques, sans pour autant bénéficier d’une meilleure qualité à long terme.

Face à cette situation, la réparation se profile comme une alternative de plus en plus utilisée par les consommateurs. En 2022, la Loi Agec (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) a introduit un « bonus réparation », visant à encourager les Français à réparer plutôt que de jeter leurs appareils électroménagers. Ce bonus, qui varie entre 15 et 60 euros selon l’appareil, permet de réduire le coût des réparations, rendant cette option plus attrayante. Toutefois, cette incitation ne suffit pas toujours à résoudre le problème : l’accès à des réparateurs certifiés et labellisés reste une contrainte importante pour de nombreux consommateurs, et il n’est pas toujours facile de trouver un professionnel qualifié à proximité.

Un autre point majeur abordé par l’étude concerne la mise à disposition des pièces détachées. Depuis 2021, les fabricants sont obligés de garantir la disponibilité des pièces détachées pendant 10 à 15 ans après la vente de l’appareil. Cette mesure vise à lutter contre l’obsolescence programmée et à permettre aux consommateurs de réparer plus facilement leurs appareils. Cependant, l’étude révèle que bien que la majorité des fabricants respectent cette norme, certains ne facilitent pas toujours l’accès aux pièces nécessaires pour les réparations, ce qui complique la durabilité réelle des produits. De plus, des marques qui assurent une meilleure disponibilité des pièces détachées bénéficient souvent d’une meilleure image de marque et de fidélité chez les consommateurs.

Les bonnes surprises : des appareils fiables, malgré tout

Malgré les nombreuses pannes relevées dans certaines catégories, certains appareils se distinguent par leur fiabilité exceptionnelle. Les réfrigérateurs et les fours encastrables occupent la tête du classement, avec des taux de fiabilité de 86% en moyenne. Ces appareils, bien que plus chers que d’autres équipements, offrent une meilleure durabilité sur le long terme. Les réfrigérateurs, en particulier, sont moins soumis à des contraintes mécaniques importantes, ce qui leur permet de mieux résister à l’usure, et ils nécessitent peu de maintenance.

Le robot culinaire Thermomix, qui avait été critiqué pour sa faible fiabilité dans les précédentes études, montre une évolution très positive. En 2023, ce produit avait récolté un taux de fiabilité de seulement 79,8%, mais en 2025, il atteint un impressionnant 91,3%, se hissant à la deuxième place de sa catégorie. Cette amélioration est attribuée à la version TM6, qui semble avoir été mieux conçue et mieux fini que ses prédécesseurs. Les consommateurs, prêts à investir dans un appareil coûteux, se retrouvent aujourd’hui avec un produit beaucoup plus fiable, ce qui est une bonne nouvelle pour la marque et pour ses utilisateurs.

Les robots culinaires, dans leur ensemble, se comportent plutôt bien, avec une fiabilité de 84%. Bien que certains modèles rencontrent davantage de problèmes que d’autres, notamment dans les catégories des aspirateurs et des cafetières, les robots culinaires restent une option fiable et durable pour les foyers. Cette fiabilité, bien qu’elle ne soit pas parfaite, représente un bon compromis entre performance et longévité, d’autant plus que certaines marques de robots culinaires dépassent les 90% de fiabilité.



La Poste : la révolution des livraisons par drone

Depuis janvier 2024, La Poste a inauguré une ligne expérimentale de livraison de colis par drone dans le massif du Vercors, marquant une nouvelle étape dans l’innovation logistique en France. Il s’agit de la troisième expérimentation du groupe après celles du Var et de l’Isère.

Une solution pour les zones isolées

Les drones, utilisés par La Poste, sont capables de transporter des colis en quelques minutes dans des endroits inaccessibles ou éloignés. Le Vercors, avec ses montagnes et ses petites communes, est un terrain idéal pour tester ce dispositif. Corrençon-en-Vercors, un village de l’Isère, a été choisi pour recevoir ces livraisons expérimentales. Pour le moment, les essais concernent des colis factices, permettant notamment de tester les étapes cruciales du chargement et du déchargement.

Cette initiative répond à une demande croissante de rapidité et d’efficacité dans la livraison de colis, en particulier dans les zones rurales. « Voir un drone arriver avec un colis est un spectacle inhabituel ici, mais c’est fascinant de voir jusqu’où la technologie peut nous emmener », déclare un habitant curieux lors des tests.

« Cela pourrait être une vraie amélioration, surtout en hiver où les routes sont parfois impraticables », ajoute un autre riverain. Les camions de livraison, souvent trop encombrants pour les petites routes de montagne, pourraient être réduits grâce à ce système.

Une technologie qui fait ses preuves

Ce projet s’inscrit dans la continuité des deux précédentes expérimentations de La Poste, notamment dans le Var en 2017, où la première ligne de livraison par drone a été mise en place pour connecter les communes isolées. Dans les Alpes, une autre ligne avait déjà vu le jour, reliant des villages d’altitude.

L’enjeu principal pour l’entreprise est de réduire les délais de livraison et d’optimiser la logistique dans des zones souvent difficiles d’accès, comme l’explique un responsable de La Poste : « Le drone est un outil complémentaire aux moyens traditionnels de livraison. Il n’est pas destiné à les remplacer, mais à pallier leurs limites dans certaines conditions. »

L’avantage des drones est leur capacité à survoler des zones accidentées ou mal desservies par la route. Dans le Vercors, cette innovation pourrait aussi répondre à des besoins d’urgence, comme la livraison de médicaments ou d’équipements dans des situations critiques, réduisant ainsi les délais de plusieurs heures à quelques minutes.

Une tendance mondiale : le cas des États-Unis

Cette révolution n’est pas uniquement française. Aux États-Unis, l’utilisation de drones pour la livraison est déjà une réalité depuis plusieurs années. Des entreprises comme Amazon et Google, via son programme Wing, ont testé des services similaires. L’envergure et la réussite de ces projets montrent que le drone n’est plus simplement une technologie d’avenir, mais bien une solution logistique en pleine expansion. Les zones rurales américaines, tout comme les villages isolés en France, bénéficient de ces dispositifs qui allient rapidité et respect de l’environnement.

En 2019, l’entreprise Wing a été la première à obtenir une certification de la Federal Aviation Administration (FAA) pour la livraison par drone aux États-Unis. Depuis, de nombreux essais ont été effectués, notamment dans les zones reculées de Virginie et de Caroline du Nord. 

Ces expériences démontrent que, malgré les obstacles réglementaires et technologiques, les drones peuvent transformer la logistique moderne, apportant des bénéfices concrets aux habitants des zones éloignées.